13/09/2026

Abus de confiance

Moulin de la Tuile

Le progrès de l’est du 10 juin 1888.

Abus de confiance.

MM. Chapelier et Huchot de Vandières, Honorius, Hocquard, Champigneulles et Boucher de Prény, Hanrion de Pagny-sur-Moselle, Thierry de Vilcey-sur-Trey, Godard et Cordonnier de Viéville-en-Haye, Humber de Limey, Chéry et Horhin de Bouxières-sous-Froidmont, Robin de Champey, ainsi que cinq habitants de Mousson ont été victimes des agissements du nommé Michel Speuler, Meunier au Moulin de la tuile, écart de Vandières.

Toutes ces personnes avaient confié une certaine quantité de blé à Speuler, le tout représentant une somme de deux milles francs. Speuler, ayant fait de mauvaises affaires, a vendu la farine provenant des blés qui lui avaient été confiés, et depuis le cinq juin il a disparu de son domicile.


Le progrès de l’est du 27 juillet 1888.
Abus de confiance.
Michel Speuler, 43 ans, Meunier à Vandières, a reçu de plusieurs personnes du blé à moudre. Il a vendu ce blé et disparu de la localité.
Un an par défaut.

Jean Michel Spenler est né le 24 juin 1845 à Sotzeling (arrondissement de Château-Salins Meurthe)
Il est l’enfant naturel d’Elisabeth Spenler âgée de 27 ans. Elle est la fille de Pierre Spenler âgé de 53 ans et d’Elisabeth Jantzi âgée de 48 ans, tous deux anabaptistes, domiciliés au moulin de Sotzeling. 
Il s’est marié à Sotzeling le 21 janvier 1867 avec Anne Nafziger née le 3 janvier 1844 à Merzig (Prusse). 
Elle est la fille de Christian Nafziger, âgé de 52 ans cultivateur et de Marie Bechler âgée de 46 ans. 
L’acte de naissance de la mariée rédigé en allemand transmis par le bourgmestre de Merzig a été traduit par monsieur Bélay, vicaire de Château-Salins. L’acte a été vu par monsieur Scharken, maire de la ville pour légalisation de la signature du vicaire puis par monsieur le sous préfet pour légalisation de la signature du maire. 

En décembre 1875, Michel vient déclarer à la mairie de Dieuze (Moselle annexée), le décès de sa fille Anna âgée de 18 mois. Il est voiturier et habite la ville.

En 1886, Jean Michel, Anne et leurs trois enfants habitent la ferme de la tuile. Elisabeth Spenler, la mère de Jean Michel habite avec eux. 
L’aînée des enfants, Marie est née le 16 avril 1868 à Morhange. 

Puis vient Daniel né le 29 août 1870 à Morhange. Il meurt à Sarreguemines en 1925. 

Le dernier enfant, Joseph est né le 27 août 1872 à Morhange. 


Après la condamnation, il n’y a plus aucune trace de la famille en Meurthe-et-Moselle. Ils ont pu repartir en Moselle annexée, pensant être à l’abri des poursuites françaises. 

En 1896, lors du premier mariage de Daniel à Metz, ses parents sont meunier comme leur fils à Moulins-Les-Metz. 

En 1902, lors du deuxième mariage de Daniel à Porcellette, ses parents sont domiciliés à Kneutingen (Knutange). 


La seule piste concernant sa fin de vie est le décès d’un Jean Michel Spenler, le 1er février 1914 à Aboncourt.  


Anabaptiste : se dit de groupes chrétiens issus de la Réforme, qui, considérant le baptême des enfants comme nul à cause de l'absence de tout acte personnel de foi, rebaptisaient les adultes.


Noces d'or

 



Le télégramme des Vosges du 8 mai 1932.


Récemment ont eu lieu à Vandières (Meurthe-et-Moselle), les noces d’or de Monsieur et Madame Albert Krantz, originaires d’Épinal, où ils demeurèrent jusqu’en 1923.

Le mariage de Monsieur et Madame Krantz fut célébré en 1882 à Épinal, c’est un Épinal également que naquirent les trois filles de Monsieur Krantz.

La cérémonie des noces d’or a été célébrée en l’église de Vandières où fut dite une messe d’action de grâces, au cours de laquelle monsieur le curé, en une délicate allocution retraça la vie des deux époux.

Nous adressons à Monsieur et Madame Krantz nos vive félicitations en conservant l’espoir de les voir célébrer leurs noces de diamant.



François Marie Albert Krantz est né le 12 avril 1858 à Épinal (Vosges). Son père, Jean Martin Achille est ferblantier à Épinal, marié avec Victorine Cordier depuis 1852. 

Il apprends le métier de son père et exerce aussi à Épinal. Il s’y marie avec Marie Antoinette Bigeard le 20 février 1882. Elle est née le 11 mars 1857 à Remiremont (Vosges).

Trois filles naîtront au foyer du couple :

Jeanne Léonie (1883-1964)

Marguerite Émilie Julie (1887-1972)

Alice Jeanne (1894-1982)


François Marie Albert Krantz, devenu employé de la compagnie de chemin de fer de l’est vient habiter à Vandières vers 1924. La famille occupe un petite maison de la route nationale. 


Le couple n’aura pas le bonheur de célébrer leurs noces de diamant, Marie Antoinette meurt à Vandières le 13 février 1937 à l’âge de 79 ans. 

François Marie Albert Krantz meurt un an plus tard, le 13 avril 1938 à l’âge de 80 ans.

Les deux défunts reposent au cimetière de Vandières. 

05/09/2026

Commémoration aux monuments aux morts

 


L’ancien combattant : journal de l’association des mutilés et anciens combattants du 30 novembre 1930.


Section de Pagny sur Moselle.

Comme les années précédentes, la ville de Pagny a fêté dignement l’armistice.

L’église paroissiale trop petite pour la circonstance avait revêtu sa parure des grands jours. La tombe du poilu, installé dans le cœur touchant profondément l’assistance et la foule qui va se recueillir et prier pour nos grands parents mort, prouva combien était grand à Pagny, le culte du souvenir.

À l’issue du service religieux, un cortège se format et se rendit au monument de 1914-1918. Après l’exécution de la marseillaise par les petits garçons, M. le maire invita l’assistance à observer en l’honneur des morts, une minute de recueillement et de silence. M. le docteur Thiébaut, président de la section des anciens combattants évoque ensuite le souvenir des enfants de Pagny morts au champ d’honneur et montra combien, et plus que jamais, l’union et la paix nous étaient nécessaires.


Le cortège se rendit alors devant la maison Christophe ou M. le maire de Pagny réinstalla dans son alvéole le buste du Comte Hercule de Serre, le célèbre enfant de Pagny, ex ministre de la justice de Louis XVIII et ex ambassadeur à Naples. 


La foule toujours aussi nombreuse se dirigeait ensuite vers le monument de 1870-1871. Les petites filles chantent de jolis morceaux de circonstances et M. le commandant Durand rappela le souvenir des héros de la défaite qui sauvèrent, tout au moins, l’honneur de la patrie.


À la même heure, une délégation de la A.M.C. de Pagny déposait une gerbe au pied du monument de Vandières, unissant dans une même pensée de reconnaissance tous les camarades morts pour la France. Les anciens combattants se disposèrent alors à fêter dignement la victoire. À Pagny, ils se dirigèrent vers le restaurant Melot, à Vandières vers le restaurant Staub. Là, un banquet amical leur fut servi et, à l’heure des toasts, M. le docteur Thiébaut remercia les convives d’avoir bien voulu répondre à l’appel du comité pour donner à la fête de l’armistice toute l’éclat désirable. Les chants commencèrent bientôt nombreux et variés, rappelant pour la plupart la franche gaité des vrais poilus. Les camarades Max T., Hagemann, Lemaire, Farcy, Volant, Pichenet, etc., ainsi que M.  Brichon maire de Pagny, charmèrent l’auditoire à qui mieux-mieux et cette agape fraternelle pris fin vers 18 heures par l’audition de "La Madelon".

Quelques heures plus tard, tout le monde se retrouva dans la salle Antoine, brillamment illuminée et décorée. On dansa à cœur joie au son d’un jazz des plus entraînant, et vers 11 heures eu lieu le tirage de la Grande tombola. Le bal repris enfin et ce n’est que bien tard dans la nuit que se termina cette journée si mémorable de l’anniversaire de l’armistice.








Morts en Crimée

Soldat d’infanterie français 

La guerre de Crimée (1853-1856) est un conflit important du XIXe siècle opposant l'Empire russe à une coalition formée par l'Empire ottoman, la France, le Royaume-Uni et le royaume Sarde. Elle débute en octobre 1853, principalement à cause des tensions sur le contrôle des lieux saints en Palestine et des ambitions russes sur les territoires ottomans.

  • Octobre 1853 : Début des hostilités avec la bataille de Sinop, où la flotte russe détruit une flotte ottomane.
  • Mars 1854 : La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie.
  • Septembre 1854 : Débarquement des forces alliées en Crimée.
  • Octobre 1854 : Bataille d'Alma, victoire alliée.
  • Octobre 1854 - septembre 1855 : Siège de Sébastopol, siège long et meurtrier.
  • Septembre 1855 : Prise de Sébastopol par les alliés.
  • Mars 1856 : Signature du traité de Paris, mettant fin à la guerre.

Cette guerre est notable pour ses innovations militaires (usage du télégraphe, ambulance moderne, fusils à culasse, canons rayés…) et l’apport du chemin de fer en matière de logistique. 

C’est aussi la première guerre photographiée. 

Environ 100 000 français sont morts durant ce conflit, dont les trois quarts de maladies (choléra, scorbut, typhus, dysenterie…)


1: Sébastopol - 2 : Kamiesch



Trois soldats originaires de Vandières ont participé à la guerre de Crimée :


Jean Pierre MUNIER, né le 29 avril 1832, fils de Jean Pierre MUNIER et Marie Anne COURIAUX.  

Fusilier à la 3ème compagnie du 1er bataillon du 28ème régiment d’infanterie de ligne. 

Entré à l’ambulance de la cinquième division militaire devant Sébastopol le 20 janvier 1855. 

Mort le 24 janvier 1855 par suite de dysenterie. 


Louis SIMARD, né le 25 novembre 1833, fils de Claude SIMARD et Marguerite PINOT. 

Fusilier à la 8ème compagnie du 2ème bataillon du 62ème régiment d’infanterie de ligne.

Entré à l’ambulance du camp de Maslak le 1er mai 1855.

Mort le 5 mai 1855 par suite de choléra. 


Nicolas MUNIER, né le 23 août 1815, fils de Charles François MUNIER et Marguerite CAILLOT. 

Lieutenant du 6ème régiment d’infanterie légère basé en Algérie. 

Arrivé à Kamiesch le 9 novembre 1855. Retour de Crimée le 21 juin 1856. 

Chevalier de la légion d’honneur le 28 août 1858. 

Mort le 18 mars 1861 à l’hôpital militaire d’Oran, très certainement de maladie. 



22/08/2026

Le drame du pacifique

Bill Erwin et Alvin Eichwaldt en 1927


L’est républicain du 23 août 1927. 

Un drame poignant fait suite à la course du Pacifique. 
Trois avions naufragés. Sept personnes disparues. 
Les recherches pour les retrouver restent vaines.
 
Londres, 22 août. - On est toujours sans nouvelles des deux avions prenant part à la course San-Francisco-Honolulu, le "Golden-Eagle" et le "Miss-Doran", ainsi que de l'appareil du capitaine Erwin, "Spirit-of-Dallas", perdu sur le même parcours.  
Le vapeur "West-Sequana" a fait savoir que lorsqu'il signala hier avoir aperçu une lueur, il se trouvait a 37° 32' de latitude nord et 127°22' de longitude ouest. Les recherches faites par lui dans ces parages n'ont  donne aucun résultat, pas plus que celles des navires "Sunnavin" et "Pélican". 
La mer est très grosse dans les parages des îles Hawaï et les marins s'accordent pour dire qu'il est impossible qu'un avion puisse avoir la moindre chance pour flotter par un temps pareil.
Le capitaine William P. Erwin, pilote du «Spirit-of-Dallas », était accompagné de A. H. Eichwadt, navigateur. 
Son objectif était, tout en prenant part à la course San-Francisco-Honolulu, de poursuivre ensuite sa randonnée autour du monde, par Tokyo, Hong-Kong, Bombay, Bagdad, Paris, Lisbonne et les Açores. Il devait prendre sa femme comme passager. Mais les commissaires de la course San-Francisco-Honolulu refusèrent d'accepter le "Spirit-of-Dallas" comme concurrent qualifié si Mrs Erwin y prenait place. On la trouvait trop jeune. 
Erwin et Eichwardt étaient partis mardi dernier, mais ils avaient dû faire demi-tour. 
Quand la disparition du « Golden-Eagle » et celle du « Miss-Doran.» furent signalées, Erwin installa hâtive- 
ment un appareil de T. S. F. à bord de son avion et partit. Son intention était de faire le bond du Pacifique de San-Francisco à Hong-Kong par Honolulu et Tokyo. Son commanditaire, le colonel William E. Easterwood, de Dallas, lui offrait 25.000 dollars,(625.000 francs) s'il arrivait à Hong-Kong. 
Le capitaine Erwin, pilote de guerre, a abattu huit avions ennemis durant la campagne. Il fut « descendu » à plusieurs reprises et fut quatre fois blessé, dont l'une grièvement. Il est titulaire de nombreuses citations. et décorations. Il est âgé de 31 ans. 


Lieutenants Baucom, Erwin et Easterbrook
First Aero squadron 1918

Le lieutenant William P. Erwin a été le pilote d’observation le plus présent au dessus de Vandières lors des combats pour la réduction du saillant de Saint Mihiel. 


William Portwood "Bill" Erwin est né le 18 octobre 1895 à Ryan, Oklahoma, USA

Il est le fils de W. A. Erwin de Chicago, Illinois, 

Il est affecté au 1er escadron d'observation le 19 juillet 1918. 

Il pilote un avion Salmson 2A2, avec lequel il a été crédité de 8 victoires. 


En 1919 il est décoré une première fois de la distinguished service cross pour son héroïsme extraordinaire lors des combats dans les secteurs de Château-Thierry et de Saint-Mihiel, en France.

Le lieutenant Erwin, accompagné du second lieutenant Byrne E. Baucom, observateur, par une longue période d'opérations fidèles et héroïques, a donné un exemple inspirant de courage et de dévouement à tout son escadron. Pendant les actions à Château-Thierry, en juin et juillet 1918, il a volé dans les pires conditions météorologiques et a accompli ses missions avec succès malgré 

des circonstances extrêmement défavorables.

Dans le secteur de Saint-Mihiel, du 12 au 15 septembre 1918, il a répété ses exploits précédents. Il a volé à une altitude aussi basse que 15 mètres derrière les lignes ennemies, harcelant les troupes allemandes avec des tirs de mitrailleuse et s'exposant aux attaques des batteries terrestres, des mitrailleuses et des fusils.

Il a repoussé à deux reprises des avions ennemis qui tentaient de détruire un ballon d'observation américain. Les 12 et 13 septembre 1918, il a effectué avec succès des patrouilles de liaison avec l'infanterie à très basse altitude. Le 12 septembre, il a attaqué une batterie allemande, contraint l’équipage à l’abandonner, abattu un officier allemand qui tentait de fuir à cheval, forcé les artilleurs à se réfugier dans leurs abris et les y a maintenus jusqu’à l’arrivée de l’infanterie américaine qui les a capturés.

Il reçoit une seconde décoration pour son héroïsme en novembre 1918. 

Le président des États-Unis d'Amérique, autorisé par la loi du Congrès du 9 juillet 1918, décide d’ajouter une grappe de feuilles de chêne en bronze à la distinguished service cross du premier lieutenant (service aérien) William P. Erwin, United States Army Air Service, pour son héroïsme extraordinaire en action alors qu'il servait avec le 1er escadron aérien, United States Army Air Service, A.E.F., près de Sedan, France, 5 novembre 1918. Contre les conseils d'officiers expérimentés, le lieutenant Erwin a entrepris un vol de reconnaissance face aux conditions atmosphériques qui ont rendu le vol plus dangereux. Pour que son observateur puisse obtenir les informations nécessaires, il a été forcé de voler à une altitude dangereusement basse et a été soumis à des tirs anti-aériens et de fusils continus. Lorsque les informations obtenues sur le vol ont été déposées au quartier général de la division, il a fait demi tour et est revenu sur les lignes ennemies, bien que lors de la première mission de reconnaissance, son avion ait été touché à plusieurs reprises par des balles. Pénétrant loin dans le territoire ennemi, il a manœuvré très habilement, et malgré les obus qui ont éclaté près de lui, il a volé bas pendant que son observateur déversait un feu mortel sur les nids de mitrailleuses qui avaient retenu l'avancée de nos troupes. Lorsque sa machine a été paralysée par le feu ennemi, il a fait preuve d'une habileté exceptionnelle pour effectuer un atterrissage sur une terre rocheuse à l'intérieur des lignes ennemies. Avec son observateur, il a combattu les attaques ennemies répétées et s'est battu pour revenir aux lignes américaines, avec des informations d'une importance vitale pour nos troupes.

Il est decoré de la Croix de Guerre après une action d’éclat le 20 juillet 1918 :

Le 20 juillet 1918, il s’est porté volontaire pour une mission de liaison d’infanterie à la tombée de la nuit, qu’il a exécutée à une altitude de 200 mètres. Il a ramené son observateur, mortellement blessé, et son avion était criblé de balles. 


1st Aero Squadron. Extrait des opérations du 15 septembre 1918


Protection, Photographies. 

Bouxières, Lorry, Vittonville, Champey, Vandières, Prény. 

9:00-10:45. Altitude 2600 M. 

Conditions atmosphériques : Visibilité bonne.

Pilote Lt.Erwin, Observateur Lt. Baucom. Les 34 photos prises sont bonnes. 

Protection assurée par le 2nd Pursuit Group.



William Portwood "Bill" Erwin est mort le 19 août 1927 lors d’un accident en vol dans l’océan pacifique. 

Lui et son navigateur, Alvin H.Eichwaldt, se sont perdus en mer alors qu'ils cherchaient deux avions, le Golden Eagle et le Miss Doran, qui avaient disparu dans le Pacifique pendant la Dole Air Race reliant Oakland (Californie) à Hawaï en 1927 (3870 kilomètres).

Ils pilotaient le Dallas Spirit avec lequel, après une déchirure du fuselage et un retour à Oakland pour réparation, il repris les airs pour aider aux recherches des deux avions disparus. 






Bagarre à la sortie du bal

 


Le courrier de Metz du 16 juin 1905. 


Dimanche, jour de la Pentecôte, les jeunes gens avaient organisé un bal dans une salle d’un café situé près de la gare. La gaité, qui battait son plein, fut troublée vers dix heures du soir par l’apparition de trois italiens, habitant la localité, où ils exercent la profession de maçon.

Tout d’abord on ne fit pas attention à eux, mais lorsqu’ils voulurent exécuter des danses à la mode de leur pays et sur leur refus de cesser, les jeunes gens de Vandières s’interposèrent ce qui donne a lieu à une bagarre et les trois italiens durent être expulsés par la force de la salle de bal.

Arrivée sur la route, deux des Italiens sortirent leur revolver et déchargèrent plusieurs coups sur le groupe de jeunes gens. Un de ceux-ci fut blessé légèrement à la main. 

La gendarmerie de Pagny sur Moselle a ouvert une enquête.

15/08/2026

Le vin de Vandières


 En 1893, on pouvais trouver à la page des annonces publicitaires du progrès de l'est, une annonce des docks Nancéiens mettant en avant les vins en vente, notamment les vins de Vandières mais aussi de Domgermain et Viterne (secteur de Toul). 

Le docks de Nancy 

Armand Auguste Edmond Chambay était placier en vins pour la Société Nancéienne d’Alimentation (SANAL).
En 1906, il habite rue des jardiniers à Nancy avec son épouse et leur fils.
Il est né en 1843 à Duneau (Sarthe), sa femme Mathilde Souchu est née à Sceaux (Seine) en 1847.
Mathilde Honorine meurt à Nancy en 1911 à l’âge de 63 ans.
Armand Auguste Edmond Chambay, ancien négociant en vin et vétéran de 1870 est mort en 1919 au Breil-sur-Mérize (Sarthe).

Leur fils Georges Auguste, né en 1885 à Nancy, se suicide le 6 août 1914 à Eulmont alors qu’il est soldat au 37ème régiment d’infanterie.
Le premier août 1914, le regiment avait quitté la caserne Landremont à Nancy pour assurer la défense d’Eulmont et Montenoy.


Nécrologie dans le journal de la Meurthe et des Vosges du 9 août 1914.

La première victime de la guerre à Nancy, est notre distingué concitoyen Georges Chambay, le jeune peintre décorateur si avantageusement connu, et qui a peint quelques-uns des beaux décors de la Passion.

Georges Chambay, réserviste au 37ême de ligne, avait rejoint son corps dès la mobilisation ; il a été tué le premier jour des hostilités.Il n'avait pas encore 30 ans.

Nous prions Mme Chambay. sa veuve, et MM. Armand Chambay et Gabillet d'agréer nos plus vives sympathies dans le deuil cruel qui les frappe.


Georges Auguste était peintre décorateur de talent pour le théâtre. Il a aussi enseigné à l’école nationale supérieure d’art de Nancy.
Il était marié à Madeleine Louise Marguerite Gabillet depuis 1911 avec qui il avait une petite fille née en février 1914.
 
Affiche publicitaire réalisée par Georges Auguste Chambay

Nancy illustré du 1er janvier 1913. 
Dans une rue silencieuse, au fond d'un élégant jardinet, se trouvent les ateliers de décoration du bon peintre
Chambay.
Tout jeune encore, plein d'ardeur et de belle vaillance, M. Chambay est tout à ses décors de théâtre, à ses gracieuses maquettes, à ses délicieuses mises en scène.
Et sur un mur blanc, flamboyante en ses multicolorations, apparait la magnifique affiche illustrée qui va porter le nom de Nancy-Thermal à travers le monde entier.
Son ciel vaporeux et sombre, d'un bleu foncé qui laisse apercevoir la grande piscine populaire..., et puis, comme sortie d'un jet puissant des tréfonds du sol lorrain, une nymphe toute radieuse jaillit du sein des eaux glauques.
D'autre côté, c'est la perspective élégante du grand établissement thermal, c'est Nancy, aimable déesse qui contemple tout l'ensemble et qui lance la triomphante banderole-appel des Thermes nouveaux. Au-dessus, se détachant nettement d'un fond pourpre, émaillé de croix de Lorraine d'or, voici les armes de Nancy au milieu de palmes entrelacées d'un effet très décoratif.
Cette composition superbe, qui fait le plus grand honneur au jeune artiste, sera placardée sous peu, et Nancy Illustré sera heureux de le reproduire au verso de sa couverture, qui lui est réservé, d'ores et déjà.


Après le décès de son épouse, Armand Chambay et sa belle fille gèrent la vente des vins jusqu’à la fin de la guerre.

En 1919 Madeleine Gabillet veuve Chambay met en vente des décors de théâtre de son défunt mari avant de quitter Nancy pour se remarier. Armand retourne dans sa région natale.