02/08/2026

Nos Villages Lorrains : sommaires numéros anciens


Je suis en train de compiler tous les articles de la revue Nos Villages Lorrains qui concernent Vandières.

Le tableau est complet pour toutes les personnes intéressées. Tableau 


Que de travail de la part des rédacteurs pour proposer aux lecteurs de la revue près de 400 articles sur notre village depuis septembre 1981. 

J’ai différencié les articles en deux catégories :

Les articles rédigés à partir de différentes archives. 

Les extraits de journaux et de documents divers. 


À tous ces documents écrits viennent s’ajouter de nombreuses illustrations sous forme de dessins, photographies et cartes postales. 


Numériser tous ces articles a été un travail de longue haleine mais aujourd’hui c’est terminé. 

Je mets aussi à votre disposition les sommaires de tous les numéros depuis le numéro 1 pour tous les villages. 


J’ai la chance d’avoir des articles publiés depuis quelques années (articles en bleu à partir du Nº166). 


Aujourd’hui Nos Villages Lorrains a dépassé les 45 ans et le numéro 184 vient d’être distribué. 


Tout ce travail de recherche et de rédaction a été récompensé par l’académie Stanislas le 23 janvier 2022. 

C’est plus de 3000 pages d’histoire relatant sur plusieurs siècles la vie des petits villages de Vandières, Villers sous Prény, Prény, Arnaville, Bayonville, Onville, Vandelainville, Arry entourant  Pagny sur Moselle, ville où est née la revue.


Je tiens à remercier tout particulièrement Jean Marie Wantz qui m’a permis de compléter ma collection. 


Sommaires de Nos Villages Lorrains

du N°1 au N°16 : sommaire 1

du N°17 au N°24 : sommaire 2

du N°25 au N°36: sommaire 3

du N°37 au N°48 : sommaire 4

du N°49 au N°60 : sommaire 5

du N°61 au N°72 : sommaire 6

du N°73 au N°84 : sommaire 7

du N°85 au N°96 : sommaire 8

du N°97 au N°108 : sommaire 9

du N°109 au N°120 : sommaire 10

du N°133 au N°144 : sommaire 11

du N°145 au N°156 : sommaire 12

du N°157 au N°167 : sommaire 13

du N°168 au N°179 : sommaire 14



Une famille face à la guerre. Famille Fayon

 


Henri Fayon est né le 13 août 1859 à Vandières.

Il est le fils de François Fayon, propriétaire à Vandières et Madelaine Durand. Le couple s’est marié le 9 janvier 1855 à Pagny sur Moselle, ville d’origine de Madelaine. 


Henri épouse Eugénie Petitjean à Vandières le 6 février 1889. Elle habite Prény où elle est née le 15 mai 1854. 

Le couple a deux enfants, Marie Joséphine née en 1891 et Joseph Émile né en 1892. 

A la veille de la guerre, ils habitent rue de Pagny. Émile aide son père à la culture des vignes et sa sœur est repasseuse. 


Émile effectue son service militaire au 79ème régiment d’infanterie à Nancy quand la mobilisation est proclamée. 


Henri, sa femme et sa fille se retrouvent bloqués en zone occupée par les allemands. 

Le 27 septembre 1914, il est arrêté et conduit comme otage par l’occupant à Pagny sur Moselle en même temps que l’abbé Mamias et que François Durand, eux aussi habitants de Vandières. 

Il seront fusillés le 29 septembre dans un verger de Bayonville. Trois commis agricoles seront leurs compagnons d’infortune. 

Eugénie Petitjean, sa veuve, meurt le 11 avril 1917 à l’âge de 63 ans et sa fille la rejoint quelques mois plus tard, le 9 décembre 1917, elle n’a que 26 ans. 


Lors de son retour à Vandières après quatre années de présence au front, Joseph Émile Fayon a la douleur d’apprendre que toute sa famille a trouvé la mort.

Il a participé à toutes les batailles depuis août 1914 à Morhange jusqu’à l’Aisne en 1918 en passant par la Belgique et les Vosges. 

Il fait preuve de bravoure à de nombreuses reprises ce qui lui vaut d’être décoré de la croix de guerre, de la médaille militaire puis de la légion d’honneur en 1957. 

Blessé à deux reprises, il apprend la signature de l’armistice depuis l’hôpital militaire où il est en convalescence. 

Il reprend peu à peu une vie normale à Vandières où il se marie en 1920 avec Marie Marguerite Pinot qui lui donnera deux enfants. Ils vivent rue nationale jusqu’en 1971, année du décès d’Émile. 


Henri Fayon a été décoré de le légion d’honneur à titre posthume et l’ancienne rue de la cour a été rebaptisée rue Henri Fayon. 








Le froid polaire de 1879


Le moniteur de la Moselle du 10 décembre 1879. 

Après la neige qui est tombée en abondance, le froid sévit maintenant avec une intensité extrême. 

L’hiver de cette année semble devoir faire époque dans les annales météorologiques. A Metz, dans la nuit d’hier lundi, le thermomètre est descendu jusqu’à -18 degrés, et le maximum de la journée n’a pas été inférieur à - 12°. La Moselle est recouverte d’une couche de glace très-épaisse. 

De tous les points de l’Europe, on signale d’abondantes chutes de neige. Les relations télégraphiques, qui s’étaient trouvées un moment interrompues entre Paris et la plupart des villes de France ainsi qu’avec  l’Allemagne et l’Italie, sont maintenant rétablies. Mais les trains de chemins de fer continuent à éprouver des retards, aussi recevons-nous très-irrégulièrement nos journaux et nos correspondances. 

Ce matin, à 7 heures, le thermomètre marquait encore 17 degrés au-dessous de zéro. 



La vague de froid de décembre 1879 est considérée comme l’un des épisode hivernal le plus rigoureux de l'histoire de France. À Nancy, cet événement exceptionnel a marqué les esprits avec des températures polaires extrêmes. Autour de Nancy, le thermomètre est descendu jusqu'à -30 °C, le pic de froid ayant été mesuré le lundi 8 décembre 1879.

Cette vague de froid a paralysé une grande partie du pays. 

Début décembre, d'immenses tempêtes ont enseveli le nord, le centre et l'est de la France sous plus d'un mètre de neige par endroits. Toutes les rivières et fleuves de l'Est (dont la Meurthe et la Moselle) ont entièrement gelé. La glace était assez épaisse pour que les habitants traversent à pied.

Les communications ont été coupées, l'eau gelait au fond des puits et l'approvisionnement en bois ou en charbon est devenu impossible à cause du blocage des trains et des canaux.

La vague de froid la plus intense suivante est celle de février 1956 avec seulement -24,8°C, soulignant le caractère totalement hors norme de l'hiver 1879.


À Nancy, le dégel brutal de janvier 1880 a transformé la Meurthe en un torrent dévastateur, provoquant une crue de débâcle violente qui a profondément marqué la région.

Les plaques de glace épaisses qui recouvraient la rivière en décembre se sont brisées sous l'effet du redoux. En descendant le courant, ces blocs massifs ont créé des barrages naturels au niveau des ponts et des rétrécissements de la rivière. Bloquée par ces barrières de glace, la Meurthe est immédiatement sortie de son lit. La prairie de Tomblaine et toutes les zones basses en amont et en aval de Nancy ont été instantanément submergées sous des mètres d'eau glacée.



Le progrès de l’est des 4 et 5 janvier 1880. 

L’inondation a causé de grands dégâts aux Grands-Moulins et à la verrerie de la rue Sainte-Catherine à Nancy, où les glaçons ont renversé un mur, et endommagé beaucoup de marchandises. Les personnes qui ont éprouvé les pertes les plus importantes sont : M. Gaudchaux-Picard, filateur aux Grands-Moulins, 35,000 francs de dégâts. MM. Grégoire, Bourgeois , Spire , chacun 5,000 francs. La verrerie compte pour 15,000 francs de dégâts. 

Les différents habitants des deux rives ont subi des pertes dont le total se monte à environ 20,000 fr. 


À Pagny-sur-Moselle, la débâcle a commencé dans la nuit du 1er janvier. 

On voyait flotter des glaçons qui avaient quarante centimètres d’épaisseur, sur cinquante mètres de longueur et six à dix mètres de largeur. Un hangar de l’usine de M. Rehm, fabricant d’allumettes, a failli être entraîné par les glaçons. On parvint à le maintenir au moyen de cordages solidement fixés. 

Les dégâts causés à ce hangar s’élèvent à près de 800 francs. Le bac de la commune qui n’avait pu être retiré à temps, a éprouvé de fortes avaries. 

À Arnaville, les eaux du Rupt-de-Mad, ont été refoulées par les eaux de la Moselle et sont venues submerger le bas du village. Dans plusieurs maisons, il y avait 1 mètre 20 d’eau. 

Les habitants d’une maisonnette située près du Rupt-de-Mad n’osèrent pas sortir dès le commencement de la crue. L’eau s’éleva jusqu’au premier étage et les habitants qui s’étaient réfugiés dans le grenier durent se nourrir pendant deux jours avec des pelures de pomme de terre. On put enfin arriver en barque jusqu’à leur maison et leur porter des vivres. 

Le 2 janvier, à Pont-à-Mousson, l’eau a atteint une hauteur de près de deux mètres dans les rues basses de la ville. La brigade de gendarmerie a monté à cheval et a parcouru les rues inondées pour organiser les secours et porter des vivres aux familles qui ne pouvaient sortir de leurs maisons. Le colonel du 4e hussards a mis à la disposition de la gendarmerie un certain nombre de cavaliers pour faciliter la rapidité des secours. L'eau a commencé à se retirer vers 4 heures. La hauteur atteinte par l’inondation dépasse de 38 centimètres les plus fortes crues que l’on ait vues depuis 1844. On ne signale d’aucun endroit des accidents de personnes, mais les dégâts matériels sont partout très considérables. 

On nous écrit de Haroué: la fonte des neiges a de nouveau fait déborder le Madon dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Toute la plaine ne forme qu’une immense nappe d’eau au milieu de laquelle le lit de la rivière ne se dessine que par les deux lignes de saules qui là bordent. 

Les eaux charrient d’énormes glaçons qui viennent battre avec fracas les arches du pont, se heurtent avec violence contre les arbres dont la plupart, par suite du choc, sont privés de leurs cimes. 

Les communications ont été interrompues et on n’a reçu aucune dépêche le jour du nouvel an. 

Les eaux ont commencé à se retirer vers deux heures de l’après-midi. Mais elles ont laissé derrière elles des montagnes de glaçons qui gênent la circulation. Ainsi les routes d’Affracourt et de Tantonville, ainsi que la rue de la partie basse d’Haroué, en sont littéralement couvertes. Demain les cantonniers, avec des ouvriers, doivent procéder au déblaiement. 

Le lavoir public de Haroué a été enlevé par le courant. 

La débâcle de la Vezouse a occasionné l’inondation partielle de la ville de Blâmont jeudi matin, malgré les travaux qui avaient été exécutés d’après les ordres de la municipalité qui cependant avait pris toutes les mesures de prudence usitées en pareil cas. 

Grâce au dévouement et à l’activité de M. Brice, maire, qui a passé la plus grande partie de la nuit sur les lieux menacés, on a pu éviter des dégâts plus considérables. 

Il y avait 0,80 cm d’eau sur la place principale et la rue de Domèvre était transformée en un véritable cours d’eau charriant des glaçons énormes 

Une passerelle établie en aval de la ville a été rompue, malgré toutes les précautions prises pour la préserver. 

On s’accorde généralement à penser qu’un, débouché plus convenable du pont construit sur la route nationale, dans l’intérieur même de Blâmont, aurait pu diminuer sensiblement les effets de l’inondation.








25/07/2026

Arrestation mouvementée

 

Ars-surMoselle, le canal 

Le Messin du 20 août 1927. 

Une chasse à l’homme mouvementée. 

Un marinier volait des vélos et vendait les agrès de sa péniche. 


Ars-sur-Moselle — Le batelier Blancpin Louis, 27 ans, s’était fait prêter une bicyclette par M. Monard Jules, de Belleville, et s’était empressé de vendre la machine pour se procurer de l’argent alors qu’il stationnait avec son bateau à Ars, au port des fours à chaux. Plainte a été déposée contre lui à la gendarmerie d’Ars. 

Cet individu, déjà recherché pour un fait semblable commis dans le Nord en janvier 1927, se sentant sur le point d’être arrête par la gendarmerie d’Ars, s’était enfui en abandonnant son bateau, le "Rombas-lll", et sa maîtresse la fille Planterose Yvonne, en état de grossesse avancée, et mère de trois enfants. La piste ayant été retrouvée, les brigades de Pagny et de Pont-à-Mousson étaient parvenues à le cerner près du Canal, à Vandières. Mais après une poursuite de plusieurs heures, Blancpin est parvenu à s’échapper après avoir franchi le canal à la nage à trois reprises différentes. La maison Portier, de Nancy, concessionnaire du transport des bateaux de l’usine de Rombas, ayant appris le départ de Blancpin, envoya son chef marinier pour, prendre possession du bateau. Ce dernier constata la disparition de tous les agrès dudit bateau   probablement vendus par Blancpin en cours de route, d’où résulte un nouveau détournement de ce dernier d’environ 2500 fr. Le signalement du fugitif, qui probablement cherche à gagner la Belgique, est le suivant: 1 m. 68, visage coloré, cheveux châtains foncés, taille mince. 


Le Messin du 23 août 1927. 

Ars-sur-Moselle. Arrestation mouvementée. 

Nous avions signalé la poursuite organisée par les brigades d’Ars, Pagny et Pont-à-Mousson contre le nommé Blancpin Louis, 27 ans, marinier, qui avait abandonne son bateau, le  "Rombas-lll", à Ars-sur-Moselle, à la suite de nombreux abus de confiance. Cet individu, très agile, était parvenu à échapper aux gendarmes aux environs de Vandières en franchissant le canal à la nage à trois reprises. Il n’a pas été loin quand même, car il a été capturé par la gendarmerie de Liverdun le 18 courant, au matin, non sans avoir opposé une résistance désespérée. Force est restée à la loi, comme toujours. 


Vandières, le canal 

L’éclair de l’est du 23 août 1927. 

Liverdun 

Un récidiviste du vol. 

Le nommé Louis Blampin, 27 ans, sujet belge, marinier à bord du "Rombas 3", était recherché depuis quelque temps par la gendarmerie à la suite d'un mandat d’arrêt lancé contre lui par M. le juge d’instruction de Saint-Quentin, sous l'inculpation d’abus de confiance.  

Il avait en outre été signalé comme étant l'auteur d’un vol de bicyclette commis au préjudice de M. Esselin, domicilié à Belleville, près de Pont-à-Mousson, et d'un autre vol d’agrès, dérobés chez M. Fortier, commerçant, rue des Tiercelins, à Nancy. 

Blampin se croyait bien en sûreté à Liverdun, où il avait élu son domicile depuis quelque temps. Mais les gendarmes ne tardèrent pas à le dépister et réussirent à l'arrêter le long de la voie ferrée, entre Liverdun et Frouard, où le filou cherchait à se dissimuler. Il a été conduit sous bonne escorte à la maison d’arrêt de Nancy, où il attendra sa prochaine comparution devant le tribunal correctionnel. 


L’est républicain du 23 août 1927. 

Liverdun

Inculpé d'abus de confiance. 

Blampin Louis-Edouard, 27 ans, marinier à bord , du bateau "Rombas", était l'objet, pour abus de confiance au préjudice de M. Pavot, demeurant à Saint-Quentin, d'un mandat d'arrêt décerné par le juge d'instruction du tribunal de cette ville et il se dissimulait aux abords de la voie ferrée entre Liverdun et Frouard, pour échapper aux gendarmes chargés de mettre ce mandat à exécution. 

Ayant été avisés de la présence de Blampin, M. Thiéry, chef de brigade, et les gendarmes Calba et Demangeot se mirent à sa recherche. Le premier suivait le chemin de halage, le second celui de contre-halage et le troisième la voie ferrée. Ils approchaient du sémaphore n° 2 lorsqu'ils aperçurent un individu qui, en les voyant, prenait la fuite. Les trois gendarmes se mirent à sa poursuite et le rejoignirent deux cents mètres plus loin. 

Leur prisonnier était Blampin, qui sera transféré à Saint-Quentin pour être mis à la disposition du magistrat enquêteur. 


Le Messin du 2 septembre 1927. 

Ars-sur-Moselle. 

Enfant abandonné.

Nos lecteurs se souviennent de la chasse mouvementée contre le batelier Blampin Louis qui, après avoir abandonne son bateau a Ars, après avoir commis plusieurs importants abus de confiance, fut enfin arrêté par la gendarmerie de Liverdun. Une poursuite mouvementée de 48 heures avait précédé cette capture, qui ne se fit pas sans dommages, car Blampin mordit cruellement un gendarme a la main. Sa maitresse Planterose, qui était en état de grossesse, accompagnée de ses trois enfants en bas âge, erra a l’aventure pendant plusieurs jours, et enfin abandonna son plus jeune enfant, âgé de deux ans, sur la place St-Jean, a Nancy. L’enfant fut reconnu par les gendarmes d’Ars-sur-Moselle et par plusieurs personnes des fours a chaux a Ars. La mère doit se trouver dans un hôpital, où elle ne tardera pas a être retrouvée. Elle sera poursuivie pour abandon d’enfant. Quant au pauvre petit, il a été recueilli par un établissement hospitalier de Nancy.  



Je n’ai trouvé aucune information au sujet de ce Louis Blampin ou Blancpin.
Orthographe du nom changeante, naissance en Belgique, absence de recensements de population en Moselle explique ce manque de renseignements. 




Un Charlatan


L’est républicain du 31 juillet 1894. 

Arnaville 

La gendarmerie de Pagny-sur-Moselle, a arrêté, à Arnaville, le sieur Auguste Funel, âgé de 28 ans, charlatan, en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par le juge d'instruction du tribunal d'Arbois (Jura) pour escroqueries, exercice illégal de la médecine et vente de produits pharmaceutiques. 

Funel est arrivé le 22 juillet à Vandières avec deux voitures de parade à deux chevaux, dont l'une portait trois musiciens ; il se donna comme bandagiste et disait qu'il était capable de guérir toutes les douleurs ; il remit au garde champêtre une somme de 22 fr. pour le bureau de bienfaisance et douze flacons de médicaments pour guérir les indigents. 

Ce charlatan ayant fait ses boniments sur la place publique, de nombreuses personnes de Vandières sont venues le consulter pour leurs enfants malades, moyennant une somme de 36 fr., il leur remit deux pots de pommade et des flacons contenant un liquide jaunâtre devant guérir toutes les maladies. 

La gendarmerie qui a ouvert une enquête a saisi dans les voitures du sieur Funel 630 flacons qui ont été envoyés au parquet de Toul à l'effet d'être analysés. 



Auguste Joseph Funel est né le 18 novembre 1865 à Chambéry (Savoie). Ses parents Chrisostome Funel et Catherine Cornu sont négociants rue du Verney. 

Ses parents ont eu une vie faite de déplacements. 

On les trouve d’abord en 1863 à Nîmes (Gard) lors de la naissance d’un premier enfant, Louis Henri Chrysostôme (1863-1904). Son père déclare être quincaillier et célibataire, avoir 21 ans et être né à Martigues (Bouches-du-Rhône). Il est bien né à Martigues le 16 septembre 1841, enfant naturel de Pauline Funel. 

Catherine Cornu est âgée de 24 ans et dit être veuve de Jules Theris, jongleur né à Toulouse (Haute-Garonne).

 

Après avoir "habité" Chambéry, on les retrouve à Callian (Var) pour la naissance de Joseph Jules Funel le 4 mai 1871 (1871-1847). Le père est marchand ambulant est dit être domicilié à Nîmes. La mère est aussi marchande ambulante et est citée comme épouse de Chrisostome. 


Grace à la publication de mariage Louise Terris en 1876 à Nîmes, on a le nom complet de sa mère,Catherine Bertrande Honorine Cornu. Son père, "ancien dentiste" est sans domicile connu. Catherine est aussi "dentiste". 

Dernière information disponible, Chrisostome Funel habite chez son fils Joseph en 1921 à Manduel. 

Catherine n’apparaît pas sur le recensement. Un acte de décès enregistré le 24 janvier 1916 à Manduel nous informe que Honorine Cornu née à lieu inconnu, de père et mère inconnue est décédée à son domicile. Aucun membre de sa famille n’est présent !!!  

Avec tous les prénoms, il a été facile de trouver son acte de mariage avec Auguste Terris le 10 août 1853 à Toulon. Le marié est né le 4 décembre 1830 à Lauris (Vaucluse). Il est jongleur. Catherine Cornu est née le 27 septembre 1837 à Toulouse (Haute-Garonne), mais habite à Toulon. Son père était joueur d’orgues. Toutes les informations les concernant sont vérifiées sur leurs actes de naissance.  


Revenons à Auguste Joseph Funel. 

Au moment de son recensement militaire en 1885, il réside à Manduel dans le Gard. Il exerce la profession de "dentiste". Il a un degré d’instruction de niveau 3 sur 5 et un niveau militaire exercé. 

Il est incorporé au 11ème régiment de Dragons à Tarascon-sur-Rhône (Bouches-du-Rhône) de 1886 à 1889. Il part avec son certificat de bonne conduite. À partir de cette date, les condamnations s’enchaînent :

1891 tribunal correctionnel d’Alais : 20 jours de prison et 8 amendes de 3 frs. pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. 

1891 tribunal correctionnel de Digne : 1 an et 1 jour de prison et 15 frs. d’amende pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. Condamné par défaut

1894 tribunal correctionnel de Digne : 40 jours de prison pour escroquerie. 

1894 tribunal correctionnel d’Arbois : 3 mois de prison pour exercice illégal de la médecine.

1897 tribunal correctionnel de Gray: 3 mois de prison pour escroquerie, tentative d’escroquerie et exercice illégal de la médecine.

1901 cours d’appel de Limoges : 15 mois de prison et 50 frs. pour escroqueries. 

1901 tribunal correctionnel de Bourganeuf : 1 mois de prison pour évasion avec violences et à 17 mois de prison avec confusion de la peine de 15 mois prononcée à Limoges. 

1901 tribunal correctionnel de Libourne : 6 mois de prison avec confusion de la peine de 17 mois de Bourganeuf pour tentative d’escroquerie sur opposition de jugement par défaut de1900. 

1901 cours d’appel de Lyon : 6 mois de prison avec confusion de la peine de 15 mois de Limoges. 

1903 cours d’appel d’Angers 15 mois de prison pour tentative d’escroquerie. 

1908 cours d’appel de Montpellier sur appel d’un jugement du tribunal de Lodève du 29 juillet 1908 à 5 ans d’emprisonnement, 50 frs. d’amende et à la relégation pour escroquerie et tentative d’escroquerie. 



Navire La Loire à Saint Nazaire


Même si il a tout fait pour échapper à la justice , il a fini par se faire prendre. Il est embarqué le 11 juillet 1913 sur le bâtiment La Loire, navire affrété par le ministère des colonies pour le transport des condamnés aux travaux forcés. Il arrive en Guyane le 1er août. Il est admis à la relégation en 1921 (exil à perpétuité pour les récidivistes), puis relevé de la relégation en 1924.  

Il a pu revenir en France mais je n’ai rien trouvé sur un éventuel retour. Il est possible qu’il soit mort le 13 janvier 1942 à Nîmes étant sans domicile fixe.