Le progrès de l’est du 14 mai 1885.
Un grand malheur vient de frapper les vignerons de notre contrée : Pagny-sur-Moselle, Prény, Villers, Vandières, Norroy, etc., sont ravagés par la gelée de ce matin ; il n'y a presque plus rien de reste, il paraîtrait aussi que le canton de Thiaucourt est perdu complètement.
Heureux sont ceux qui ont fait leur provision de vin, car l’on peut s’attendre à une hausse très sensible avant peu de temps. Malheureusement, cette gelée de mai va encore être exploitée par nos réactionnaires cléricaux, ce sera un argument pour eux, ils ne manqueront pas de dite à nos naïfs paysans que c'est le doigt de Dieu qui nous châtié et qu’il faut ramener l'ancien régime pour ne plus être gelé au printemps. Agréez.
On nous écrit de Frolois : Les vignes sont complètement gelées, c’est un désastre. La nuit du mardi 12 au mercredi 13 a été plus clémente. Oh nous annonce qu’il n’a pas gelé dans les environs de Nancy.
L’espérance courrier de Nancy du 17 mai 1885.
Les nouvelles qui arrivent du vignoble, sont navrantes. La gelée, toutefois, n’a pas sévi partout avec la même intensité ; aux environs de Nancy, notamment, Malzéville, Champigneulles, Bouxières, Dommartemont, Essey, Tomblaine, n’ont pas été trop maltraités.
D’après l’aveu des vignerons de notre circonscription, si de nouveaux contre-temps ne se produisent, la récolte sera encore assez bonne. Malheureusement, c’est l’hiver qui parait revenir !
En revanche, les vignes d’Arnaville, Bayonville, Vandelainville , Onville , Vilcey-sur-Mad, Waville, et toute la colline en remontant sur Thiaucourt, sont presque entièrement gelées. Thiaucourt éprouve une perte de 5 à 600,000 fr.
Détail surprenant : une partie du territoire de la commune de Vandières est complètement gelée, tandis que l’autre partie n’est que légèrement atteinte.
Cela tient, croyons-nous, à la pluie mêlée de grêle qui était tombée la veille sur la partie de ce canton endommagé.
Parmi les communes les plus éprouvées, on cite encore Liverdun, Frouard, Manonville, Pompey, Einville, Frolois, où il ne reste rien. Millery n’a, dit-on, perdu que la moitié.
La matinée du 12 mai coûtera des millions à notre département.
Dans le canton de Gerbéviller, notamment à Gerbéviller, Vallois, Moyen, Remenoville, Moriviller, et dans le canton de Bayon, à Rozélieures, etc., la gelée a tout détruit. A Hudiviller, près de Lunéville, il était tombé la veille un orage de grêle ; les grêlons non fondus sont restés dans les vignes et ont occasionné, assure-t-on au Courrier, un froid de 8 degrés. Aussi tout est-il ravagé.
Il parait que, nulle part dans ce département, personne n’a fait la moindre tentative pour prévenir les effets de la gelée qu’il était cependant facile de prévoir. Pourquoi n’a-t-on pas eu recours à la fumigation ?

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