08/08/2026

Le pillage des wagons de marchandises au triage de Pagny-sur-Moselle


 


L’écho de Nancy du 20 avril 1943.

QUINZE INCULPÉS DEVANT LE TRIBUNAL 


On vole beaucoup au triage de Pagny-sur-Moselle. 


A plusieurs reprises déjà, le tribunal correctionnel a eu à juger de véritables fournées d'inculpés qui, presque 

tous, appartenaient au personnel de la S.N.C.F. 

Malgré les nombreuses condamnations prononcées, les vols continuaient de plus belle. Le matin du 23 janvier, on constata notamment qu'un wagon transportant des appareils de T. S. F. avait été cambriolé pendant la nuit et que des postes étaient dissimulés sous un talus pour être ensuite enlevés La S.N.C.F., qui doit, fréquemment payer de grosses indemnités pour les marchandises qui disparaissent ainsi, demanda l'ouverture d'une enquête, dont fut chargée la brigade mobile de l'Intendance régionale de police. 

Les opérations de grande envergure auxquelles elle se livra pendant plusieurs semaines aboutirent à l'arrestation de toute une bande spécialisée dans le pillage des wagons de marchandises et dans laquelle, cette fois, ne se trouvait aucun employé de la S.N:C.F. 

Dès le début de leur enquête, les policiers de la brigade mobile apprirent qu'une mystérieuse camionnette 

Roulait parfois la nuit aux environs du triage et qu'une fois son conducteur, pour échapper à une vérification, avait tellement forcé la vitesse du véhicule qu'une explosion s'était produite.  

Les recherches entreprises dans la région chez les différents possesseurs de camionnettes amenèrent ainsi 

les policiers à la ferme de Mazagran, isolée sur un plateau, en bordure de la forêt de Bayonville, à proximité de la frontière de la Moselle. 

Leur arrivée jeta un tel désarroi parmi les habitants de la ferme que les policiers décidèrent de procéder sur-le-champ à une visite minutieuse.

En parcourant la cave, ils remarquèrent, une citerne profonde de quatre mètres A la surface de l'eau surnageait de l'étoffe. On explora la citerne et on en retira 900 chemises qui avaient été jetées là dès que l'arrivée des policiers avait été signalée. 

Dans un silo de betteraves, on trouva également divers articles provenant de pillage des wagons. Plus de  doute... la ferme de Mazagran était bien le principal repaire des voleurs.

Le fermier Edmond Rémy, 58 ans, installé là depuis plusieurs années, convint qu'il recelait les marchandises que ses deux fils, Edmond Rémy, 30 ans, et Paul Rémy, 19 ans, rapportaient de leurs expéditions nocturnes. 

Ils étaient souvent accompagnés par André-Félix Blouet, 27 ans, charron à Arnaville. qui prit une part, très active à ces vols. 

Depuis des mois, les frères Rémy pillaient les wagons avec l'assistance de Blouet et de deux commis de  culture, André Fuch, 17 ans, et Santiago Castanédo, 21 ans Ils étaient habituellement munis de matraques pour le cas où ils auraient été surpris, et de cisailles pour fracturer les wagons dont ils coupaient les attaches.  

Ils cachaient tout d'abord en bordure de la route les marchandises volées dont ils effectuaient ensuite le transit. Blouet avait loué Nancy, rue de Mulhouse, une chambre dans laquelle on y a retrouvé des stocks de confiserie et de parfumerie valant plus de 150.000 fr. 

Blouet était le pensionnaire de la femme Lurquin, née Sarloutte, 40 ans, qui, ainsi que son mari, Fiacre Lurquin, 42 ans, manoeuvre, à Arnaville, recéla des marchandises en connaissance de cause. 

L'enquête de la police mobile permit à la S.N.C.F. de récupérer des marchandises ayant une valeur de 700.000 francs environ. 

Rien que chez Blouet et les époux Lurquin, à Arnaville, on retrouva des caisses de parfumerie valant près de 300.000 francs. 

Le tribunal correctionnel vient, de condamner : André Blouet à trois ans de prison et 6.000 fr. d'amende. Les deux frères, Edmond et Paul Rémy, à chacun deux ans de prison et 6.000 fr. d'amende. Lurquin Fiacre et son épouse, née Jeanne Sarloutte, a chacun dix mois de prison et 5.000 fr. d'amende. Fuchs André et Castanédo Santiago à chacun trois mois et 3.000 fr. d'amende. 

Rémy Edmond père, à dix mois de prison avec sursis et 6.000 fr. d'amende. Les inculpés sont condamnés solidairement à verser 50.000 fr. de dommages-intérêts à la S.N.C.F.. partie civile. 

Blouet et les époux Lurquin sont en plus condamnés à 50.000 fr. de dommages-intérêts envers' la Société Danrzas, qui assumait la responsabilité du transport d'un certain nombre de colis. 

La même enquête révéla que d'autres Individus allaient également piller, pour leur propre compte, les wagons en stationnement au triage. 

Jules Antoine, 29 ans, demeurant à Pagny-sur-Moselle, opérait de complicité avec la veuve Elisa Drouville, 45 ans, demeurant à Vandières, et René Monnet, 31 ans, mécanicien en cycles à Pagny-sur-Moselle. 

Habillée en homme, la femme Antoine, née Willette, âgée de 22 ans, faisait le guet. 

Monnet écoulait lui aussi à Nancy le produit de ses vols. Il a été notamment établi qu'il avait vendu pour 50.000 francs de peignes à un camelot. 

Henri-Robert Polet, 23 ans, demeurant à Pont-à-Mousson, gendre de la femme Drouville, bénéficiait des vols commis par celle-ci. 

Le tribunal condamne : Henri Monnet à deux ans de prison et 6.000 fr. d'amende ; Jules Antoine, à treize mois de prison et 6.000 fr. d'amende ; la veuve Drouville, à quatre mois et 3.000 fr. d'amende ; Henri Polet à, deux mois et 1.000 fr. d'amende pour recel. Son épouse, à un mois avec sursis et 1.000,fr. d'amende. 

René Florentin, 40 ans, lamineur à Pompey, qui acheta à la femme Drouville des chemises volées est condamné à un mois de prison et 1.000 fr. d'amende. Enfin, la femme Antoine, 23 ans, née Thérèse Willette, qui est en fuite, est condamnée par défaut à dix-huit mois de prison et 6.000 fr. d'amende. 


Les protagonistes de la première affaire :  


Marie Félix Martin André Blouet (né le 05/05/1915 à Corny-sur-Moselle-Moselle), résistant.  


Edmond Rémy (né le 08/05/1884 à Metz Moselle) marié à Eugénie Dalbin (née le 10/12/1891 à Noisseville-Moselle)


Edmond Louis Rémy (né le 5 juin 1913 à Noisseville-Moselle)


Paul Rémy (né le 23 septembre 1923 à Metz-Moselle)


Fiacre André Léon Lurquin (né le 26/05/1900 à Verviers-Belgique) marié à Jeanne Sarloutte (née le 1er juillet 1903 à Arnaville-Meurthe et Moselle)


Les protagonistes de la seconde affaire :  

Thérèse Antoinette Wilette (née le 22/01/1920 à Montigny-les-Metz Moselle) mariée à Jules Antoine (27/06/1913 Novéant-sur-Moselle), cantonnier au chemin de fer. Mariés en 1938 à Novéant-sur-Moselle.  

Elise Madeleine Jeanne Drouville (née le 03/03/1897 à Saint Benoît Meuse) veuve de Marie Camille Armand Drouville (20/05/1888 Lachaussée Meuse), maçon. Mariés en 1920 à Ozerailles Meurthe et Moselle. 
Le couple a eu trois enfants. 
Marie Camille Armand est mort le 28 04/1938 à Pagny.

René Georges Mounot (né le 20/03/1910 à Pagny) marié à Jeanne Marie Augustine Pister (01/01/1911 Charly-Oradour), ouvrier. Mariés en 1935 à Charly-Oradour (Moselle).
René était aussi arbitre de la ligue Lorraine de football. 


Henri Robert Polet le gendre à épousé Marguerite Marthe Drouville le 7 mars 1942 à Pagny. 
Ils ont divorcé en 1946. 


René Henri Florentin (né le 28/11/1899 à Lay-Saint-Christophe) marié à Alvina Braun (07/03/1900 Pompey), ouvrier. Mariés en 1920 à Pompey.  


Est ce qu’ils ont tous été en prison ? Si oui, ont ils profité de l’abandon de la prison Charles III à la libération pour s’évader ? Ont ils été réhabilités ?



L’écho de Nancy, journal collaborationniste dirigé par les allemands, remplaçant l’est républicain et l’éclair de l’est journaux anti nazis. 














Acte de probité

 


L’est républicain du 22 août 1896.


Monsieur Fricasse, chef de halte à Vandières, a trouvé un bracelet d’une valeur de 500 Fr. qu’il a eu le plaisir de rendre, quelques heures après, à madame Belin, également de Vandières, qui l’avait perdu en prenant le train.

Ce modeste serviteur, qui a déjà à son actif un grand nombre d’actes de délicatesse, n’a, comme toujours, voulu accepter aucune récompense.


Laurent Isidore Fricasse est né le 5 juillet 1855 à Vicherey (Vosges). 

Il est employé à la compagnie de l’est à Nancy quand il se marie le 17 octobre 1882 avec Justine Rappold. Elle est née le 8 août 1857 à Lembach (Bas-Rhin). Elle aussi habite Nancy où elle est cuisinière. 

Il est affecté dans plusieurs gares de la région, il est à Varangéville en 1891, à Vandières en 1896, à Faulx en 1906 puis à Bayon en 1911 pour sa retraite. 

Il meurt le 1er novembre 1917 à son domicile de l’avenue de la gare à Bayon, à l’âge de 62 ans. 

Sa veuve meurt le 23 novembre 1945 à Bayon à l’âge de 88 ans. 









02/08/2026

Nos Villages Lorrains : sommaires numéros anciens


Je suis en train de compiler tous les articles de la revue Nos Villages Lorrains qui concernent Vandières.

Le tableau est complet pour toutes les personnes intéressées. Tableau 


Que de travail de la part des rédacteurs pour proposer aux lecteurs de la revue près de 400 articles sur notre village depuis septembre 1981. 

J’ai différencié les articles en deux catégories :

Les articles rédigés à partir de différentes archives. 

Les extraits de journaux et de documents divers. 


À tous ces documents écrits viennent s’ajouter de nombreuses illustrations sous forme de dessins, photographies et cartes postales. 


Numériser tous ces articles a été un travail de longue haleine mais aujourd’hui c’est terminé. 

Je mets aussi à votre disposition les sommaires de tous les numéros depuis le numéro 1 pour tous les villages. 


J’ai la chance d’avoir des articles publiés depuis quelques années (articles en bleu à partir du Nº166). 


Aujourd’hui Nos Villages Lorrains a dépassé les 45 ans et le numéro 184 vient d’être distribué. 


Tout ce travail de recherche et de rédaction a été récompensé par l’académie Stanislas le 23 janvier 2022. 

C’est plus de 3000 pages d’histoire relatant sur plusieurs siècles la vie des petits villages de Vandières, Villers sous Prény, Prény, Arnaville, Bayonville, Onville, Vandelainville, Arry entourant  Pagny sur Moselle, ville où est née la revue.


Je tiens à remercier tout particulièrement Jean Marie Wantz qui m’a permis de compléter ma collection. 


Sommaires de Nos Villages Lorrains

du N°1 au N°16 : sommaire 1

du N°17 au N°24 : sommaire 2

du N°25 au N°36: sommaire 3

du N°37 au N°48 : sommaire 4

du N°49 au N°60 : sommaire 5

du N°61 au N°72 : sommaire 6

du N°73 au N°84 : sommaire 7

du N°85 au N°96 : sommaire 8

du N°97 au N°108 : sommaire 9

du N°109 au N°120 : sommaire 10

du N°133 au N°144 : sommaire 11

du N°145 au N°156 : sommaire 12

du N°157 au N°167 : sommaire 13

du N°168 au N°179 : sommaire 14



Une famille face à la guerre. Famille Fayon

 


Henri Fayon est né le 13 août 1859 à Vandières.

Il est le fils de François Fayon, propriétaire à Vandières et Madelaine Durand. Le couple s’est marié le 9 janvier 1855 à Pagny sur Moselle, ville d’origine de Madelaine. 


Henri épouse Eugénie Petitjean à Vandières le 6 février 1889. Elle habite Prény où elle est née le 15 mai 1854. 

Le couple a deux enfants, Marie Joséphine née en 1891 et Joseph Émile né en 1892. 

A la veille de la guerre, ils habitent rue de Pagny. Émile aide son père à la culture des vignes et sa sœur est repasseuse. 


Émile effectue son service militaire au 79ème régiment d’infanterie à Nancy quand la mobilisation est proclamée. 


Henri, sa femme et sa fille se retrouvent bloqués en zone occupée par les allemands. 

Le 27 septembre 1914, il est arrêté et conduit comme otage par l’occupant à Pagny sur Moselle en même temps que l’abbé Mamias et que François Durand, eux aussi habitants de Vandières. 

Il seront fusillés le 29 septembre dans un verger de Bayonville. Trois commis agricoles seront leurs compagnons d’infortune. 

Eugénie Petitjean, sa veuve, meurt le 11 avril 1917 à l’âge de 63 ans et sa fille la rejoint quelques mois plus tard, le 9 décembre 1917, elle n’a que 26 ans. 


Lors de son retour à Vandières après quatre années de présence au front, Joseph Émile Fayon a la douleur d’apprendre que toute sa famille a trouvé la mort.

Il a participé à toutes les batailles depuis août 1914 à Morhange jusqu’à l’Aisne en 1918 en passant par la Belgique et les Vosges. 

Il fait preuve de bravoure à de nombreuses reprises ce qui lui vaut d’être décoré de la croix de guerre, de la médaille militaire puis de la légion d’honneur en 1957. 

Blessé à deux reprises, il apprend la signature de l’armistice depuis l’hôpital militaire où il est en convalescence. 

Il reprend peu à peu une vie normale à Vandières où il se marie en 1920 avec Marie Marguerite Pinot qui lui donnera deux enfants. Ils vivent rue nationale jusqu’en 1971, année du décès d’Émile. 


Henri Fayon a été décoré de le légion d’honneur à titre posthume et l’ancienne rue de la cour a été rebaptisée rue Henri Fayon. 








Le froid polaire de 1879


Le moniteur de la Moselle du 10 décembre 1879. 

Après la neige qui est tombée en abondance, le froid sévit maintenant avec une intensité extrême. 

L’hiver de cette année semble devoir faire époque dans les annales météorologiques. A Metz, dans la nuit d’hier lundi, le thermomètre est descendu jusqu’à -18 degrés, et le maximum de la journée n’a pas été inférieur à - 12°. La Moselle est recouverte d’une couche de glace très-épaisse. 

De tous les points de l’Europe, on signale d’abondantes chutes de neige. Les relations télégraphiques, qui s’étaient trouvées un moment interrompues entre Paris et la plupart des villes de France ainsi qu’avec  l’Allemagne et l’Italie, sont maintenant rétablies. Mais les trains de chemins de fer continuent à éprouver des retards, aussi recevons-nous très-irrégulièrement nos journaux et nos correspondances. 

Ce matin, à 7 heures, le thermomètre marquait encore 17 degrés au-dessous de zéro. 



La vague de froid de décembre 1879 est considérée comme l’un des épisode hivernal le plus rigoureux de l'histoire de France. À Nancy, cet événement exceptionnel a marqué les esprits avec des températures polaires extrêmes. Autour de Nancy, le thermomètre est descendu jusqu'à -30 °C, le pic de froid ayant été mesuré le lundi 8 décembre 1879.

Cette vague de froid a paralysé une grande partie du pays. 

Début décembre, d'immenses tempêtes ont enseveli le nord, le centre et l'est de la France sous plus d'un mètre de neige par endroits. Toutes les rivières et fleuves de l'Est (dont la Meurthe et la Moselle) ont entièrement gelé. La glace était assez épaisse pour que les habitants traversent à pied.

Les communications ont été coupées, l'eau gelait au fond des puits et l'approvisionnement en bois ou en charbon est devenu impossible à cause du blocage des trains et des canaux.

La vague de froid la plus intense suivante est celle de février 1956 avec seulement -24,8°C, soulignant le caractère totalement hors norme de l'hiver 1879.


À Nancy, le dégel brutal de janvier 1880 a transformé la Meurthe en un torrent dévastateur, provoquant une crue de débâcle violente qui a profondément marqué la région.

Les plaques de glace épaisses qui recouvraient la rivière en décembre se sont brisées sous l'effet du redoux. En descendant le courant, ces blocs massifs ont créé des barrages naturels au niveau des ponts et des rétrécissements de la rivière. Bloquée par ces barrières de glace, la Meurthe est immédiatement sortie de son lit. La prairie de Tomblaine et toutes les zones basses en amont et en aval de Nancy ont été instantanément submergées sous des mètres d'eau glacée.



Le progrès de l’est des 4 et 5 janvier 1880. 

L’inondation a causé de grands dégâts aux Grands-Moulins et à la verrerie de la rue Sainte-Catherine à Nancy, où les glaçons ont renversé un mur, et endommagé beaucoup de marchandises. Les personnes qui ont éprouvé les pertes les plus importantes sont : M. Gaudchaux-Picard, filateur aux Grands-Moulins, 35,000 francs de dégâts. MM. Grégoire, Bourgeois , Spire , chacun 5,000 francs. La verrerie compte pour 15,000 francs de dégâts. 

Les différents habitants des deux rives ont subi des pertes dont le total se monte à environ 20,000 fr. 


À Pagny-sur-Moselle, la débâcle a commencé dans la nuit du 1er janvier. 

On voyait flotter des glaçons qui avaient quarante centimètres d’épaisseur, sur cinquante mètres de longueur et six à dix mètres de largeur. Un hangar de l’usine de M. Rehm, fabricant d’allumettes, a failli être entraîné par les glaçons. On parvint à le maintenir au moyen de cordages solidement fixés. 

Les dégâts causés à ce hangar s’élèvent à près de 800 francs. Le bac de la commune qui n’avait pu être retiré à temps, a éprouvé de fortes avaries. 

À Arnaville, les eaux du Rupt-de-Mad, ont été refoulées par les eaux de la Moselle et sont venues submerger le bas du village. Dans plusieurs maisons, il y avait 1 mètre 20 d’eau. 

Les habitants d’une maisonnette située près du Rupt-de-Mad n’osèrent pas sortir dès le commencement de la crue. L’eau s’éleva jusqu’au premier étage et les habitants qui s’étaient réfugiés dans le grenier durent se nourrir pendant deux jours avec des pelures de pomme de terre. On put enfin arriver en barque jusqu’à leur maison et leur porter des vivres. 

Le 2 janvier, à Pont-à-Mousson, l’eau a atteint une hauteur de près de deux mètres dans les rues basses de la ville. La brigade de gendarmerie a monté à cheval et a parcouru les rues inondées pour organiser les secours et porter des vivres aux familles qui ne pouvaient sortir de leurs maisons. Le colonel du 4e hussards a mis à la disposition de la gendarmerie un certain nombre de cavaliers pour faciliter la rapidité des secours. L'eau a commencé à se retirer vers 4 heures. La hauteur atteinte par l’inondation dépasse de 38 centimètres les plus fortes crues que l’on ait vues depuis 1844. On ne signale d’aucun endroit des accidents de personnes, mais les dégâts matériels sont partout très considérables. 

On nous écrit de Haroué: la fonte des neiges a de nouveau fait déborder le Madon dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Toute la plaine ne forme qu’une immense nappe d’eau au milieu de laquelle le lit de la rivière ne se dessine que par les deux lignes de saules qui là bordent. 

Les eaux charrient d’énormes glaçons qui viennent battre avec fracas les arches du pont, se heurtent avec violence contre les arbres dont la plupart, par suite du choc, sont privés de leurs cimes. 

Les communications ont été interrompues et on n’a reçu aucune dépêche le jour du nouvel an. 

Les eaux ont commencé à se retirer vers deux heures de l’après-midi. Mais elles ont laissé derrière elles des montagnes de glaçons qui gênent la circulation. Ainsi les routes d’Affracourt et de Tantonville, ainsi que la rue de la partie basse d’Haroué, en sont littéralement couvertes. Demain les cantonniers, avec des ouvriers, doivent procéder au déblaiement. 

Le lavoir public de Haroué a été enlevé par le courant. 

La débâcle de la Vezouse a occasionné l’inondation partielle de la ville de Blâmont jeudi matin, malgré les travaux qui avaient été exécutés d’après les ordres de la municipalité qui cependant avait pris toutes les mesures de prudence usitées en pareil cas. 

Grâce au dévouement et à l’activité de M. Brice, maire, qui a passé la plus grande partie de la nuit sur les lieux menacés, on a pu éviter des dégâts plus considérables. 

Il y avait 0,80 cm d’eau sur la place principale et la rue de Domèvre était transformée en un véritable cours d’eau charriant des glaçons énormes 

Une passerelle établie en aval de la ville a été rompue, malgré toutes les précautions prises pour la préserver. 

On s’accorde généralement à penser qu’un, débouché plus convenable du pont construit sur la route nationale, dans l’intérieur même de Blâmont, aurait pu diminuer sensiblement les effets de l’inondation.