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18/04/2026

De Vandières à San Francisco




Extrait du registre des actes de l’État civil année 1867 - F. 6
ème - Nº10. 

Du lundi dix huitième jour du mois de février mil huit cent soixante sept à midi.

Acte de décès de Alexis Liébaut, ancien militaire, chevalier de la Légion d’honneur, résident temporairement à San Francisco, y est décédé le seize février mil huit cent soixante sept à deux heures quinze minutes du matin, âgé de 65 ans passés, né le 6 juillet 1801 à Vandières (Meurthe). 

Sur la déclaration à nous faite par MM. Francois Ami Borel, négociant, âgé de 43 ans, demeurant à San Francisco et Louis Debraux, courtier, âgé de 55 ans demeurant à San Francisco.

Qui ont signé après lecture faite.

Signé F.A. Borel - L Debraux.

Constaté par nous, Charles Ferdinand De Cazotte consul de France à San Francisco, officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur, faisant fonction d’officier de l’État civil.

Signé Cazotte.

Pour extrait conforme.

San Francisco le 20 février 1867.

Le Chancelier

Signé F. Belcourt

Vu pour l’égalisation de la signature apposée d’autre part de M. F. Belcourt, chancelier de ce consulat.

Le consul de France

Signé Cazotte

Paris le 31 juillet 1867.

Vu au ministère des affaires étrangères

Pour le sous directeur chef de la chancellerie

Signé Dubois

Pour copie certifié conforme à l’extrait

Vandières le trente décembre mil huit cent soixante sept

Le maire de Vandières 

Dominique Pinot


Alexis Liébaut est né le 17 messidor de l’an neuf de la république (6 juillet 1801) à six heures du soir. 

Son père François, vigneron s’est marié à Vandières en juin 1783 avec Marguerite Couriaux.

Les témoins de la naissance sont Alexis Thiery le jeune, meunier âgé de vingt deux ans et Catherine François, épouse au citoyen Jean Grandidier, commerçant, âgée de trente sept ans, tout deux domiciliés audit Vandières. Les deux témoins ont signé, le père à déclaré ne pas savoir écrire. 

La naissance est constatée par Pierre Dardaine, maire de la commune faisant les fonctions d’officier public de l’état civil.  


En 1854, Alexis, sergent au 45ème régiment d’infanterie, prend sa retraite après 31 ans, 6 mois et 26 jours de service.


Hôtel El Dorado avant dernier bâtiment à droite 

En 1862, il habite à San Francisco, 16ème rue, il habite l’hôtel El Dorado. Adélie Liébaut habite avec lui, il a pu se marier aux états unis, je n’ai pas trouvé de mariage en France. Il est enregistré comme propriétaire, mais sans plus de précisions. 

En 1864, il est présent aux célébrations du 15 août organisées par l’importante communauté française de la ville. 

Il restera en californie jusqu’à son décès. 


Le constitutionnel du 2 octobre 1864. 

Nous trouvons dans l'Echo du Pacifique les intéressants détails qui suivent, sur la célébration de la fête du 15 août à San-Francisco : Jamais la population française de San Francisco n'avait montré tant d'élan qu'hier. A la voix de son représentant qui l'avait invitée à une messe solennelle en l'honneur de Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, elle s'était levée en masse et était accourue. Certes, depuis treize ans nous avons assisté à bien des fêtes françaises en Californie, mais, nous ne craignons pas de le dire, aucune, à notre avis, n'avait été si complète que celle-ci. Tous les éléments de notre nationalité, quels qu'ils soient, avaient voulu être représentés là. On se pressait, on s'entassait dans l'église Notre- Dame-des-Victoires, mais tous n'avaient pu y trouver place, et dehors il y avait peut-être plus de monde encore. L'intérieur de l'église, préparé pour la circonstance, offrait un coup-d'œil magnifique. L'autel, tout couvert de fleurs, tout entouré de guirlandes de lauriers, abrité par deux immenses drapeaux tricolores, était admirablement paré. Au-dessus, la couronne impériale, placée sur un coussin de velours vert, était soutenue par deux aigles qui, avec des foudres, tenaient dans leurs serres le grand-cordon de la Légion-d'Honneur, orné d'une croix avec ces mots : Honneur et Patrie. Des deux côtés, les pilastres de l'autel étaient surmontés de médaillons supportant des aigles d'or, ayant au centre des N couronnés et dans l'exergue desquels on lisait, à droite : Bien protège la France, à gauche: Domine, salvum fat Napoleonem. Un détachement de quarante marins appartenant à l'équipage du transport le Rhin, en ce moment sur rade, est arrivé et s'est aligné dans l'allée du centre. M. Cottin, commandant de ce bâtiment, suivi d'une partie de ses officiers, passant dans la haie formée par ses hommes, est allé prendre place en avant, sur un siège réservé à côté de celui où bientôt après M. de Cazotte est venu s'asseoir. Les officiers de marine avaient, à droite, une banquette spéciale. Le consul de France, en grand uniforme, portant, avec la croix de la Légion-d'Honneur, plusieurs ordres étrangers, et entre autres la croix de commandeur de l'ordre royal et distingué de Charles III, dont il a été récemment honoré, est entré, suivi de M. Ceruti, consul de S. M. le roi d'Italie, en grande tenue; de M. Forest, chancelier du consulat de France; de M. Huant, capitaine des sapeurs-pompiers français, et des officiers de cette compagnie. Tous ont pris place dans des sièges réservés en avant de l'autel. La belle Compagnie Lafayette qui, pour la première fois depuis onze ans qu'elle existe, avait voulu assister à cette fête en l'honneur de l'Empereur, et qui, pour honorer notre consul, son président, avait été le chercher chez lui et l'avait escorté en entrant dans l'église, a ouvert ses rangs, une ligne est allée occuper l'allée de droite, l'autre celle de gauche : ses sapeurs, ses porte-drapeaux se sont rangés sur les marches de l'autel et ses officiers dans une banquette à gauche disposée à cet effet. La messe commençait en ce moment ; le père Auger, curé de Sonora , officiait. Il a dit quelques belles et nobles paroles à la fin de son sermon en l'honneur de « celui qui dirige » actuellement les destinées de la patrie et » dont la fête , pour preuve que Dieu protège la France, a précisément lieu le jour de la fête de la mère de Dieu fait homme. L'orgue était remplacé par un orchestre puissant et complet, sous l'habile direction de M. Evans, et il va sans dire que cette messe a été chantée avec une solennité et un ensemble parfaits. Là, dans cette église où tant de jeunesse s'entassait, nous avons vu avec bonheur quelques vétérans du premier empire : le bon vieux M. Alexandre, avec ses 78 ans, portant la médaille de bronze de Sainte-Hélène; l’honorable M. Alexis Liébaut, ancien sous-officier, chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur, âgé de près de trois quarts de siècles; d'autres encore dont les noms nous échappent ou nous sont inconnus. C'était une belle et grande manifestation. La joie était sur tous les visages, et la population américaine était représentée là par des centaines de ses concitoyens. Le port de San-Francisco avait aussi un air de fête; les nombreux navires français à l'ancre ou amarrés aux wharfs avaient déployé tous leurs drapeaux. Le coup d'œil était remarquablement gai au wharf Vallejo, où plusieurs navires sont réunis, et au large, dans la direction du navire de guerre le Rhin. Plusieurs drapeaux étrangers, parmi lesquels celui-d'Italie, avaient été hissés en cette occasion. A l'heure où nous mettons sous presse, les salons de M. de Cazotte, à South-Park, contiennent une partie de l'élite de notre population , invitée par notre consul et empressée de répondre à son appel. 



Louis Debraux est mort le 2 mai 1869 à l’hôpital français à l’âge de 59 ans il exerçait le métier de greffier.  

François Ami Borel était vendeur chez  Michelssen, Brown & Co sur Harlan place. 

Charles De Cazotte, consul de France avait ses bureaux sur Jackson street et habitait South Park. 

Jules Belcourt, chancelier du consulat de France habitait au consulat sur Jackson street. 

Wharfs: ponton

11/04/2026

Une autre carte du front


Une nouvelle carte envoyée depuis le front, celle ci par un soldat du 341ème  régiment d’infanterie. 

La vue est la même que celle de mon précédent article publié le 22 novembre 2025. 


Elle a été envoyée par Maurice Colombaz le 11 juin 1915. 

X….. vendredi 11 juin.

Vite quelques mots avant d’aller reprendre la tranchée de première ligne pour 24 heures.

Les nuits sont assez mouvementées. J’ai eu hier soir deux camarades de blessés à mes côtés.

Espérons que cela finira bientôt.

Je vous adresse mes amitiés.

Maurice Colombaz

341è infanterie 34 è compagnie 2è section secteur 112 à Mr et Me Édouard Delespaul, 38 avenue du prado à Marseille (BdR)


Alfred Maurice Louis Colombaz est né le 27 février 1892 à Rougemont (Doubs) mais habite avec ses parents à La Seyne (Var). 

Malgré une exemption au service militaire pour faiblesse, il est déclaré bon pour le service en octobre 1914. 

Il rejoint 7ème régiment d’artillerie à pied le même mois. Il est transféré au 341ème  régiment d’infanterie en février 1915. 

Le 341ème est constitué des bataillons de réserve du 141ème, il est crée en août 1914. 

Formé à Marseille, le régiment arrive à Saint Mihiel le 22 août 1914.


Le 5 juin 1915, le régiment, après avoir passé l’hiver dans le secteur des Paroches (Meuse), cantonne à Lahaymeix (Meuse) et se prépare pour le départ. Le lendemain, il rejoint les quais d’embarquement pour changer de secteur. Le départ s’effectue en deux groupes.

Le premier groupe embarque à Longeville (Meuse) le matin du 7 juin et arrive à Toul à 11h30. Il cantonne provisoirement à Chaudeney avant de repartir à 19h pour Manonville. Le second groupe prend la direction des quais d’embarquement de Nançois (Meuse) et arrive à Toul à 14h30. Il cantonne provisoirement à Dommartin avant de partir pour Manonville à 19h.


Le matin du 8 juin, tout le régiment prend la route de nuit pour Saint-Jean, où il bivouaque. Certains bataillons rejoignent les tranchées de première ligne à Limey. Les jours suivants, les bataillons se succèdent en première ligne depuis les abris du ravin Saint-Jean. 

Chaque jour apporte son lot de victimes évacuées vers l’arrière. Le 10 juin, Léopold Marc Minuty  et Fernand Hippolyte Benjamin Roussel (1884-1915) de la 17ème compagnie sont blessés par des éclats d’obus. Ils meurent de leurs blessures quelques jour après à Manonville. 

Ce rythme se poursuit pendant de nombreuses semaines. En avril 1916, Maurice est envoyé renforcer le 312ème régiment d’infanterie. En juin, le régiment prend la direction de Verdun pour défendre le terrible secteur du Mort-Homme. 


Chattancourt après la guerre 

Maurice est déclaré disparu le 28 décembre 1916 à Chattancourt (Meuse) alors qu’il est mitrailleur à la 6ème compagnie de mitrailleuse commandée par le lieutenant Gaston Souchu. 

Il a été fait prisonnier et envoyé en Allemagne d’où il sera rapatrié début décembre 1918. Il revient affecté de problèmes pulmonaires qui lui vaudront une pension. Il sera quand même rappelé en septembre 1939 mais sera vite renvoyé dans ses foyers. 









31/03/2026

L’assemblée générale des planteurs de houblon de Meurthe-et-Moselle

 

Récolte du houblon à Vandières

L’éclair de l'est du 10 mars 1937.

Samedi 27 février, à 14 h. 30, les membres du Syndicat des planteurs de houblons de Meurthe-et-Moselle ont tenu leur assemblée générale à Nancy, sous la présidence de M. le sénateur Urban, président du syndicat des planteurs de houblons d’Alsace. MM. Gruet, directeur des Services agricoles et Chevalier, professeur à l’école de brasserie, étaient présents. 

M. Urban donne immédiatement la parole à M. Julien, maire de Custines, président du Syndicat. Avant de remercier les autorités et personnes présentes, M. Julien rend un hommage public et bien mérité à la mémoire de M. le sénateur Michel, qui un grand ami des planteurs de houblons et présidait, chaque année la réunion. Puis il fait un court exposé de la situation des houblons dans le département. Il comprend le découragement des planteurs de voir leur houblon diminuer de valeur alors que les autres produits du sol augmentent. Il met les planteurs en garde contre certains spéculateurs peu scrupuleux qui profitent de la crédulité ou des besoins de certains planteurs pour acheter des lots à des prix de famine, sur lesquels les cours s’établissent. Il ne doute pas de l’intervention de M. le sénateur Urban près dés pouvoirs publics pour la revalorisation des houblons français dans un avenir prochain; son titre de président du groupe inter- parlementaire des houblons en est un sûr garant.  

M. Gruet rend compte des impressions qu’il a rapportées de sa tournée chez les planteurs de houblons inscrite au concours organisé par le syndicat. En général, là cueillette et le séchage ont été négligés cette année. Il insiste sur la nécessité de présenter une marchandise impeccable et d’améliorer la qualité des produits. 

M. Chevalier confirme les dires de M. Gruet et donne aux planteurs les plus utiles conseils sur la cueillette et le séchage du houblon. Il est à souhaiter, pour le bon renom de notre culture lorraine, qu’une collaboration plus étroite entre planteurs et marchands de houblons permette les améliorations nécessaires, pour le plus grand profit des deux parties. 

A son tour, M. le sénateur Urban, heureux d’avoir pu répondre à l’invitation du syndicat, estime que la situation critique dans laquelle se débat la culture du houblon de France nécessite plus que jamais que les planteurs resserrent leurs rangs. 

Il compare la situation actuelle avec celle d’avant-guerre et constate qu’à une surface de 3.000 hectares, à laquelle il faut ajouter plus de 4.000 hectares pour l’Alsace, correspond aujourd'hui et depuis cinq ans une surface de 2.000 hectares pour toute la France, parce que depuis 1929. les prix payés n’ont plus atteint les frais de production. 

La raison de cette situation désastreuse se trouve dans la négligence des pouvoirs publics pour cette vieille culture industrielle qui se traduit par l‘insuffisance des droits de douane à l‘importation. Il a proposé au gouvernement, mais en vain, l’allocation de primes de culture telles qu’elles sont attribuées à la culture du lin et du chanvre et qui s’élèvent pour celle-ci à 26 millions pour 1937. 

Enfin il voudrait qu’on rende obligatoire dans une certaine proportion l’utilisation des houblons français par notre brasserie, à laquelle serait subordonnée l’obtention de licences d’importation. 

M. Charles Poirot donne lecture du compte rendu financier et remet les récompenses et les diplômes aux lauréate du concours de 1936, dont voici les noms :


Première catégorie. Houblon précoce :


Premier prix : M. Julien de Custines.  

Deuxième prix : M. Poirot, de Magnières. 

Troisième prix : M. Huilier, de Vandières.  

Quatrième prix : M. Chapelier, de Vandières. 

Cinquième prix : M. André, de Gerbéviller. 

Sixième prix : M. Bertrand, de Gerbéviller. 

Septième prix ex aequo : M. Hatrisse, de Vandières, M. Hietter, de Vandières, M. Picquot, de Lucey. 

Huitième prix : M. Baudier, de Vandières. 

Neuvième prix : M Lhuillier, de Deuxville.  

Dixième prix ex aequo : M. Naudin, de Vandières, M. Pinot, de Vandières. 

Onzième prix ex aequo : M. Jacquemin, de Sommerviller, M. Jacob, de Gerbéviller, M. Moine, de Gerbéviller. Douzième prix : M. François de Vandières.  

Treizième prix : M. Gille, de Vandières.


Deuxième catégorie. Houblon tardif 


Premier prix : M. Jacquemin, de Sommerviller. 

Deuxième prix : M. Picquot, de Lucey.  

Troisième prix : M. Chapelier, de Vandières.  

Quatrième prix ex aequo : M. Gille, de Vandières, M. Baudier, de Vandières. 

Cinquième prix ex aequo : M. Hatrisse, de Vandières, M. Naudin, de Vandières. 

Sixième prix : M. Hietter, de Vandières. 

Septième prix : M. Francois, de Vandières. 

Huitième prix : M. Huilier, de Vandières.  

Neuvième prix : M. Jacob, de Gerbéviller. 

Dixième prix ; M. Tassin, de Maidières-les-Pont-à-Mousson.  

Onzième prix : M. Tousseul, de Villacourt.  

Douzième prix. ; M. Gorius, de Vandières.


M. le sénateur Urban adresse encore quelques encouragements aux membres de l’assemblée et lève la séance. 


D’après le recensement de population de 1936, les récompensés peuvent être :

Eugène Gorius, rue Lanciaux. 

Léopold François, rue Saint Jean ou Lucien François, rue Lanciaux. 

Charles Huillier, rue Saint Pierre.  

Eugène Chapelier, rue nationale. 

Henri Hietter, rue nationale. 

Pinot  Jean,  rue nationale. 

Paul Gille, rue Henri Fayon.  

Pierre Baudier rue Saint Pierre. 

Roger Gabriel Eugène Hatrisse, rue Saint Jean.  

Emile Naudin, rue Saint Pierre.






 


24/03/2026

L’agriculture Lorraine à l’honneur

 


L’est républicain du 3 septembre 1931. 


M. Robert Gilliard, ingénieur en chef du Génie rural, vient d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur. 

Cette heureuse nouvelle sera accueillie avec une joie très vive par la grande famille agricole lorraine, à laquelle M. Guilard appartient depuis plus de quatre ans. 

M. Robert Gilliard est, en agriculture, un technicien, un « scientifique ». 

Sorti de l'Institut National Agronomique en 1910, il fut reçu, le 1er juillet 1911, au concours pour le grade d'ingénieur stagiaire du génie rural, et affecté a cette date, à la circonscription d’Orléans. Puis il alla dans la Creuse, et passa, le 1er novembre 1918, dans le département de l'Aisne, en qualité d’ingénieur. Outre son service normal, il y dirigea, pendant huit années, le contrôle des coopératives de reconstruction comprenant 450 sociétés. Il contribua également à l'électrification de ce département en créant de nombreux syndicats de communes. Par sa large compréhension des problèmes agricoles, par son commerce assidu avec les intéressés, par son inlassable activité, il s'attira la sympathie générale. Cette sympathie se manifesta d'ailleurs sous forme de profonds regrets, lorsque, le 1er janvier 1927, il quitta l'Aisne pour assurer, à Nancy, les fonctions d'ingénieur en Chef, il succédait à M. Préaud, aujourd'hui directeur du Génie rural au ministère de l'Agriculture. 

Son service s'étend aux départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosges ainsi qu'au territoire de Belfort. Sa tâche est vaste, multiple. Elle a pour but, en effet, de compléter la construction des réseaux de distribution d’énergie électrique et d'entreprendre les travaux d'améliorations foncières du sol, drainage, chemins ruraux, remembrement, indispensables à la prospérité de l'Agriculture Lorraine. 

C'est à lui que l'on doit la réalisation du premier syndicat de communes de distribution de gaz dans la vallée du Rabodeau et l'extension du réseau de l’usine à gaz de Pont-à-Mousson aux communes de Norroy, Vandières et Pagny-sur-Moselle. Il apporte un soin tout particulier à l'intensification des travaux de remembrement, si nécessaires à la terre lorraine où l'enchevêtrement des parcelles et l'absence de chemins 

entravent la liberté de l'exploitation et constituent un véritable impôt prélevé sur les cultivateurs. 

Dans la Meuse et dans les Vosges, il encourage et développe la création des usines coopératives agricoles (fromageries, laiteries), et, chargé par M le préfet Magre de la liquidation des coopératives de reconstruction, il accomplit sa mission avec tant de succès que 50 sociétés sur 206 attendent l'heure de cette liquidation. 

Mais M. Gilliard n'est pas l'homme d’une formule. Son oeuvre, vivante et fécondé, s'inspire d'un rare éclectisme. Elle nous le montre tour à tour ambassadeur, journaliste, conférencier L'an dernier, il fut envoyé en mission au Danemark, accompagné des membres de l’Union des Syndicats Agricoles Vosgiens. Il a donné de ce voyage d'études une relation substantielle et très applaudie au cours d'une réunion de la Société Centrale d'Agriculture de Meurthe-et-Moselle. Ses articles de vulgarisation, dans le « Bon Cultivateur de l’Est », sont fort appréciés, et ses exposés, aux divers comices, toujours écoutés avec une solide attention.  

Rôle très lourd, certes, mais fait pour l’homme, qui le supporte sans faiblir et le joue avec beaucoup d'aisance et de simplicité.. 

Nous sommes heureux d'adresser au jeune et nouveau chevalier, déjà officier du Mérite agricole, nos félicitations les plus empressées pour la haute distinction dont vient de l'honorer le gouvernement de la République. 


Georges Robert Charles Gilliard est né le 12 mai 1889 à Paris rue boisière dans le 16ème arrondissement. Il est le fils de Georges Gilliard, banquier et de Virginie Antoinette Daquet son épouse. 

Il commence sa carrière d’ingénieur du génie rural en 1909

Sa première affectation est Laon (Aisne) où il réside rue de la république. 

Dès 1919 il prend part à l’estimation des travaux de reconstruction dans le département de l’Aisne. 

En 1920, il est fait chevalier dans l’ordre du mérite agricole. 

Il se marie le 6 juin 1922 à Tavers (Loiret) avec Suzanne Marie Juliette Cécile Mirault. 

Il prends ses fonctions à Nancy en janvier 1927, il habite avenue de Boufflers avec son épouse et leur fille Colette née en 1925 à Laon. 

Le 7 août 1931, Il est décoré de la légion d’honneur au grade de chevalier. 

Il doit quitter la Lorraine en 1933 pour des raisons de santé, après avoir ardemment travaillé à l’amélioration des techniques agricoles (Remembrement,drainage…) mais aussi des conditions de vie des agriculteurs. 

Il va habiter à Pau (Basses Pyrénées) où il continue son engagement pour l’agriculture jusqu’à sa retraite en mai 1954. 

Il décède à Pau le 7 novembre 1962 à l’âge de 73 ans.