21/02/2026

Un enfant abandonné



Le Messin du 29 octobre 1901.

Le 17 septembre, un enfant de cinq semaines a été exposé dans une petite rue de la commune de Vandières, près de Pont-à-Mousson. Le crime a été commis vers 5h du matin. La veille, la mère coupable a été vue à la gare de Pont-à-Mousson, vers huit heures et demie du soir. Elle avait pris un billet aller et retour pour Metz et portait un paquet assez volumineux roulé dans un grand mouchoir ou châle, en tissu à carreaux. La nuit, vers une heure, cette personne est revenue à la gare sans le paquet. Elle s’informe de l’heure du premier train pour Metz et déclara qu’elle venait de rendre visite à une tante domiciliée à Blénod-les-Pont-à-Mousson. Elle est rentrée à Metz à 3h15 du matin.

Cette personne est âgée de 26 à 27 ans, sa taille est de 1,63 m. Elle a les yeux bleus clairs, des sourcils très prononcés, le visage est pâle. Elle est vêtue d’un collet de couleur beige et d’une robe noire, elle portait son chapeau à la main, sur ses épaules était jeté le châle qui entortillait le paquet.

L’enfant avait une petite camisole en flanelle rouge, des langes en coton, une chemise de cretonne blanche. Il était couché sur un petit coussin en flanelle, couvert d’un drap rayé blanc et rouge, et d’un autre rayé blanc et bleu, avec une couverture en coton.

On a trouvé, en outre, des langes de piqué blanc, un bonnet blanc au crochet avec ruban bleu, un fichu tricoté noir, un biberon avec thermomètre, dans lequel se trouvait encore un peu de lait et muni d’un bouchon en caoutchouc rougeâtre. Tous ces objets n’étaient pas marqués. 

L’enfant est mort le 8 octobre. Quiconque peut donner des renseignements sur l’origine de l’enfant ou de la mère et prié de s’adresser à la plus proche direction de police.


Crime, coupable … des mots bien durs pour une pauvre jeune femme en difficulté n’ayant certainement personne vers qui se tourner pour se faire aider. 


Seulement il y a une erreur dans le texte de l’article, une erreur de taille. Un détail m’avait interpellé quand est évoqué une visite à Blénod. Quel rapport avec Vandières ?  

Je recherche donc l’acte de décès, rien à l’état civil de Vandières, rien à Pagny ni à Pont-à-Mousson. 

Il faut pousser jusqu’à Nancy ou je trouve l’acte 1863 du 8 octobre 1901 qui enregistre le décès d’une inconnue âgée de vingt jours environ trouvée à Maidières, et non Vandières. 


Acte de décès de l'enfant trouvé

La visite à Blénod est donc une excuse censée, les communes étant limitrophes. 

Deux articles tirés des journaux des 19 et 22 septembre confirment la commune de Maidières comme lieu de l’abandon. 

L'erreur peux venir d'une mauvaise communication téléphonique ou d'une mauvaise composition de typographie.


Le Messin du 19 septembre 1901. 

Mardi matın, en se rendant a son travail, un ouvrier maçon de Maidières, Louis, trouvait, dans un sentier qui conduit à la maison forestière de Belle-Vue, un paquet roulé dans un châle de mérinos. Des vagissements s'échappaient du ballot. Le maçon l’ouvrit. Quelle ne fut pas sa stupéfaction d'y trouver, à côté d'un biberon vide, une petite fille d'environ six semaines. Il prit l'enfant qu'il porta chez le garde champêtre.

On ignore quels sont les parents de l'enfant, qui a été recueilli par Mme H. , qui est décidée à l'adopter.


La croix de Lorraine du 22 septembre 1901. 

Le 17 septembre, vers 5 h. 1/4 du matin, M. Louis, de Maidières les Pont-à-Mousson, se rendait à son travail, en suivant le sentier bordé par les propriétés Deheyne et Lemoine, lorsqu'il aperçut sur le bord un enfant assez bien emmailloté, et enveloppé en outre d'un châle de laine de couleur brune et d'un fichu en laine noire, à côté de l'enfant était un biberon dosé, contenant un verre de lait. Au même moment arrivait le jeune Hen Jules : celui-ci courut prévenir sa mère et chercher le garde champêtre. Madame Hen accourut et releva l'enfant qui était transi de i1 froid. On suppose qu'il avait dû être déposé là une heure avant.

Les constatations faites, M. Songeur, maire, pria Madame Hen de donner les soins nécessaires au bébé. C'est une petite fille de 15 jours environ très bien portante.

La gendarmerie a ouvert une enquête.


Maison forestière de Belle-Vue


















14/02/2026

Attaque de chiens

Le républicain lorrain du 12 mai 1955.

Elfe n’a pu retrouver les deux chiens qui engorgèrent 23 moutons.

Mardi, en fin de matinée au lieu-dit "Haie mettée", entre Vandières et Pagny, un troupeau d’une quarantaine de moutons appartenant à madame veuve Velfringer de Vandières, paissait tranquillement dans un parc entouré de grillages. 

Soudain deux chiens survinrent au milieu du troupeau, poursuivant les moutons. Résultat : 23 moutons ont été égorgés ou ont dû être abattus en raison de leurs blessures.

Un témoin un peu fournir le signalement des chiens. Mais, malgré l’enquête à laquelle les gendarmes de Pagny ont immédiatement procédé, le propriétaire de ces animaux n’a pu être identifié. Dans la soirée, la chienne policière Elfe de la section de gendarmerie de Nancy, fut appelée à la rescousse. Elle prit bien la piste du passage et la direction de la fuite de ses congénères, mais sans résultats.

C’est une grosse perte que vient de subir ainsi madame Velfringer. 


Elfe et le gendarme Barth


L’est républicain du 9 mai 1952. 

Elfe, chien policier va entrer en lice 
Un chien policier dûment dressé va être lancé aux trousses des malfaiteurs a travers les arrondissements 
de Nancy et de Toul. Ce chien est en fait une chienne, âgée de 2 ans, nommée Elfe, qui selon le dicton bien connu, doit ne dormir que d’un œil. 
Berger allemand (ou doit-on dire bergère ?), au pedigree rose délivré par un chenil allemand de Lintz.  Elle a été acquise par la direction de la gendarmerie française et dirigée sur l’école de chiens policiers de Grammat, dans le Lot. Elle a suivi des cours de dressage de trois mois sous le contrôle de son maître, le gendarme Barth, de la brigade de Nancy, où l’avait affectée la direction. 
Poil noir fauve, de belle taille. Pesant 33 kilos, l’œil prompt et la tête fine, cet auxiliaire de l’ordre public a des crocs blancs bien aiguisés... Et malheur au fond de pantalon où ils iraient se planter ! 
Emule des chiens policiers de la région : le célèbre Droll d’Épinal, Pic-Up de Baccarat, Wolf de Longwy, Elfe a été dressée à l’attaque des malandrins même munis d’armes a feu ou de poignards, couteaux et autres. 
Destiné a faciliter les recherches de tous les services de police des deux arrondissements de Nancy et de Toul, le quadrupède parlait actuellement son entrainement, au cours de séances quotidiennes qui se déroulent, soit à la Pépinière, dans les parages du stade, soit en pleine campagne. 
C’est seulement sur la garantie de sécurité traduite par un formel « Repos ! » du maître que nous nous sommes quelque peu approché de cet élève a quatre pattes. Si un ordre contraire lui avait été donne, hum ! il vaut mieux ne pas poursuivre l'hypothèse ! 
Mais le maître a dit » Repos ! ». Obéissant aux ordres du gendarme Barthe, Elfe se couche, cache ses crocs et affecte des airs bon enfant. 
Flairant sans cesse le vent et le sol, la bête racée est toujours aux aguets. Après avoir pris un peu de recul, nous lui souhaitons une longue et fructueuse carrière dans notre région. 
Et tant pis pour les ravageurs de clapiers !


Elfe est intervenue sur de nombreuses affaires. On lui doit notamment d’avoir retrouvé le jeune Marc Renard âgé de 13 ans perdu dans un bois de Villers-les-Nancy en 1954. 




Notre village détruit 10

 








  • Ce café se situait à l’angle de la rue de Pagny et de la rue de l’église (Rue de l’abbé Mamias). 
  • En 1911, François Eugène Darmois (1874-    ) et sa femme Lucie Maurice (1881-1966) sont recensés comme cafetiers à cette adresse. Il exerce aussi le métier de tonnelier. Ils tiennent le café restaurant jusqu’au début des années 1920 malgré une destruction partielle du bâtiment durant la première guerre mondiale. 
  • Aujourd’hui on le trouve au Nº79 de la rue Charles de Gaulle. 














08/02/2026

Arrestation de déserteurs

 

Dragons à Lunéville 

L’est républicain du 28 juin 1914.


Apercevant deux militaires qui se dissimulaient dans les buissons non loin de la gare de Vandières, les douaniers leur coururent sus et les appréhendèrent.

Les deux soldats, Alphonse Montagne, 18 ans et Maurice Petitcolin, 19 ans, ne se firent pas prier pour reconnaître qu’il se dirigeaient vers Pagny avec l’intention de déserter.

Il furent gardés en attendant l’arrivée de la gendarmerie, avisée.

Petitcolin et Montagne avaient quitté le quartier du 31ème dragons, à Lunéville, vers une heure du matin, dans la nuit du 20 au 21 juin.

Le premier en avait assez du régiment, dit-il, parce qu’il avait à se plaindre de son brigadier, le second avait suivi son camarade. Ils ont été reconduits à leur corps.



Maurice Alfred François Petitcolin est né le 19 août 1894 à Gironville-sous-les-Côtes dans la Meuse. 

Il s’engage pour cinq ans au 31ème dragons le 2 mars 1914 à la mairie de Pont-à-Mousson.

Il rejoint Lunéville le même jour. 


Lors de son mariage le 24 décembre 1918, il est soldat au 31ème dragons, troisième escadron secteur 55 décoré de la croix de guerre. Avant le début du conflit, Il était ouvrier d’usine et habitait chez ses parents à Pont-à-Mousson. 

En 1918, toute la famille est domiciliée à Provins (Seine-et-Marne). 

En 1921, Maurice, son épouse Lucienne et leur fils âgé d’un ans habitent rue Saint Pierre à Maidières. Maurice travaille à la compagnie de chemin de fer de l’Est. 

Il est mort en 1958 en Seine et Marne à l’âge de 63 ans. 


Son camarade n’a pas eu la chance de survivre aux terribles combats de cette guerre. 

Alphonse Jean Montagne est né le 26 janvier 1896 à Cette (aujourd’hui Sète, Hérault). 

En 1914, Il est tonnelier et habite chez ses parents grande rue à Cette. 

Le 7 février 1914,  Il s’engage pour cinq ans au 31ème dragons à la mairie de sa commune. 

Il arrive à Lunéville trois jours plus tard.


Son régiment participe à la protection de Lunéville puis après le revers de la Moselle, à la défense du grand couronné. 

Il est transféré le 24 décembre 1914 au 25ème régiment de dragons, groupe d’escadron 3 et 4. 

Le cavalier Alphonse Jean Montagne est tué à l’ennemi en service commandé le 12 juillet 1918 à Castel (Somme). 


RAPPORT sur l'affaire du 12 Juillet 19I8.


MISSION

Ia Compagnie de Dragons devait s'emparer du village de Castel (15 K sud-est d'Amiens), nettoyer le village, établir deux postes de surveillance l'un au Calvaire (Sortie sud de Castel), l'autre au pont sur l'Avre.


COMPOSITION du DETACHEMENT.

Une Compagnie de 100 cavaliers sous les ordres du lieutenant De Lavilleon. Cette Compagnie était composée de 4 Sections commandées par le lieutenant Du Fretay, le S/lieutenant Sellier, l'Adjudant Boutet, le Maréchal des logis Duchesnes.


DISPOSITIF D’ATTAQUE.

Le Lieutenant  De Lavilleon a donné pour l'attaque les ordres suivants :

La 1ère vague composée de deux sections se divise en arrivant au village. Une section s'empare d’une rue orientée nord-sud et s'arrête au Calvaire. Une Section s'empare d’une rue orientée est-ouest et s'arrête au Pont sur l'Avre. 

La  2ème vague composée de deux sections se divise aussi on arrivant au village, chaque section ayant une rue à nettoyer.



EXECUTION de L'ATTAQUE.

À H-1 la Compagnie s'élance et marche par ligne de demi sections jusqu’aux lisières du village (Distance 800 mètres). Cette avance se fait derrière le barrage. 

Les sections pénètrent dans le village; on fouille les caves et les décombres d'ou partent des coups de feu. 

A H+2 tous les objectifs étaient atteints, CASTEL visité de fond en comble et les deux postes prévus établis.

La lutte avait été chaude près du calvaire, c’est là que la compagnie eut la plus grande partie de ses pertes.

L'objectif atteint, les postes placés ,le reste de la compagnie se replia suivant les ordres reçus sur la position de départ. 

Le 13 Juillet au soir, deux sections furent relevées, les deux autres sections fournissent les postes du calvaire et du pont.


BUTIN. 

Le Butin trouvé dans Castel se composait de 2 mortiers de 240 complètement ensevelis et une grande quantité d’armes et munitions de toutes sortes.


REACTION.

Le poste du calvaire attaqué le 13 Juillet au soir par des forces supérieures se retire suivent les Ordres qu’il avait reçues vers la tranchée des chasseurs laissant aux mains de l'ennemi un dragon blessé.

Le 14 juillet le sous-Lieutenant Sellier avec la section Duchesne enleva aux allemands le poste du Calvaire perdu la veille.

Il fit 5 prisonniers dont 1 sous-officier, 3 boches restèrent sur le terrain .


Les déserteurs sont finalement devenus des héros de guerre. 


Secteur de Castel (Somme)