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18/04/2026

De Vandières à San Francisco




Extrait du registre des actes de l’État civil année 1867 - F. 6
ème - Nº10. 

Du lundi dix huitième jour du mois de février mil huit cent soixante sept à midi.

Acte de décès de Alexis Liébaut, ancien militaire, chevalier de la Légion d’honneur, résident temporairement à San Francisco, y est décédé le seize février mil huit cent soixante sept à deux heures quinze minutes du matin, âgé de 65 ans passés, né le 6 juillet 1801 à Vandières (Meurthe). 

Sur la déclaration à nous faite par MM. Francois Ami Borel, négociant, âgé de 43 ans, demeurant à San Francisco et Louis Debraux, courtier, âgé de 55 ans demeurant à San Francisco.

Qui ont signé après lecture faite.

Signé F.A. Borel - L Debraux.

Constaté par nous, Charles Ferdinand De Cazotte consul de France à San Francisco, officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur, faisant fonction d’officier de l’État civil.

Signé Cazotte.

Pour extrait conforme.

San Francisco le 20 février 1867.

Le Chancelier

Signé F. Belcourt

Vu pour l’égalisation de la signature apposée d’autre part de M. F. Belcourt, chancelier de ce consulat.

Le consul de France

Signé Cazotte

Paris le 31 juillet 1867.

Vu au ministère des affaires étrangères

Pour le sous directeur chef de la chancellerie

Signé Dubois

Pour copie certifié conforme à l’extrait

Vandières le trente décembre mil huit cent soixante sept

Le maire de Vandières 

Dominique Pinot


Alexis Liébaut est né le 17 messidor de l’an neuf de la république (6 juillet 1801) à six heures du soir. 

Son père François, vigneron s’est marié à Vandières en juin 1783 avec Marguerite Couriaux.

Les témoins de la naissance sont Alexis Thiery le jeune, meunier âgé de vingt deux ans et Catherine François, épouse au citoyen Jean Grandidier, commerçant, âgée de trente sept ans, tout deux domiciliés audit Vandières. Les deux témoins ont signé, le père à déclaré ne pas savoir écrire. 

La naissance est constatée par Pierre Dardaine, maire de la commune faisant les fonctions d’officier public de l’état civil.  


En 1854, Alexis, sergent au 45ème régiment d’infanterie, prend sa retraite après 31 ans, 6 mois et 26 jours de service.


Hôtel El Dorado avant dernier bâtiment à droite 

En 1862, il habite à San Francisco, 16ème rue, il habite l’hôtel El Dorado. Adélie Liébaut habite avec lui, il a pu se marier aux états unis, je n’ai pas trouvé de mariage en France. Il est enregistré comme propriétaire, mais sans plus de précisions. 

En 1864, il est présent aux célébrations du 15 août organisées par l’importante communauté française de la ville. 

Il restera en californie jusqu’à son décès. 


Le constitutionnel du 2 octobre 1864. 

Nous trouvons dans l'Echo du Pacifique les intéressants détails qui suivent, sur la célébration de la fête du 15 août à San-Francisco : Jamais la population française de San Francisco n'avait montré tant d'élan qu'hier. A la voix de son représentant qui l'avait invitée à une messe solennelle en l'honneur de Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, elle s'était levée en masse et était accourue. Certes, depuis treize ans nous avons assisté à bien des fêtes françaises en Californie, mais, nous ne craignons pas de le dire, aucune, à notre avis, n'avait été si complète que celle-ci. Tous les éléments de notre nationalité, quels qu'ils soient, avaient voulu être représentés là. On se pressait, on s'entassait dans l'église Notre- Dame-des-Victoires, mais tous n'avaient pu y trouver place, et dehors il y avait peut-être plus de monde encore. L'intérieur de l'église, préparé pour la circonstance, offrait un coup-d'œil magnifique. L'autel, tout couvert de fleurs, tout entouré de guirlandes de lauriers, abrité par deux immenses drapeaux tricolores, était admirablement paré. Au-dessus, la couronne impériale, placée sur un coussin de velours vert, était soutenue par deux aigles qui, avec des foudres, tenaient dans leurs serres le grand-cordon de la Légion-d'Honneur, orné d'une croix avec ces mots : Honneur et Patrie. Des deux côtés, les pilastres de l'autel étaient surmontés de médaillons supportant des aigles d'or, ayant au centre des N couronnés et dans l'exergue desquels on lisait, à droite : Bien protège la France, à gauche: Domine, salvum fat Napoleonem. Un détachement de quarante marins appartenant à l'équipage du transport le Rhin, en ce moment sur rade, est arrivé et s'est aligné dans l'allée du centre. M. Cottin, commandant de ce bâtiment, suivi d'une partie de ses officiers, passant dans la haie formée par ses hommes, est allé prendre place en avant, sur un siège réservé à côté de celui où bientôt après M. de Cazotte est venu s'asseoir. Les officiers de marine avaient, à droite, une banquette spéciale. Le consul de France, en grand uniforme, portant, avec la croix de la Légion-d'Honneur, plusieurs ordres étrangers, et entre autres la croix de commandeur de l'ordre royal et distingué de Charles III, dont il a été récemment honoré, est entré, suivi de M. Ceruti, consul de S. M. le roi d'Italie, en grande tenue; de M. Forest, chancelier du consulat de France; de M. Huant, capitaine des sapeurs-pompiers français, et des officiers de cette compagnie. Tous ont pris place dans des sièges réservés en avant de l'autel. La belle Compagnie Lafayette qui, pour la première fois depuis onze ans qu'elle existe, avait voulu assister à cette fête en l'honneur de l'Empereur, et qui, pour honorer notre consul, son président, avait été le chercher chez lui et l'avait escorté en entrant dans l'église, a ouvert ses rangs, une ligne est allée occuper l'allée de droite, l'autre celle de gauche : ses sapeurs, ses porte-drapeaux se sont rangés sur les marches de l'autel et ses officiers dans une banquette à gauche disposée à cet effet. La messe commençait en ce moment ; le père Auger, curé de Sonora , officiait. Il a dit quelques belles et nobles paroles à la fin de son sermon en l'honneur de « celui qui dirige » actuellement les destinées de la patrie et » dont la fête , pour preuve que Dieu protège la France, a précisément lieu le jour de la fête de la mère de Dieu fait homme. L'orgue était remplacé par un orchestre puissant et complet, sous l'habile direction de M. Evans, et il va sans dire que cette messe a été chantée avec une solennité et un ensemble parfaits. Là, dans cette église où tant de jeunesse s'entassait, nous avons vu avec bonheur quelques vétérans du premier empire : le bon vieux M. Alexandre, avec ses 78 ans, portant la médaille de bronze de Sainte-Hélène; l’honorable M. Alexis Liébaut, ancien sous-officier, chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur, âgé de près de trois quarts de siècles; d'autres encore dont les noms nous échappent ou nous sont inconnus. C'était une belle et grande manifestation. La joie était sur tous les visages, et la population américaine était représentée là par des centaines de ses concitoyens. Le port de San-Francisco avait aussi un air de fête; les nombreux navires français à l'ancre ou amarrés aux wharfs avaient déployé tous leurs drapeaux. Le coup d'œil était remarquablement gai au wharf Vallejo, où plusieurs navires sont réunis, et au large, dans la direction du navire de guerre le Rhin. Plusieurs drapeaux étrangers, parmi lesquels celui-d'Italie, avaient été hissés en cette occasion. A l'heure où nous mettons sous presse, les salons de M. de Cazotte, à South-Park, contiennent une partie de l'élite de notre population , invitée par notre consul et empressée de répondre à son appel. 



Louis Debraux est mort le 2 mai 1869 à l’hôpital français à l’âge de 59 ans il exerçait le métier de greffier.  

François Ami Borel était vendeur chez  Michelssen, Brown & Co sur Harlan place. 

Charles De Cazotte, consul de France avait ses bureaux sur Jackson street et habitait South Park. 

Jules Belcourt, chancelier du consulat de France habitait au consulat sur Jackson street. 

Wharfs: ponton

06/04/2026

Modernisation des passages à niveau



Le républicain Lorain du 7 février 1955. 

Quatre passages à niveau sont déjà du équipés du signal automatique lumineux et sonore, six autres le seront bientôt 


La signalisation routière comporte deux nouveaux signaux, dont la création est la conséquence d'une évolution marquante dans le domaine des passages à niveau. Il est essentiel que leur signification soit parfaitement connue de tous, dans notre région notamment où ils ont commencé à faire leur apparition.


La gêne que constitue la présence de passages à niveau pour la circulation routière s'est accrue très rapidement avec l'augmentation du nombre et de la vitesse des automobiles. Malheureusement, leur remplacement par des ouvrages évitant le croisement est trop cher pour être général, d'où la nécessité de trouver d'autres solutions. 

En France, le gardiennage est la règle pour les passages à niveau d'une certaine importance. Or, le développement de la technique des installations de sécurité a permis de mettre au point une signalisation qui renseigne sûrement les automobilistes sur l'arrivée immédiate d'un train. On peut alors supprimer les barrières sans danger, à condition que l'obéissance aux signaux soit totale. Tout intermédiaire humain sujet à défaillance disparaît entre le train et l'automobiliste et comme c'est le train lui-même qui déclenche le signal, le délai d'attente peut être réduit au minimum. 


Visuel et auditif.  

Cette signalisation comporte un signal de position implanté immédiatement avant le passage à niveau, à droite de la route ; il porte la croix de Saint-André de tout passage à niveau non gardé et avertit du danger par deux feux rouges clignotants qui s'allument une vingtaine de secondes avant l'arrivée du train le plus rapide et ne s'éteignent qu'après son passage. En outre, pendant l'allumage des feux, une sonnerie tinte. Cet avertissement est réalisé par circuits électriques interrompus par le passage des essieux sur une pédale placée en amont du passage à niveau, de manière que, en cas d'avarie (exceptionnelle) des circuits, les feux s'allument, ce qui est une garantie pour les usagers de la route. Une pancarte « Attention au train - Danger » se développe lorsque les feux doivent s'allumer, et, en cas d'extinction simultanée des 2 lampes, elle apparaîtrait encore pour appeler l'attention des usagers. Toutefois, et c'est une condition que l'on impose, la visibilité à proximité immédiate de la voie ferrée est suffisante pour qu'un usager, arrêté devant un signal avarié marquant indûment l'arrêt, puisse observer la voie avant de s'engager sur le passage à niveau, si aucun train ne s'en approche réellement. 


Sur le territoire du 7ème arrondissement.  

A l'heure actuelle, le 7ème arrondissement S.N.C.F., dont le siège est à Metz, possède quatre installations de ce genre : une à Courcelles-sur-Nied, près de la ferme de Champelle ; deux à Vandières ; une quatrième à Anzeling, sur le chemin reliant Hestroff à Freistroff. 

Deux nouvelles seront installées dès le début du mois prochain, aux environs de Spincourt, sur la ligne Longuyon-Conflans. Le planning en prévoit encore quatre pour l'avenir : l'une entre Thionville et Apach, une autre à Audun-le-Roman, deux enfin entre Conflans et Baroncourt. 


Route à demi-barrée 

Un certain nombre de ces signaux automatiques lumineux seront équipés d'une manière plus complète et comporteront des bras s'étendant sur une partie de la largeur de la route, qui remplaceront la pancarte « Attention au train, danger ». Ces bras matérialiseront l'interdiction des feux rouges et constitueront un obstacle léger qu'aucun automobiliste ne pourra délibérément négliger. 

Ils interdiront la circulation sur la partie droite seulement de la route, de sorte qu'un automobiliste qui s'engagerait sur le passage à niveau au moment où ils s'abaissent, pourrait continuer sa route sans encombre. L'abaissement des bras est d'ailleurs lent et précédé de l'allumage des feux. 

Ces installations ne comportent pas le feu jaune habituel de pré-avis des carrefours urbains, mais le signal automatique est précédé d'un avertisseur fixe. L'automobiliste qui le rencontre, une centaine de mètres avant le passage à niveau, est préavisé de l'approche du signal automatique et doit prendre toutes dispositions utile? pour pouvoir s'arrêter s'il le trouve fermé. 

Le nombre de passages à niveau actuellement équipés sur l 'ensemble du territoire est de 500 environ. Une seconde tranche de 500 (dont 200 avec demi-barrières) doit être réalisée cette année et l'année prochaine. Les règles limitatives fixées par instruction ministérielle (visibilité, intensité de la circulation sur route et sur fer) sont assez sévères


Prudence avant tout. 

Mais il n'est pas de condition, pas d'appareillage qui soient efficaces, si l'automobiliste n'est pas attentif aux signaux ou s'il s'abstient délibérément de leur obéir. La nouvelle signalisation fait le maximum pour ménager le temps des usagers de la route : il faut que ceux-ci le sachent, mais sachent aussi qu'en passant outre pour gagner quelques secondes, ils jouent avec la mort. 

Notons enfin que le groupe de travail du comité des transports intérieurs de la commission économique pour l'Europe, chargé d'étudier l'unification de la signalisation routière internationale, a retenu l'emploi de feux rouges clignotants pour avertir de l'approche d'un train et indiquer aux usagers de la route qu'ils n'ont pas le droit de passer. Le code de la route français est donc maintenant en conformité avec les recommandations de ce comité. 

Rappelons à cette occasion qu'il existe un beaucoup plus grand nombre de P.N., sans barrières, peu fréquentés et de bonne visibilité, où les usagers peuvent se rendre compte très facilement de l'arrivée d'un train. et qui ne sont pas dotés de cette signalisation automatique. Ces P.N., dont le signal de position est la croix de St-André, sont annoncés à distance, s'il a lieu, par le signal «locomotive». Il va sans dire que les automobilistes doivent être particulièrement prudents à la traversée de ces P.N. 


Cette photo illustre de façon très claire comment se présente le nouveau signal automatique, au moment du franchissement du passage à niveau par un train. 

(Ph. La Vie du Rail.)




Quelques semaines avant cet article présentant les nouvelles règles, un accident a eu lieu à un passage à niveau d’ancienne génération. La défaillance humaine est incontestable et la fin du métier de garde barrière est inéluctable. 

Le républicain Lorrain du 19 mars 1955.


Trois personnes avaient été tuées au passage à niveau de Vandières 


SIX MOIS DE PRISON AU GARDE-BARRIÈRE 


NANCY. — Le terrible accident survenu le 30 décembre dernier, au passage à niveau dit « Du pont isolé », situé entre Pont-à-Mousson et Vandières, et, au cours duquel trois personnes, dont une enfant, avaient trouvé la mort, vient de trouver son épilogue devant le Tribunal correctionnel de Nancy. 


Rappelons les faits. Le 30 décembre, à 19 h. 40, une voiture automobile pilotée par M. André Dietsch, 37 ans, domicilié 11, rue de Metz, à Pont-à-Mousson, chef monteur à l'entreprise Guill, de Metz, qui travaillait alors pour le compte des Fonderies, s'était engagée sur le passage à niveau du « pont isolé », sur la 52bis. M. Dietsch était accompagné de son épouse née Rose Bousseron, 36 ans, et de leur nièce, la jeune Jocelyne, âgée de 7 ans, dont les parents sont domiciliés, 56, rue Gabriel-Mouilleron, à Nancy.  

Tous trois revenaient de Prénv où ils avaient passé l'après-midi. 

Mort instantanée 

Or la barrière n'avait pas été fermée. A l'instant où l'automobile s'engageait sur le tronçon de voie ferrée, le train express Nancy-Longuyon surgit à une allure de 70 km./h. en empruntant la voie 1 où se trouvait le véhicule. La locomotive défonça la partie droite du véhicule à la hauteur de la portière, avant, et le traînait sur une distance de 240 mètres, en lui faisant heurter le portillon du passage. Le véhicule fut littéralement déchiqueté. Les trois occupants de la voiture, qui avaient pris place sur la banquette avant furent tués sur le coup. 


« Un assoupissement » 

Après un premier interrogatoire, le garde-barrièrèe responsable de l'accident, M, Pierre Schneider, 39 ans, domicilié à Montauville, père de deux enfants de 8 et 5 ans, fut mis en état d'arrestation. Il était garde-barrière à Pont-à-Mousson depuis 4 ans. Auparavant il travaillait sur les voies. Transféré à Nancy, Schneider déclara : « Comme à l'habitude je venais de relever la barrière après le passage du train de 19 h. 32. De retour dans ma guérite, je me suis assoupi en oubliant de refermer la barrière... ». 

Auparavant, une prise de sang effectuée sur Schneider avait revelé la présence de 2,79 gr. d'alcool dans le sang et de 4 % de carboxyhermoglobine. Plusieurs enquêtes et le déroulement de l'information rêvelaient que le garde avait dû consommer un litre et demi de vin rouge à 11 degrés, alors que pour le médecin légiste le dosage d'alcool correspondait à une absorption de deux litres de vin à 11 degrés. 

Compte tenu d'une certaine accoutumance alcoolique, ce dosage était susceptible à lui seul, d'expliquer la défaillance du garde- 

barrière. Si Schneider n'est pas considéré comme un ivrogne, il passait pour aimer le vin et fréquentait assez souvent les cafés. Les renseignements recueillis sur lui quant à sa conduite et à sa moralité, sont favorables. 

Toutefois, le 7 avril 1954, il avait eu un blâme du chef de service S.N.C.F., avec réduction de ses gratifications pour fermeture tardive de ses barrières. Inculpé d'homicide involontaire, Schneider avait été écroué à Charles-III le 31 décembre 1954. 

Hier, à l'audience, Schneider a reconnu que la sonnerie chargée de le prévenir avait normalement fonctionné et qu'il aurait dû fer- 

mer les barrières cinq minutes avant. 


Responsabilité atténuée 

Dans le jugement qu'il vient de rendre, le tribunal correctionnel constate que Schneider prétend avoir eu un malaise et s'être trouvé dans un état de torpeur tel qu'il lui a été impossible de faire le moindre effort pour manoeuvrer les barrières. 

L'information et les débats ont établi que cette défaillance avait résulté de l'intoxication éthylique de ses centres nerveux causée par  l'absorption dans les 6 heures précédentes d'environ 2 litres de vin à 11 degrés, défaillance favorisée par l'état vasculaire particulier dû, peut-être lui-même à l'alcoolisme chronique ou peut-être par cet état d'éthylisme habituel, par la température élevée de sa guérite ainsi que par l'absorption de certains comprimés, médicament sédatif ordonné par le médecin. 

Il est d'autre part établi que Schneider fréquentait les cafés et buvait un litre et demi de vin et consommait de l'alcool notamment du rhum de façon habituelle. S'il n'a jamais bu jus qu'à l'ivresse, il était cependant  un alcoolique d'habitude dont l'état contre-indiquait de façon absolue son emploi comme garde- barrière. Cet état n'était pas guéri. A deux reprises, le 9 mars 1952 et le 7 avril 1954, Schneider avait dû subir un contrôle médical, ayant déjà laissé le passage à niveau ouvert. Il fit même l'objet de sanctions disciplinaires  lors du deuxième incident. Le prévenu prétend avoir signalé à un médecin qu'il avait l'habitude de boire un litre et demi de vin par jour et qu'on ne lui avait rien dit. Il aurait dû être reclassé dans son ancien emploi de cantonnier. 

Le jugement ajoute que la responsabilité du prévenu ne pourrai être exactement appréciée que si le tribunal a eu connaissance de son dossier médical dont la communication a été refusée au médecin expert. 

Dans ces conditions, il échet d'admettre la version de Schneider selon laquelle il n'a pas été mis en garde par les médecins contre les conséquences de son alcoolisme habituel. On ne saurait toutefois considérer qu'il est indemne de toute responsabilité attendu que ses malaises, les observations de ses chefs et les  sanctions prises à son encontre l'avaient averti qu'il était dangereux pour lui de persévérer dans ses habitudes antérieures s'il voulait exercer constamment son métier... 

Pour ces raisons le tribunal condamne finalement Pierre Schneider à 6 mois d'emprisonnement et 20.000 fr. d'amende. 

Les époux Dietsch, parents de la petite Jocelyne, obtiennent 1.113.318 francs de dommages intérêts pour le préjudice moral subi. Mme Joséphine Dietsch, mère du défunt, reçoit 800.000 fr. et Mme Bousseron 400.000 fr. 

La S.N.C.F. est civilement responsable. 












31/03/2026

L’assemblée générale des planteurs de houblon de Meurthe-et-Moselle

 

Récolte du houblon à Vandières

L’éclair de l'est du 10 mars 1937.

Samedi 27 février, à 14 h. 30, les membres du Syndicat des planteurs de houblons de Meurthe-et-Moselle ont tenu leur assemblée générale à Nancy, sous la présidence de M. le sénateur Urban, président du syndicat des planteurs de houblons d’Alsace. MM. Gruet, directeur des Services agricoles et Chevalier, professeur à l’école de brasserie, étaient présents. 

M. Urban donne immédiatement la parole à M. Julien, maire de Custines, président du Syndicat. Avant de remercier les autorités et personnes présentes, M. Julien rend un hommage public et bien mérité à la mémoire de M. le sénateur Michel, qui un grand ami des planteurs de houblons et présidait, chaque année la réunion. Puis il fait un court exposé de la situation des houblons dans le département. Il comprend le découragement des planteurs de voir leur houblon diminuer de valeur alors que les autres produits du sol augmentent. Il met les planteurs en garde contre certains spéculateurs peu scrupuleux qui profitent de la crédulité ou des besoins de certains planteurs pour acheter des lots à des prix de famine, sur lesquels les cours s’établissent. Il ne doute pas de l’intervention de M. le sénateur Urban près dés pouvoirs publics pour la revalorisation des houblons français dans un avenir prochain; son titre de président du groupe inter- parlementaire des houblons en est un sûr garant.  

M. Gruet rend compte des impressions qu’il a rapportées de sa tournée chez les planteurs de houblons inscrite au concours organisé par le syndicat. En général, là cueillette et le séchage ont été négligés cette année. Il insiste sur la nécessité de présenter une marchandise impeccable et d’améliorer la qualité des produits. 

M. Chevalier confirme les dires de M. Gruet et donne aux planteurs les plus utiles conseils sur la cueillette et le séchage du houblon. Il est à souhaiter, pour le bon renom de notre culture lorraine, qu’une collaboration plus étroite entre planteurs et marchands de houblons permette les améliorations nécessaires, pour le plus grand profit des deux parties. 

A son tour, M. le sénateur Urban, heureux d’avoir pu répondre à l’invitation du syndicat, estime que la situation critique dans laquelle se débat la culture du houblon de France nécessite plus que jamais que les planteurs resserrent leurs rangs. 

Il compare la situation actuelle avec celle d’avant-guerre et constate qu’à une surface de 3.000 hectares, à laquelle il faut ajouter plus de 4.000 hectares pour l’Alsace, correspond aujourd'hui et depuis cinq ans une surface de 2.000 hectares pour toute la France, parce que depuis 1929. les prix payés n’ont plus atteint les frais de production. 

La raison de cette situation désastreuse se trouve dans la négligence des pouvoirs publics pour cette vieille culture industrielle qui se traduit par l‘insuffisance des droits de douane à l‘importation. Il a proposé au gouvernement, mais en vain, l’allocation de primes de culture telles qu’elles sont attribuées à la culture du lin et du chanvre et qui s’élèvent pour celle-ci à 26 millions pour 1937. 

Enfin il voudrait qu’on rende obligatoire dans une certaine proportion l’utilisation des houblons français par notre brasserie, à laquelle serait subordonnée l’obtention de licences d’importation. 

M. Charles Poirot donne lecture du compte rendu financier et remet les récompenses et les diplômes aux lauréate du concours de 1936, dont voici les noms :


Première catégorie. Houblon précoce :


Premier prix : M. Julien de Custines.  

Deuxième prix : M. Poirot, de Magnières. 

Troisième prix : M. Huilier, de Vandières.  

Quatrième prix : M. Chapelier, de Vandières. 

Cinquième prix : M. André, de Gerbéviller. 

Sixième prix : M. Bertrand, de Gerbéviller. 

Septième prix ex aequo : M. Hatrisse, de Vandières, M. Hietter, de Vandières, M. Picquot, de Lucey. 

Huitième prix : M. Baudier, de Vandières. 

Neuvième prix : M Lhuillier, de Deuxville.  

Dixième prix ex aequo : M. Naudin, de Vandières, M. Pinot, de Vandières. 

Onzième prix ex aequo : M. Jacquemin, de Sommerviller, M. Jacob, de Gerbéviller, M. Moine, de Gerbéviller. Douzième prix : M. François de Vandières.  

Treizième prix : M. Gille, de Vandières.


Deuxième catégorie. Houblon tardif 


Premier prix : M. Jacquemin, de Sommerviller. 

Deuxième prix : M. Picquot, de Lucey.  

Troisième prix : M. Chapelier, de Vandières.  

Quatrième prix ex aequo : M. Gille, de Vandières, M. Baudier, de Vandières. 

Cinquième prix ex aequo : M. Hatrisse, de Vandières, M. Naudin, de Vandières. 

Sixième prix : M. Hietter, de Vandières. 

Septième prix : M. Francois, de Vandières. 

Huitième prix : M. Huilier, de Vandières.  

Neuvième prix : M. Jacob, de Gerbéviller. 

Dixième prix ; M. Tassin, de Maidières-les-Pont-à-Mousson.  

Onzième prix : M. Tousseul, de Villacourt.  

Douzième prix. ; M. Gorius, de Vandières.


M. le sénateur Urban adresse encore quelques encouragements aux membres de l’assemblée et lève la séance. 


D’après le recensement de population de 1936, les récompensés peuvent être :

Eugène Gorius, rue Lanciaux. 

Léopold François, rue Saint Jean ou Lucien François, rue Lanciaux. 

Charles Huillier, rue Saint Pierre.  

Eugène Chapelier, rue nationale. 

Henri Hietter, rue nationale. 

Pinot  Jean,  rue nationale. 

Paul Gille, rue Henri Fayon.  

Pierre Baudier rue Saint Pierre. 

Roger Gabriel Eugène Hatrisse, rue Saint Jean.  

Emile Naudin, rue Saint Pierre.