13/07/2026

Le circuit des 3 capitales

Prêts pour le passage du tour cycliste 

 Le républicain lorrain du 14 juillet 1953.


Première étape : Bar-le-Duc Verdun Metz

 123 km départ à 9 heures, arrivée vers midi.


Deuxième étape : Metz Pont-à-Mousson Nancy Toul Commercy Bar-le-Duc

 150 km départ 14 heures, arrivée vers 18h30.

Le passage à Vandières est prévu à 14h43.


Le verdunois Rollin (S. A. Verdun) arrive premier au classement général en 7h 36´ 15´´, malgré la victoire de Pierre Carniel (U. C. Messine) lors de la première étape en 3h 02´. 

Rollin arrive septième à 1 minute 30 ‘’.


La deuxième étape est remportée par André Raiser et Willy Rollin en 4h 32’ 40’’. 


Pierre Carniel, vainqueur de la première étape est victime d’un grave accident à l’entrée de Nancy.

Sa roue avant se bloque dans le rail du tramway entraînant la chute du coureur. Cette chute serait demeurée sans gravité si un automobiliste étranger à la course n’était pas venu l’écraser au moment de la chute. Il est immédiatement transporté à l’hôpital où lui est diagnostiqué une double fracture de la colonne vertébrale. À ce moment, son état inspire de graves inquiétudes. 


Connaissant l’attrait pour le cyclisme de mon grand père Jean Lavaux, il a du être le premier à encourager les coureurs depuis sa fenêtre de sa maison, rue Charles De Gaulle. 


Willy Rollin félicité par le maire de Bar-le-Duc



11/07/2026

Accident sur la voie ferrée

Jézainville rue du moulin



Le courrier de Metz du 26 août 1904.

Suicide près de Pagny sur Moselle
Mardi, le mécanicien du train de voyageur qui arrive en gare à 6h47 du matin, rendait compte que, entre les stations de Vandières et Pagny, il avait remarqué quelque chose d’anormal dans la marche de la machine.
En effet, les agents de la compagnie envoyés aussitôt dans la direction, trouvèrent sur la voie le cadavre d’une femme dont le corps était coupé en plusieurs parties. Cette femme est étrangère à la localité. On a trouvé dans ses poches quelques francs en monnaie allemande.
Une enquête est ouverte pour trouver son identité. Cette mort doit être attribuée à un suicide, car l’endroit qu’avait choisi cette femme pour mettre son dessein à exécution est à une certaine distance de tout passage à niveau.

L’est républicain du 26 août 1904.

La mort de la femme trouvée écrasée sur la voie, mort attribué d’abord à un suicide, paraît plutôt être le résultat d’un accident. Voici quelques détails à ce sujet :
C’est sur le territoire de Vandières que cette femme a été trouvée sur la voie, la tête entièrement fracassée, une main coupée au poignet, l’autre bras cassé.
D’après l’enquête, il résulte que cette femme ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. Son identité a pu être établie. C’est une femme H., habitant Jezainville.
L’accident a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi.

Le courrier de Metz du 27 août 1904. 

Monsieur H, qui travaille aux fonderies, a eu connaissance de l’accident par un camarade d’atelier habitant Villers sous Prény. Quoique ce récit lui eue été fait sommairement, monsieur H, dont la femme s’était rendu à Ars-sur-Moselle depuis plusieurs jours chez son frère, eut un pressentiment, il partit pour Vandières et se rendit là où le corps de la victime avait été transporté. Il reconnu en effet sa femme, grâce à ses vêtements et ses chaussures.
On suppose que la femme H, qui était descendue du train à Pagny-sur-Moselle, aurait voulu achever la route à pied, et que trompée par l’obscurité, elle se sera engagée sur la voie ferrée, pensant suivre la route.

 
Acte de décès de Jeanny Chenot

"L’an mille neuf cent quatre , le vingt trois août, à huit heures du matin, par devant nous Pierre Caye, maire et officier de l’État civil de la commune de Vandières, arrondissement de Nancy, département de Meurthe-et-Moselle, ont comparu à la mairie, Louis Darmois, âgé de soixante quatre ans, propriétaire et Nicolas Alexandre Charles Munier, âgé de 60 ans, garde champêtre, tous deux domiciliés à Vandières et non parents de la défunte ci-après dénommés. Lesquels nous ont déclaré que cejourd’hui, vingt trois août, à cinq heures du matin, Jeanny Chenot, âgée de soixante quatre ans, vigneron, domicilié à Jézainville (Meurthe-et-Moselle), né à Saint-Jure (Alsace-Lorraine), épouse d’Aubin Hanin, âgé de 66 ans, employé des forges à Pont-à-Mousson, domicilié au dit Jezainville, fille des époux défunts Jean Chenot et Catherine Wuelquin, a été trouvée morte sur la ligne de Nancy à Metz, lieu-dit «devant Moulon», territoire de Vandières . Et après nous êtes assurés du décès nous avons dressé le présent acte, inscrit sur les deux registres à ce destinés que les déclarant ont signé avec nous maire, après lecture et collation faites.

Pierre Caye, Louis Darmois, Charles Munier. "


À cette date le couple habite à Jézainville, rue du moulin, avec leur fils Paul âgé de 22ans, lui aussi ouvrier d’usine aux hauts fourneaux de Pont-à-Mousson. 









Présentation d’Emile Badel

 


Émile Sébastien Badel est un écrivain régionaliste, journaliste et historien.

Dans ses 70 ouvrages, il a détaillé notre chère Lorraine sous tous les angles. 


Il est né le 18 novembre 1861 à Saint-Nicolas-de-Port.  Son père Jean François est boucher. 

Après des études au Petit séminaire de Pont-à-Mousson, il devient en 1888 sous-bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Nancy. En 1893, il est professeur de littérature et d'histoire à l'École professionnelle de l'Est et en 1910, secrétaire de rédaction au journal L'est républicain. 

Émile Badel a rédigé de nombreux travaux (monographies et articles de revue) sur la Lorraine et son histoire. Il a également fondé avec l'abbé Carrier le Musée historique de Saint-Nicolas-de-Port.


Émile est mort le 6 décembre 1936 à Bayon, jour de la Saint-Nicolas, saint patron des lorrains. 

Il ne s’est jamais marié et vivait chez son fils adoptif Robert Py Badel et son épouse, faubourg de Lunéville à Bayon. 


La cérémonie funèbre a lieu le 9 décembre à Saint-Nicolas-de-Port, en présence de personnalités de tous les horizons.

 

L’éclair de l’est du 7 décembre 1936. 

« Emile Badel n’est plus… Il manque quelque chose à la Lorraine, aux lettres, au journalisme lorrain. Votre luth, ô barde, ne résonnera plus. Le patron de la ville qui fut votre berceau s’est aussi penché sur votre lit de mort.»


Les extraits du document suivant sont tirés de :

Terre de Lorraine, sites et paysages, nos vieilles coutumes, les faiseurs d’âme de la Lorraine. 

Monts sacrés de la Lorraine, excursions et souvenirs. 


La Lorraine d’Emile Badel 




04/07/2026

Méfait stupide

Maison Thouvenot / Boucherie Munier


Le messin du 3 décembre 1902. 

La gendarmerie de Pagny-sur-Moselle a ouvert une enquête concernant un acte de vandalisme commis ces jours derniers sur la voie publique à Vandières. Monsieur Thouvenot, tonnelier et indicateur des vins à Vandières, avait chargé trois voitures de vin, qui stationnèrent toute la nuit dans la rue pour être, au matin, conduite en gare de Pagny-sur-Moselle. Un malfaiteur en profitant pour faire, avec une mèche, un trou dans l’un de ces fûts, qui se vida. Heureusement, un habitant de l’endroit, monsieur Fayon, s’en aperçut et boucha le trou avec une cheville. Mais déjà 400 litres de vin environ avaient coulé et inondaient le sol. Une enquête est ouverte sur ce méfait stupide.



René Théophile Thouvenot est né le 18 janvier 1868 à Vandières. Il est le fils de Jean Alfred Thouvenot, charron et de Françoise Dalbin son épouse. La famille Thouvenot habite route de Pagny à côté du café du centre. Leur premier fils, Marie Alfred né en 1867 deviendra militaire et terminera au grade de colonel d’artillerie. 

René Théophile prends la suite de son père comme charron. Il se marie en 1891 à Norroy avec Elise Joséphine Tribout. Le couple a un seul enfant, Marie Gaston né en 1894 à Vandières. 

La famille Thouvenot quitte Vandières pour Nancy après la première guerre mondiale. 

Gaston s’est marié en 1920 et dirige avec son père une fabrique de chaussures rue du Montet à Nancy. 

René meurt des suites d’un accident de voiture à l’hôpital de Poitiers en 1931. 

Gaston meurt en 1986 à Nancy à l’âge de 92 ans. 









Nos richesses régionales : les vins de Lorraine

Vendanges en Lorraine 

L’est républicain du 21 septembre 1932.  


Voici la deuxième communication que M. Paul Maujean, président, du syndicat des hôteliers de Nancy, vient de rédiger dans un but de propagande en faveur de nos richesses régionales. 

Aujourd'hui, ce sont les vins de Lorraine qui font l'objet de cette étude documentée et qui ne manqueront pas de retenir l'attention du lecteur. 

« Le vignoble lorrain, écrit M. Paul Maujean, occupe surtout les coteaux entre lesquels coule la Moselle et, suivant leur orientation, les moindres contreforts des vallées, qui viennent y aboutir, de Bayon à Metz. 

Toutefois dans certaines autres régions, dans la Meuse, sur la Seille, dans la Woëvre, on cultive encore la vigne et je ne saurais ne pas en parler. 

Les espèces plus particulièrement, cultivées dans le pays sont, le gamay blanc et noir et le pineau. 

Nous ne parlerons pas de certains cépages à grand rendement, qui ne donnent qu'un vin sans caractère, et nous passerons leurs produits sous silence. 

Il y a plus d'un demi-siècle que certains plants nous ont été importés d'Amérique et ce sont eux, dit-on, qui nous ont amené les différentes maladies ou microbes de la vigne, en premier lieu le phylloxéra, sorte de puceron imperceptible. 

Il y a une quarantaine d'années que l'on a attaqué celui-ci dans nos régions en injectant dans le sol à l'aide de différents procédés, du sulfure de carbone, et en badigeonnant les souches de la vigne, avec de la chaux vive. 

Ses effets désastreux du début, le sont moins à l'heure présente, mais des soins continus et collectifs sont à observer pour en éviter le retour offensif. 

Le mildiou lui, est un champignon microscopique qui attaque la feuille et qui détermine d'immenses taches de rouille, rongeant petit à petit celle-ci. Son développement est très rapide et dû surtout aux brusques changements de température assez fréquents dans notre pays, de la sécheresse extrême à l'humidité. 

Le seul moyen de le combattre est le sulfatage, cette opération s'opère à l'aide d'un vaporisateur puissant, contenant un mélange dissous de sulfate de cuivre et de chaux vive. 

Dès la fin mai, cette mesure est urgente et doit être renouvelée six à huit fois avant la fin d'août. 

Le viticulteur doit surveiller très attentivement l'apparition du mildiou surtout dans les années pluvieuses et ne jamais tarder à sulfater, tant le développement de celui-ci est rapide. 

L'oïdium est également un champignon microscopique qui s'attaque et se répand indifféremment sur le bois, la feuille et la graine, c'est ce qui a l'apparence de petites taches de ouate, que l'on voit aussi sur d'autres arbustes. 

Seul, le soufrage peut le combattre. On pulvérise donc sur la vigne et sur le sol, au pied de la plante, du soufre, de préférence dans un moment de sécheresse et aux trois périodes correspondant au début de la végétation, à la floraison et à celle où la graine commence à prendre de la couleur. 

Comme vous le voyez, ce n'est, donc qu'à grand peine et une surveillance de tous les jours que le viticulteur lorrain, si peu favorisé par la température et si rarement récompensé par son labeur persévérant, peut protéger sa vigne contre ces fléaux qui le menacent, du printemps à l'automne. 

Avant de parler des différents vins qu'il récolte, disons que, dès le mois de février, après les dernières gelées, il doit sans arrêt procéder successivement à la taille de la vigne, la lier, la palisser ou bien la fixer aux fils de fer tendus (nouveau procédé), la relever après avoir pris soin de sulfater la partie inférieure des feuilles, afin de les mettre à l'abri des germes dangereux activés par l'humidité, la bêcher, la râcler ensuite plusieurs fois, pour la débarrasser de toutes mauvaises herbes. 



En Lorraine, la maturité est tardive, la vendange ne se fait qu'en octobre, sur certains coteaux, certaines vignes mieux exposées, au plus tôt fin septembre. 

Les très bonnes récoltes sont rares, elles restent dans les mémoires et semblent ne revenir que chaque dix années. Les vins de 1865, 1884, 1893, 1900, 1911, 1921 ont laissé un souvenir qui ne s'effacera pas en Lorraine, car leur degré égalait celui des meilleurs vins du midi de la France et leur fruité était un régal pour les amateurs. 

Certains propriétaires, vieux vignerons de la région, peuvent encore s’enorgueillir d'avoir quelques échantillons de ces merveilles dans leur caves et, c'est un signe de grande considération qu'ils vous donnent, s'ils vont en chercher une bouteille en votre honneur. 

A travers l'affaiblissement dû à leur tige, et à la décoloration qui s'en suit, l'on perçoit encore chez ces vins, leur extrême finesse et leur goût du terroir intact, celui-ci est incontestablement dû à la nature du terrain d'où ils proviennent. 

Quitte à les perdre, ils ne sont bus qu'aux grandes occasions. Leur réserve est faite lors des années exceptionnelles, en prévision des grandes réunions de la famille, baptêmes, communions, mariages, etc. Ils sont dégustés avec attention, avec religion, et les anciens commentent les péripéties de leur récolte avec une ferveur égale à celle dont  ils entourent les grands événements antérieurs, arrivés dans la maison. 

On fait les trois vins en Lorraine, le blanc, le rouge, mais celui qui le symbole aux yeux de tous, c'est bien certainement le vin gris, dont, la teinte est plus exactement rosée et si l'on veut  bien « rubis ». 


Dans l'ordre, le vin blanc est le résultat, du pressage du raisin à graines blanches, il est en somme le jus du raisin mis en fûts sur-le-champ. 

Le vin gris est le résultat d'un soutirage partiel du foudre dans lequel on précipite la vendange, après qu'elle a passé entre deux cylindres qui la broient. Ce soutirage doit avoir lieu à vingt-quatre heures de cette opération, mais avant, il faut avoir constaté un début de fermentation dans la cuve, c'est ce qui donne le fumet particulier au vin gris et qu'il garde. 

Le vin rouge lui, ne se soutire qu'après que le tout a  fermenté ensemble, bois et grains broyés, sa fermentation est bruyante et mortelle, malheur à celui qui s'aventure au- dessus de la grande cuve où il est en ébullition. 

Les soutirages se font en hiver, suivant la qualité et la maturité de la vendange, ils sont, avancés ou retardés, mais au printemps de l'année qui suit, les vins blancs et gris sont prêts à  la consommation. Leur fraîcheur de vin nouveau est une tentation qui se double par la rutilance de leurs teintes. 

Maintes fois; leur transparence a inspiré nos poètes lorrains. On aime à les voir pétiller dans les verres, servis bien frais. Ils glissent, a-t-on coutume de dire, quand on les boit, compléments fameux des quiches, tourtes, potées, dont j'ai déjà parlé. 

Ils communiquent à tous, une gaité charmante et si l'esprit déborde, ils n'y sont pas étrangers. 

Il y a deux raisons qui ont diminué l'étendue des vignes en Lorraine, ce sont les maladies et la guerre (souvent les deux combinées). 

Je vais aussi fidèlement que possible vous les énumérer, les manquants d'abord. 

La disparition du pineau de Bar est dû à la maladie et surtout à son abandon pendant la guerre, les bras ont manqué pour la  défendre, ils étalent tous plus en avant, vers l'Est à Verdun. Sa délicatesse, sa finesse, sa teinte « rubis » incomparable en faisaient un vin signalé et digne des grandes tables. C'est une perte irréparable. 

Du vignoble de Thiaucourt, on peut dire qu'il est mort au champ d'honneur. 

Ses vignes, situées sur les coteaux entourant ce bourg légendaire, ont été anéanties complètement, par les différents bombardements d'artillerie et retournées par les ouvrages de la défense allemande. 

Avant la guerre, le vin de Thiaucourt, grâce à l'exposition de ses vignes et de la nature de son terrain, était l'un des produits les plus généreux de Lorraine. Il était riche en tannin, d'une conservation parfaite, supérieur en qualité. Le vin gris était aussi parfumé que ceux des grands crus de Champagne. 

Le vin blanc en prenant de l'âge acquérait le bouquet des grands vins de la Moselle rhénane et le vin rouge des bonnes années, arrivait a peser 12 et 14° et avait beaucoup d'analogie avec les crus de Bourgogne. 

Ce vignoble, hélas ! est à tout jamais rayé des richesses de là Lorraine vinicole. 

Après l'avoir abreuvé de leur sang, des milliers de soldats américains et français y dorment leur dernier sommeil. La luxuriante végétation de la vigne y est définitivement remplacée, par une étendue considérable de tombes, invariablement surmontées d'une croix blanche. 

En descendant la Moselle depuis Charmes on aperçoit, subsistant à grand peine, quelques vignes vers Bayon, ancien cru réputé, plus bas vers Maron, Chaligny, dans la vallée du Madon, Goviller, Frolois, Pulligny qui sont autant de points où l'on défend la vigne avec succès, et dont les vins de petite race ont un goût de   « pierre-à-fusil » très caractérisé. 

On arrive aux coteaux toulois dont les crus les plus connus sont Bulligny, Blénod-les-Toul, Mont-le-Vignoble, Charmes-la-Côte, Domgermain, Lucey et enfin Bruley. 

Les vins gris de Bruley sont très particuliers et l'objet de soins attentifs et très suivis par une lignée de propriétaires récoltants qui défendent avec acharnement la réputation de leurs produits. 

Leurs vins rosés mousseux renommés, travaillés à la mode champenoise, peuvent rivaliser avec les produits similaires de la Champagne, tout en gardant, un goût de terroir loin d'être déplaisant. 

En glissant sur Metz, à droite, l'on aperçoit Millery, Autreville, qui produisent encore un peu, et on atteint la région de Metz qui commence par Vandières, Pagny, Novéant, Ancy, Dornot, Jussy, Lorry, Mardigny, Lessy, Longeville et enfin Scy-Chazelles, accroché au Mont Saint-Quentin, dont on aperçoit le ban admirablement orienté, faisant l'angle de la vallée remontant vers Gravelotte. 

Les vins de Scy avant 1914 étaient la grande gourmandise des Allemands de Metz, les vins blancs en particulier, étaient dirigés vers l'intérieur pour en faire le fameux sekt. 

Le vin « rubis de Scy » est actuellement l'un des plus appréciés des amateurs de la région de l'Est. Son fumet est incomparable, il garde en bouteilles l'odeur grisant de la vendange et au palais laisse de son passage le goût de la grappe fraîchement pressurée sur la cuve, par une belle journée de vendange en octobre. 

Mis en bouteilles après deux soutirages, à l'époque des derniers froids, il garde une faible partie de son sucre, qui en fait, un vin pétillant naturel, qui plaît, par sa teinte et sa fraîcheur dès que les verres en sont remplis. 

Se rapprochant, de lui sont encore les vins de Marsal, de Vic et de Moyenvic, sur la Seille. Leur verdeur s'étale sur un splendide coteau qui fait face à l'ancienne frontière en regardant la France. 

Comme les vins de Moselle, avant la guerre, les Allemands venaient le chercher pour faire «leur champagne». 

C'est d'ailleurs aux mesures de rigueur qu'administrativement ils prenaient pour combattre les maladies de la vigne qu'on doit d'avoir gardé celles-ci en Moselle. 

Les blancs et les gris d'un bouquet particulier ont aussi un grand cachet d'originalité qui complète la série de tous ceux que je viens d'énumérer aussi exactement que possible. 

La récolte de cette année est en bonne posture, les vignes sont belles en Lorraine, quoiqu'ayant été compromises par les froids et les pluies du début de l'été, les beaux jours d'août ont rétabli favorablement la situation. 

La vigne est saine, quelques semaines favorables encore et l'année sera belle, sans toutefois prendre place à la suite des grandes années. 

Espoir nouveau pour nos viticulteurs....  

Rendons un hommage d admiration à leur persévérance. Lutteurs infatigables, lis défendent leurs vignes avec la même ardeur que ceux qui, pendant de longs mois, occupèrent. leur sol pour l'amour de leur pays et de son indépendance. 

Chaque jour, le Lorrain tenace monte à la vigne comme les combattants montaient aux lignes -pour la défendre contre les. assaillants, pour la gloire de la viticulture française, l'une des plus belles parmi celles de la production du sol national. On ne reconnaîtra jamais assez son effort méritoire et l'indéfectible attachement à sa terre. 



Planche Larousse ennemis de la vigne