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30/05/2026

Le terrible orage de l'été 1875


Le progrès de l’est du 5 septembre 1875. 

Vendredi dernier, le matin, le ciel était couvert, un énorme nuage noir coupé, à lignes très droites, gros de pluie et de grêle, était arrêté au-dessus de Pont-a-Mousson. Tout à coup, vers 8 heures retentit un effroyable coup de tonnerre (le seul) et en même temps un terrible éclair sillonne les airs. La foudre était tombé en plusieurs endroits, notamment sur une des tours du séminaire, où elle a fait, à la hauteur de la corniche, des dégâts assez considérables et sur le paratonnerre qui surmonte la grande cheminée de l’usine de MM. Bastien frères, marchands de cuirs.

L’orage fut ainsi dissipé subitement et nous en avons été quittes pour cette force secousse et quelques gouttes de pluie. 

Dans l’après-midi du même jour, vers quatre heures, nos voisins de Prény et de Pagny-sur-Moselle, eurent à supporter un violent orage accompagné d’une grêle épouvantable qui a détruit à peu près complètement la récolte des vignes à Prény, et l’a considérablement réduite à Pagny, sans compter les ravages supportés par les houblonnières, les champs d’orge, d’avoine, de betteraves et de pommes de terre et une véritable inondation, par suite de l’abondance d’eau tombée, qui a jeté la terreur dans Pagny. 

Nous nous sommes rendu, sur les lieux et nous avons pu juger de visu de la grandeur des dégâts. 

A Prény, les vignes sont dans un état pitoyable. Cette récolte si belle, si bien préparée qui avant deux mois aurait été dans les tonneaux, sur laquelle les malheureux vignerons comptaient pour réparer les mauvaises années qui ont précédé est perdue, ou peut s’en faut. 

On nous a dit qu’on estime la perte dans le ban de Prény à 200 000 francs. Quelques vignes sont bouleversées et profondément ravinées, les ceps sont arrachés, les graines jonchent la terre, les feuilles sont littéralement hachées et ce qui en reste est déjà jaune. On croirait à les voir, que l’on est en plein mois de novembre. C’est un affreux contraste avec les vignes des bans voisins qui n’ont pas été touchées par le fléau et qui ont de belles feuilles vertes presque trop abondantes.

Les vignes du ban de Pagny ont été plus épargnées; néanmoins les dégâts sont grands, aussi il y a un tiers de la récolte perdu, dans certains endroits la perte est de moitié. De superbes houblonnières gisent à terre, les perches ont été brisées par la tourmente. On nous cite un propriétaire qui supportera, tant dans ses houblonnières que dans ses vignes, une perte de 30 000 fr. Les betteraves sortent maintenant de terre, tout à fait dénudées de feuilles, elles ne grossiront plus. De l’orge et des avoines qui n’étaient pas encore coupées il ne reste plus que de quoi faire un peu de litière. Les dégâts commencent à se constater un peu après Vandières, la ferme de Moulon a été fort éprouvée. 

Cette masse d’eau descendant de la montagne a fait soudainement irruption dans Pagny, dont les rues étaient transformées en torrents qui entraînaient tout. 

Il n’y a eu aucun accident à déplorer. On a pu heureusement mettre à l’abri le troupeau du village qui rentrait précisément au moment de l’inondation dont les traces sont encore très visibles dans les rues, sur les chemins, et surtout dans les champs et les vignes qui sont remplis de pierres et ravinés. 

Vandières et Arnaville ont aussi été gravement atteints. 

Le même orage a exercé ses rayages jusque sur les territoires de Jaulny et Thiaucourt ont été cruellement éprouvés. 



À Arnaville, les pertes sont évaluées à 25 000 francs et la récolte est perdue complètement. 

À Pagny-sur-Moselle, un bon tiers de la récolte est perdu, les pertes s’élèvent à 200 000 francs. 

À Prény, l’ouragan a été tellement violent qu’il a déraciné et abattu des arbres, les pertes s’élèvent à 200 00 francs. 

À Vandières, l’orage n’a fait que passer, et les pertes sont évaluées à 10 000 francs. 

Ce qui fait pour ces communes une perte totale de 435 000 francs. 

16/05/2026

Officier allemand en bordée


 

L’est Républicain du 28 février 1901. 
Par le train qui passe à Vandières vers cinq heures et demi du soir, un individu correctement vêtu, mais en état d’ivresse, muni d’un billet Metz Nancy, profitant de l’arrêt du train à cette station, sortit de son compartiment et voulut prendre place dans la voiture du chef de train. Réintégré dans le compartiment qu’il occupait par le personnel de la gare, l’individu renouvela sa tentative en gare de Pont-à-Mousson, mais appréhendé, il fut enfermé dans les salles d’attente.
Monsieur Jacquinot, commissaire de police, aussitôt prévenu, envoya deux agents cueillir l’individu qui, dans l’intervalle, avait brisé les carreaux du local où il était consigné.
Conduit au bureau de M. le commissaire de police, le récalcitrant déclara se nommer Von Neurstein, ancien officier de l’armée allemande, domicilié route de la ronde, 38, à Devant-les-Ponts.
Le lendemain matin, Von Neurstein, complètement dégrisé, à avoué qu’il avait passé la journée à Metz, à boire le champagne avec des filles de brasserie, et que l’idée lui était venue de passer la nuit à Nancy. L’ex officier fut remis en liberté après avoir consigné dans les bureaux de la gare le montant estimatif des dégâts qu’il avait commis, sans préjudice à la double contravention qu’il avait encouru pour ivresse et tapage nocturne.

09/05/2026

Gel des vignes en 1885


Le progrès de l’est du 14 mai 1885. 


Un grand malheur vient de frapper les vignerons de notre contrée : Pagny-sur-Moselle, Prény, Villers, Vandières, Norroy, etc., sont ravagés par la gelée de ce matin ; il n'y a presque plus rien de reste, il paraîtrait aussi que le canton de Thiaucourt est perdu complètement. 

Heureux sont ceux qui ont fait leur provision de vin, car l’on peut s’attendre à une hausse très sensible avant peu de temps. Malheureusement, cette gelée de mai va encore être exploitée par nos réactionnaires cléricaux, ce sera un argument pour eux, ils ne manqueront pas de dite à nos naïfs paysans que c'est le doigt de Dieu qui nous châtié et qu’il faut ramener l'ancien régime pour ne plus être gelé au printemps. Agréez. 

On nous écrit de Frolois : Les vignes sont complètement gelées, c’est un désastre. La nuit du mardi 12 au mercredi 13 a été plus clémente. Oh nous annonce qu’il n’a pas gelé dans les environs de Nancy. 



L’espérance courrier de Nancy du 17 mai 1885. 


Les nouvelles qui arrivent du vignoble, sont navrantes. La gelée, toutefois, n’a pas sévi partout avec la même intensité ; aux environs de Nancy, notamment, Malzéville, Champigneulles, Bouxières, Dommartemont, Essey, Tomblaine, n’ont pas été trop maltraités.  

D’après l’aveu des vignerons de notre circonscription, si de nouveaux contre-temps ne se produisent, la récolte sera encore assez bonne. Malheureusement, c’est l’hiver qui parait revenir ! 

En revanche, les vignes d’Arnaville, Bayonville, Vandelainville , Onville , Vilcey-sur-Mad, Waville, et toute la colline en remontant sur Thiaucourt, sont presque entièrement gelées. Thiaucourt éprouve une perte de 5 à 600,000 fr. 

Détail surprenant : une partie du territoire de la commune de Vandières est complètement gelée, tandis que l’autre partie n’est que légèrement atteinte. 

Cela tient, croyons-nous, à la pluie mêlée de grêle qui était tombée la veille sur la partie de ce canton endommagé. 

Parmi les communes les plus éprouvées, on cite encore Liverdun, Frouard, Manonville, Pompey, Einville, Frolois, où il ne reste rien. Millery n’a, dit-on, perdu que la moitié. 

La matinée du 12 mai coûtera des millions à notre département. 

Dans le canton de Gerbéviller, notamment à Gerbéviller, Vallois, Moyen, Remenoville, Moriviller, et dans le canton de Bayon, à Rozélieures, etc., la gelée a tout détruit. A Hudiviller, près de Lunéville, il était tombé la veille un orage de grêle ; les grêlons non fondus sont restés dans les vignes et ont occasionné, assure-t-on au Courrier, un froid de 8 degrés. Aussi tout est-il ravagé. 

Il parait que, nulle part dans ce département, personne n’a fait la moindre tentative pour prévenir les effets de la gelée qu’il était cependant facile de prévoir. Pourquoi n’a-t-on pas eu recours à la fumigation ? 



03/05/2026

Un accident très mystérieux

 


L’éclair de l’est du 2 décembre 1913. 
Pagny-sur-Moselle. Tué par une automobile. 


Deux enfants se rendant lundi en classe à Vandières, trouvèrent un cadavre sur le côté de la route nationale n° 54, de Pagny-sur-Moselle à Pont-à-Mousson, à 300 mètres environ de Vandières. 
La gendarmerie se rendit sur les lieux et se trouva en présence du cadavre de Nivolet Léopold, âgé de 63 ans, habitant Pagny-sur-Moselle, le cuir chevelu était entièrement scalpé sur le côté gauche du crâne et rabattu sur le cou. Cet arrachement a été produit par  les roues d’une automobile, ainsi que le témoignent les traces sanglantes relevées sur la route sur un assez long parcours, le corps se trouvait sur l’accotement distant de 5 mètres environ d’une grande flaque de sang auquel se trouvaient mêlés deux ou trois dents, des poils de barbe et des cheveux placés en diagonale, la face contre terre, les bras repliés, le chapeau sur la tête. Ce n’est certainement pas Nivolet qui a pu se placer ainsi. 
Devant ces circonstances mystérieuses M. le docteur Maillard a refusé le certificat d’inhumation et la gendarmerie a fait avertir télégraphiquement le parquet à 11 heures du matin. 



L’éclair de l’est du 5 décembre 1913. 

Pagny-sur-Moselle. Tué par une automobile.


Nous avons relaté lundi la découverte du cadavre d’un sieur Nivolet, tamponné par une automobile sur la route de Vandières. Voici quelques détails supplémentaires : 

M Nivolet qui s’était rendu à Villers-sous-Prény avec une de ses filles, revenait tranquillement par le chemin de grande communication qui longe le ruisseau du Trey lorsque à la hauteur du Moulin de la Tuile, ils entendirent derrière eux le bruit d’une automobile. La jeune fille se jeta de côté et ne fut pas atteinte, mais son père, moins libre de ses mouvements, fut heurté par l’auto et jeté sur le fossé. 

Au lieu de s’arrêter, les automobilistes, qui cependant avaient eu le temps de s’apercevoir de l’accident, poursuivirent leur route à a même allure. La demoiselle Nivolet qui s'était portée au secours de son père, constata que ce dernier avait une partie du cuir chevelu arraché. 

Avec un peu d’eau prise au ruisseau voisin elle lava les blessures de son père qu’elle parvint à mettre debout et à accompagner jusqu’à Vandières. Arrivée là, elle le fit asseoir dans un café et lui fit prendre un cordial.  

Comme Vandières ne possède pas de pharmacie et que Pagny,  mieux partagé, n’est pas très éloigné (trois kilomètres), elle se rendit chez elle et prévint sa mère. 

Les deux femmes ayant pris ce dont elle avaient besoin revinrent au café où M. Nivolet avait été laissé ; mais il ne s‛y trouvait plus.

Intriguées, elles demandèrent des explications et c’est alors que le cafetier leur dit que leur père et mari avait voulu prendre le train, mais constatant que sa fille lui avait enlevé son porte-monnaie, il avait voulu partir à pied en suivant la route. On l’avait laissé aller. 

Ce n’est- que lundi, à 8 heures du matin, que l’on découvrait le cadavre sur la route. 

Un médecin appelé a constater la mort, déclara qu’a part la large déchirure du cuir chevelu, le cadavre portait d’autres blessures, postérieures à la première, il avait plusieurs côtes enfoncées et notamment une perforation du foie. 

Il fallait donc admettre  qu’après avoir été victime une première fois d’un accident d’automobile sur la route de Villers-sous-Prény alors qu’il était accompagné de sa fille, Nivolet avait été, alors qu’il regagnait seul Pagny, dans la nuit, victime d'un deuxième accident d'automobile dont seuls le chauffeur et la victime avaient été témoins. 

L’enquête de la brigade mobile démontra qu’il y avait eu une sorte de mise en scène du cadavre.  En effet, celui-ci avait été déposé à cinq mètres environ, de l’endroit où il avait été tamponné. A ce premier endroit, on remarquait une large flaque de sang. Le corps avait donc été écrasé sur la route et transporté ensuite sur la berge par les écraseurs. 

Mardi à sept heures et demie du matin, M. Pierre Parisot, médecin-légiste, accompagné de son chef opérateur, M. le docteur Bédin, se rendaient a Vandières avec, mission d‛autopsier le cadavre du blessé. Les blessures qu’il aurait reçues sont, paraît-il, atroces. 

La police mobile, concurremment avec la gendarmerie mène une active enquête pour découvrir les automobilistes auteurs de l’accident. 



Christophe Léopold Nivolet est né le 17 septembre 1849 à Arnaville. 

Il est le fils de Nicolas Nivolet et Marguerite Maurice. Ils sont venus habiter à Prény avant 1872 où Nicolas et ses autres fils exercent le métier de scieur de long. 


Christophe Léopold s’est marié le 28 décembre 1878 à Prény avec Marie Louise Constance Cornu. 

La mariée est née à Nancy le 25 décembre 1856, enfant naturel de Marie Louise Cornu, âgée de 20 ans domestique, née à Lay-Saint-Christophe. Marie Louise a été abandonnée par sa mère. 

Le couple a cinq enfants nés à Prény, Marie Joséphine née en 1879, Justine Irma née en 1882, Julien Léopold né en 1886, Alfred Léopold né en 1891 et Constance Augustine née en 1897. 

Leur père est corroyeur durant toutes ces années. 


En 1900, une petite embrouille de famille fait trembler les rues de Prény. C’est toute la famille Nivolet qui se retrouve devant le tribunal pour outrage, coups et blessures après une "fête" de famille trop arrosée. 

En mai 1900, le jour des élections, le ton haussa entre Marie Joséphine et son mari Pierre Alexandre Bonhomme, couple en perpétuel conflit. Les autres membres de la famille s’en mêlèrent rapidement et il a fallu l’intervention du garde champêtre et d’un conseiller municipal pour séparer les belligérants. Au final tous repartent avec une amende allant de 16 à 25 francs. Bonhomme pris en plus un mois de prison pour un vol à la gare de Pagny, après avoir été dénoncé par sa femme. 


Le couple finit par déménager pour la rue de Prény à Pagny-sur-Moselle. Christophe Léopold exerce le métier de bûcheron Jusqu’à son accident. 




Le nombre d’automobiles en Meurthe-et-Moselle doit être de quelques centaines à cette date, de plus un système d’immatriculation est en place. 

Je n’ai pas trouvé d’informations concernant les résultats de l’enquête. 

La probabilité d’être heurté par une voiture deux fois de suite devait être infime à cette époque. 

Si c’est le cas on peut dire que la pauvre victime n’a pas eu de chance. 

Un autre scénario est possible, le responsable des deux accidents est la même personne, créant un deuxième accident pour ne pas être inquiété du premier.










Un dégustateur

Vendanges à Vandières (Image est)

 le progrès de l’est du 4 décembre 1885.

 

On nous écrit de Vandières :

Permettez-moi, M. le rédacteur, de mettre en garde vos lecteurs de la campagne contre un singulier marchand de vins qui parcourt nos vignobles. 

Il nous fit, il y a quelques mois, une première visité. Il s’était adressé à un représentant en vins de la localité pour se faire conduire chez les propriétaires qui avaient du vin on de l’eau-de-vie à vendre. Il dégustait l’échantillon copieusement, et achetait à des prix très satisfaisants pour le propriétaire. Celui-ci, charmé, allait chercher une bouteille de bon vin pour conclure le marché. Le jour du chargement se passait sans nouvelle: On avait eu affaire à un filou.

A notre grand étonnement, voilà ce personnage qui revient à là charge le premier décembre dernier, mais avec le soin d’entrer seul chez de nouveaux propriétaires. Avis aux intéressés. 


18/04/2026

De Vandières à San Francisco




Extrait du registre des actes de l’État civil année 1867 - F. 6
ème - Nº10. 

Du lundi dix huitième jour du mois de février mil huit cent soixante sept à midi.

Acte de décès de Alexis Liébaut, ancien militaire, chevalier de la Légion d’honneur, résident temporairement à San Francisco, y est décédé le seize février mil huit cent soixante sept à deux heures quinze minutes du matin, âgé de 65 ans passés, né le 6 juillet 1801 à Vandières (Meurthe). 

Sur la déclaration à nous faite par MM. Francois Ami Borel, négociant, âgé de 43 ans, demeurant à San Francisco et Louis Debraux, courtier, âgé de 55 ans demeurant à San Francisco.

Qui ont signé après lecture faite.

Signé F.A. Borel - L Debraux.

Constaté par nous, Charles Ferdinand De Cazotte consul de France à San Francisco, officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur, faisant fonction d’officier de l’État civil.

Signé Cazotte.

Pour extrait conforme.

San Francisco le 20 février 1867.

Le Chancelier

Signé F. Belcourt

Vu pour l’égalisation de la signature apposée d’autre part de M. F. Belcourt, chancelier de ce consulat.

Le consul de France

Signé Cazotte

Paris le 31 juillet 1867.

Vu au ministère des affaires étrangères

Pour le sous directeur chef de la chancellerie

Signé Dubois

Pour copie certifié conforme à l’extrait

Vandières le trente décembre mil huit cent soixante sept

Le maire de Vandières 

Dominique Pinot


Alexis Liébaut est né le 17 messidor de l’an neuf de la république (6 juillet 1801) à six heures du soir. 

Son père François, vigneron s’est marié à Vandières en juin 1783 avec Marguerite Couriaux.

Les témoins de la naissance sont Alexis Thiery le jeune, meunier âgé de vingt deux ans et Catherine François, épouse au citoyen Jean Grandidier, commerçant, âgée de trente sept ans, tout deux domiciliés audit Vandières. Les deux témoins ont signé, le père à déclaré ne pas savoir écrire. 

La naissance est constatée par Pierre Dardaine, maire de la commune faisant les fonctions d’officier public de l’état civil.  


En 1854, Alexis, sergent au 45ème régiment d’infanterie, prend sa retraite après 31 ans, 6 mois et 26 jours de service.


Hôtel El Dorado avant dernier bâtiment à droite 

En 1862, il habite à San Francisco, 16ème rue, il habite l’hôtel El Dorado. Adélie Liébaut habite avec lui, il a pu se marier aux états unis, je n’ai pas trouvé de mariage en France. Il est enregistré comme propriétaire, mais sans plus de précisions. 

En 1864, il est présent aux célébrations du 15 août organisées par l’importante communauté française de la ville. 

Il restera en californie jusqu’à son décès. 


Le constitutionnel du 2 octobre 1864. 

Nous trouvons dans l'Echo du Pacifique les intéressants détails qui suivent, sur la célébration de la fête du 15 août à San-Francisco : Jamais la population française de San Francisco n'avait montré tant d'élan qu'hier. A la voix de son représentant qui l'avait invitée à une messe solennelle en l'honneur de Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, elle s'était levée en masse et était accourue. Certes, depuis treize ans nous avons assisté à bien des fêtes françaises en Californie, mais, nous ne craignons pas de le dire, aucune, à notre avis, n'avait été si complète que celle-ci. Tous les éléments de notre nationalité, quels qu'ils soient, avaient voulu être représentés là. On se pressait, on s'entassait dans l'église Notre- Dame-des-Victoires, mais tous n'avaient pu y trouver place, et dehors il y avait peut-être plus de monde encore. L'intérieur de l'église, préparé pour la circonstance, offrait un coup-d'œil magnifique. L'autel, tout couvert de fleurs, tout entouré de guirlandes de lauriers, abrité par deux immenses drapeaux tricolores, était admirablement paré. Au-dessus, la couronne impériale, placée sur un coussin de velours vert, était soutenue par deux aigles qui, avec des foudres, tenaient dans leurs serres le grand-cordon de la Légion-d'Honneur, orné d'une croix avec ces mots : Honneur et Patrie. Des deux côtés, les pilastres de l'autel étaient surmontés de médaillons supportant des aigles d'or, ayant au centre des N couronnés et dans l'exergue desquels on lisait, à droite : Bien protège la France, à gauche: Domine, salvum fat Napoleonem. Un détachement de quarante marins appartenant à l'équipage du transport le Rhin, en ce moment sur rade, est arrivé et s'est aligné dans l'allée du centre. M. Cottin, commandant de ce bâtiment, suivi d'une partie de ses officiers, passant dans la haie formée par ses hommes, est allé prendre place en avant, sur un siège réservé à côté de celui où bientôt après M. de Cazotte est venu s'asseoir. Les officiers de marine avaient, à droite, une banquette spéciale. Le consul de France, en grand uniforme, portant, avec la croix de la Légion-d'Honneur, plusieurs ordres étrangers, et entre autres la croix de commandeur de l'ordre royal et distingué de Charles III, dont il a été récemment honoré, est entré, suivi de M. Ceruti, consul de S. M. le roi d'Italie, en grande tenue; de M. Forest, chancelier du consulat de France; de M. Huant, capitaine des sapeurs-pompiers français, et des officiers de cette compagnie. Tous ont pris place dans des sièges réservés en avant de l'autel. La belle Compagnie Lafayette qui, pour la première fois depuis onze ans qu'elle existe, avait voulu assister à cette fête en l'honneur de l'Empereur, et qui, pour honorer notre consul, son président, avait été le chercher chez lui et l'avait escorté en entrant dans l'église, a ouvert ses rangs, une ligne est allée occuper l'allée de droite, l'autre celle de gauche : ses sapeurs, ses porte-drapeaux se sont rangés sur les marches de l'autel et ses officiers dans une banquette à gauche disposée à cet effet. La messe commençait en ce moment ; le père Auger, curé de Sonora , officiait. Il a dit quelques belles et nobles paroles à la fin de son sermon en l'honneur de « celui qui dirige » actuellement les destinées de la patrie et » dont la fête , pour preuve que Dieu protège la France, a précisément lieu le jour de la fête de la mère de Dieu fait homme. L'orgue était remplacé par un orchestre puissant et complet, sous l'habile direction de M. Evans, et il va sans dire que cette messe a été chantée avec une solennité et un ensemble parfaits. Là, dans cette église où tant de jeunesse s'entassait, nous avons vu avec bonheur quelques vétérans du premier empire : le bon vieux M. Alexandre, avec ses 78 ans, portant la médaille de bronze de Sainte-Hélène; l’honorable M. Alexis Liébaut, ancien sous-officier, chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur, âgé de près de trois quarts de siècles; d'autres encore dont les noms nous échappent ou nous sont inconnus. C'était une belle et grande manifestation. La joie était sur tous les visages, et la population américaine était représentée là par des centaines de ses concitoyens. Le port de San-Francisco avait aussi un air de fête; les nombreux navires français à l'ancre ou amarrés aux wharfs avaient déployé tous leurs drapeaux. Le coup d'œil était remarquablement gai au wharf Vallejo, où plusieurs navires sont réunis, et au large, dans la direction du navire de guerre le Rhin. Plusieurs drapeaux étrangers, parmi lesquels celui-d'Italie, avaient été hissés en cette occasion. A l'heure où nous mettons sous presse, les salons de M. de Cazotte, à South-Park, contiennent une partie de l'élite de notre population , invitée par notre consul et empressée de répondre à son appel. 



Louis Debraux est mort le 2 mai 1869 à l’hôpital français à l’âge de 59 ans il exerçait le métier de greffier.  

François Ami Borel était vendeur chez  Michelssen, Brown & Co sur Harlan place. 

Charles De Cazotte, consul de France avait ses bureaux sur Jackson street et habitait South Park. 

Jules Belcourt, chancelier du consulat de France habitait au consulat sur Jackson street. 

Wharfs: ponton

06/04/2026

Modernisation des passages à niveau



Le républicain Lorain du 7 février 1955. 

Quatre passages à niveau sont déjà du équipés du signal automatique lumineux et sonore, six autres le seront bientôt 


La signalisation routière comporte deux nouveaux signaux, dont la création est la conséquence d'une évolution marquante dans le domaine des passages à niveau. Il est essentiel que leur signification soit parfaitement connue de tous, dans notre région notamment où ils ont commencé à faire leur apparition.


La gêne que constitue la présence de passages à niveau pour la circulation routière s'est accrue très rapidement avec l'augmentation du nombre et de la vitesse des automobiles. Malheureusement, leur remplacement par des ouvrages évitant le croisement est trop cher pour être général, d'où la nécessité de trouver d'autres solutions. 

En France, le gardiennage est la règle pour les passages à niveau d'une certaine importance. Or, le développement de la technique des installations de sécurité a permis de mettre au point une signalisation qui renseigne sûrement les automobilistes sur l'arrivée immédiate d'un train. On peut alors supprimer les barrières sans danger, à condition que l'obéissance aux signaux soit totale. Tout intermédiaire humain sujet à défaillance disparaît entre le train et l'automobiliste et comme c'est le train lui-même qui déclenche le signal, le délai d'attente peut être réduit au minimum. 


Visuel et auditif.  

Cette signalisation comporte un signal de position implanté immédiatement avant le passage à niveau, à droite de la route ; il porte la croix de Saint-André de tout passage à niveau non gardé et avertit du danger par deux feux rouges clignotants qui s'allument une vingtaine de secondes avant l'arrivée du train le plus rapide et ne s'éteignent qu'après son passage. En outre, pendant l'allumage des feux, une sonnerie tinte. Cet avertissement est réalisé par circuits électriques interrompus par le passage des essieux sur une pédale placée en amont du passage à niveau, de manière que, en cas d'avarie (exceptionnelle) des circuits, les feux s'allument, ce qui est une garantie pour les usagers de la route. Une pancarte « Attention au train - Danger » se développe lorsque les feux doivent s'allumer, et, en cas d'extinction simultanée des 2 lampes, elle apparaîtrait encore pour appeler l'attention des usagers. Toutefois, et c'est une condition que l'on impose, la visibilité à proximité immédiate de la voie ferrée est suffisante pour qu'un usager, arrêté devant un signal avarié marquant indûment l'arrêt, puisse observer la voie avant de s'engager sur le passage à niveau, si aucun train ne s'en approche réellement. 


Sur le territoire du 7ème arrondissement.  

A l'heure actuelle, le 7ème arrondissement S.N.C.F., dont le siège est à Metz, possède quatre installations de ce genre : une à Courcelles-sur-Nied, près de la ferme de Champelle ; deux à Vandières ; une quatrième à Anzeling, sur le chemin reliant Hestroff à Freistroff. 

Deux nouvelles seront installées dès le début du mois prochain, aux environs de Spincourt, sur la ligne Longuyon-Conflans. Le planning en prévoit encore quatre pour l'avenir : l'une entre Thionville et Apach, une autre à Audun-le-Roman, deux enfin entre Conflans et Baroncourt. 


Route à demi-barrée 

Un certain nombre de ces signaux automatiques lumineux seront équipés d'une manière plus complète et comporteront des bras s'étendant sur une partie de la largeur de la route, qui remplaceront la pancarte « Attention au train, danger ». Ces bras matérialiseront l'interdiction des feux rouges et constitueront un obstacle léger qu'aucun automobiliste ne pourra délibérément négliger. 

Ils interdiront la circulation sur la partie droite seulement de la route, de sorte qu'un automobiliste qui s'engagerait sur le passage à niveau au moment où ils s'abaissent, pourrait continuer sa route sans encombre. L'abaissement des bras est d'ailleurs lent et précédé de l'allumage des feux. 

Ces installations ne comportent pas le feu jaune habituel de pré-avis des carrefours urbains, mais le signal automatique est précédé d'un avertisseur fixe. L'automobiliste qui le rencontre, une centaine de mètres avant le passage à niveau, est préavisé de l'approche du signal automatique et doit prendre toutes dispositions utile? pour pouvoir s'arrêter s'il le trouve fermé. 

Le nombre de passages à niveau actuellement équipés sur l 'ensemble du territoire est de 500 environ. Une seconde tranche de 500 (dont 200 avec demi-barrières) doit être réalisée cette année et l'année prochaine. Les règles limitatives fixées par instruction ministérielle (visibilité, intensité de la circulation sur route et sur fer) sont assez sévères


Prudence avant tout. 

Mais il n'est pas de condition, pas d'appareillage qui soient efficaces, si l'automobiliste n'est pas attentif aux signaux ou s'il s'abstient délibérément de leur obéir. La nouvelle signalisation fait le maximum pour ménager le temps des usagers de la route : il faut que ceux-ci le sachent, mais sachent aussi qu'en passant outre pour gagner quelques secondes, ils jouent avec la mort. 

Notons enfin que le groupe de travail du comité des transports intérieurs de la commission économique pour l'Europe, chargé d'étudier l'unification de la signalisation routière internationale, a retenu l'emploi de feux rouges clignotants pour avertir de l'approche d'un train et indiquer aux usagers de la route qu'ils n'ont pas le droit de passer. Le code de la route français est donc maintenant en conformité avec les recommandations de ce comité. 

Rappelons à cette occasion qu'il existe un beaucoup plus grand nombre de P.N., sans barrières, peu fréquentés et de bonne visibilité, où les usagers peuvent se rendre compte très facilement de l'arrivée d'un train. et qui ne sont pas dotés de cette signalisation automatique. Ces P.N., dont le signal de position est la croix de St-André, sont annoncés à distance, s'il a lieu, par le signal «locomotive». Il va sans dire que les automobilistes doivent être particulièrement prudents à la traversée de ces P.N. 


Cette photo illustre de façon très claire comment se présente le nouveau signal automatique, au moment du franchissement du passage à niveau par un train. 

(Ph. La Vie du Rail.)




Quelques semaines avant cet article présentant les nouvelles règles, un accident a eu lieu à un passage à niveau d’ancienne génération. La défaillance humaine est incontestable et la fin du métier de garde barrière est inéluctable. 

Le républicain Lorrain du 19 mars 1955.


Trois personnes avaient été tuées au passage à niveau de Vandières 


SIX MOIS DE PRISON AU GARDE-BARRIÈRE 


NANCY. — Le terrible accident survenu le 30 décembre dernier, au passage à niveau dit « Du pont isolé », situé entre Pont-à-Mousson et Vandières, et, au cours duquel trois personnes, dont une enfant, avaient trouvé la mort, vient de trouver son épilogue devant le Tribunal correctionnel de Nancy. 


Rappelons les faits. Le 30 décembre, à 19 h. 40, une voiture automobile pilotée par M. André Dietsch, 37 ans, domicilié 11, rue de Metz, à Pont-à-Mousson, chef monteur à l'entreprise Guill, de Metz, qui travaillait alors pour le compte des Fonderies, s'était engagée sur le passage à niveau du « pont isolé », sur la 52bis. M. Dietsch était accompagné de son épouse née Rose Bousseron, 36 ans, et de leur nièce, la jeune Jocelyne, âgée de 7 ans, dont les parents sont domiciliés, 56, rue Gabriel-Mouilleron, à Nancy.  

Tous trois revenaient de Prénv où ils avaient passé l'après-midi. 

Mort instantanée 

Or la barrière n'avait pas été fermée. A l'instant où l'automobile s'engageait sur le tronçon de voie ferrée, le train express Nancy-Longuyon surgit à une allure de 70 km./h. en empruntant la voie 1 où se trouvait le véhicule. La locomotive défonça la partie droite du véhicule à la hauteur de la portière, avant, et le traînait sur une distance de 240 mètres, en lui faisant heurter le portillon du passage. Le véhicule fut littéralement déchiqueté. Les trois occupants de la voiture, qui avaient pris place sur la banquette avant furent tués sur le coup. 


« Un assoupissement » 

Après un premier interrogatoire, le garde-barrièrèe responsable de l'accident, M, Pierre Schneider, 39 ans, domicilié à Montauville, père de deux enfants de 8 et 5 ans, fut mis en état d'arrestation. Il était garde-barrière à Pont-à-Mousson depuis 4 ans. Auparavant il travaillait sur les voies. Transféré à Nancy, Schneider déclara : « Comme à l'habitude je venais de relever la barrière après le passage du train de 19 h. 32. De retour dans ma guérite, je me suis assoupi en oubliant de refermer la barrière... ». 

Auparavant, une prise de sang effectuée sur Schneider avait revelé la présence de 2,79 gr. d'alcool dans le sang et de 4 % de carboxyhermoglobine. Plusieurs enquêtes et le déroulement de l'information rêvelaient que le garde avait dû consommer un litre et demi de vin rouge à 11 degrés, alors que pour le médecin légiste le dosage d'alcool correspondait à une absorption de deux litres de vin à 11 degrés. 

Compte tenu d'une certaine accoutumance alcoolique, ce dosage était susceptible à lui seul, d'expliquer la défaillance du garde- 

barrière. Si Schneider n'est pas considéré comme un ivrogne, il passait pour aimer le vin et fréquentait assez souvent les cafés. Les renseignements recueillis sur lui quant à sa conduite et à sa moralité, sont favorables. 

Toutefois, le 7 avril 1954, il avait eu un blâme du chef de service S.N.C.F., avec réduction de ses gratifications pour fermeture tardive de ses barrières. Inculpé d'homicide involontaire, Schneider avait été écroué à Charles-III le 31 décembre 1954. 

Hier, à l'audience, Schneider a reconnu que la sonnerie chargée de le prévenir avait normalement fonctionné et qu'il aurait dû fer- 

mer les barrières cinq minutes avant. 


Responsabilité atténuée 

Dans le jugement qu'il vient de rendre, le tribunal correctionnel constate que Schneider prétend avoir eu un malaise et s'être trouvé dans un état de torpeur tel qu'il lui a été impossible de faire le moindre effort pour manoeuvrer les barrières. 

L'information et les débats ont établi que cette défaillance avait résulté de l'intoxication éthylique de ses centres nerveux causée par  l'absorption dans les 6 heures précédentes d'environ 2 litres de vin à 11 degrés, défaillance favorisée par l'état vasculaire particulier dû, peut-être lui-même à l'alcoolisme chronique ou peut-être par cet état d'éthylisme habituel, par la température élevée de sa guérite ainsi que par l'absorption de certains comprimés, médicament sédatif ordonné par le médecin. 

Il est d'autre part établi que Schneider fréquentait les cafés et buvait un litre et demi de vin et consommait de l'alcool notamment du rhum de façon habituelle. S'il n'a jamais bu jus qu'à l'ivresse, il était cependant  un alcoolique d'habitude dont l'état contre-indiquait de façon absolue son emploi comme garde- barrière. Cet état n'était pas guéri. A deux reprises, le 9 mars 1952 et le 7 avril 1954, Schneider avait dû subir un contrôle médical, ayant déjà laissé le passage à niveau ouvert. Il fit même l'objet de sanctions disciplinaires  lors du deuxième incident. Le prévenu prétend avoir signalé à un médecin qu'il avait l'habitude de boire un litre et demi de vin par jour et qu'on ne lui avait rien dit. Il aurait dû être reclassé dans son ancien emploi de cantonnier. 

Le jugement ajoute que la responsabilité du prévenu ne pourrai être exactement appréciée que si le tribunal a eu connaissance de son dossier médical dont la communication a été refusée au médecin expert. 

Dans ces conditions, il échet d'admettre la version de Schneider selon laquelle il n'a pas été mis en garde par les médecins contre les conséquences de son alcoolisme habituel. On ne saurait toutefois considérer qu'il est indemne de toute responsabilité attendu que ses malaises, les observations de ses chefs et les  sanctions prises à son encontre l'avaient averti qu'il était dangereux pour lui de persévérer dans ses habitudes antérieures s'il voulait exercer constamment son métier... 

Pour ces raisons le tribunal condamne finalement Pierre Schneider à 6 mois d'emprisonnement et 20.000 fr. d'amende. 

Les époux Dietsch, parents de la petite Jocelyne, obtiennent 1.113.318 francs de dommages intérêts pour le préjudice moral subi. Mme Joséphine Dietsch, mère du défunt, reçoit 800.000 fr. et Mme Bousseron 400.000 fr. 

La S.N.C.F. est civilement responsable.