Une nouvelle carte envoyée depuis le front, celle ci par un soldat du 341ème régiment d’infanterie.
La vue est la même que celle de mon précédent article publié le 22 novembre 2025.
Elle a été envoyée par Maurice Colombaz le 11 juin 1915.
X….. vendredi 11 juin.
Vite quelques mots avant d’aller reprendre la tranchée de première ligne pour 24 heures.
Les nuits sont assez mouvementées. J’ai eu hier soir deux camarades de blessés à mes côtés.
Espérons que cela finira bientôt.
Je vous adresse mes amitiés.
Maurice Colombaz
341è infanterie 34 è compagnie 2è section secteur 112 à Mr et Me Édouard Delespaul, 38 avenue du prado à Marseille (BdR)
Alfred Maurice Louis Colombaz est né le 27 février 1892 à Rougemont (Doubs) mais habite avec ses parents à La Seyne (Var).
Malgré une exemption au service militaire pour faiblesse, il est déclaré bon pour le service en octobre 1914.
Il rejoint 7ème régiment d’artillerie à pied le même mois. Il est transféré au 341ème régiment d’infanterie en février 1915.
Le 341ème est constitué des bataillons de réserve du 141ème, il est crée en août 1914.
Formé à Marseille, le régiment arrive à Saint Mihiel le 22 août 1914.
Le 5 juin 1915, le régiment, après avoir passé l’hiver dans le secteur des Paroches (Meuse), cantonne à Lahaymeix (Meuse) et se prépare pour le départ. Le lendemain, il rejoint les quais d’embarquement pour changer de secteur. Le départ s’effectue en deux groupes.
Le premier groupe embarque à Longeville (Meuse) le matin du 7 juin et arrive à Toul à 11h30. Il cantonne provisoirement à Chaudeney avant de repartir à 19h pour Manonville. Le second groupe prend la direction des quais d’embarquement de Nançois (Meuse) et arrive à Toul à 14h30. Il cantonne provisoirement à Dommartin avant de partir pour Manonville à 19h.
Le matin du 8 juin, tout le régiment prend la route de nuit pour Saint-Jean, où il bivouaque. Certains bataillons rejoignent les tranchées de première ligne à Limey. Les jours suivants, les bataillons se succèdent en première ligne depuis les abris du ravin Saint-Jean.
Chaque jour apporte son lot de victimes évacuées vers l’arrière. Le 10 juin, Léopold Marc Minuty et Fernand Hippolyte Benjamin Roussel (1884-1915) de la 17ème compagnie sont blessés par des éclats d’obus. Ils meurent de leurs blessures quelques jour après à Manonville.
Ce rythme se poursuit pendant de nombreuses semaines. En avril 1916, Maurice est envoyé renforcer le 312ème régiment d’infanterie. En juin, le régiment prend la direction de Verdun pour défendre le terrible secteur du Mort-Homme.
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| Chattancourt après la guerre |
Maurice est déclaré disparu le 28 décembre 1916 à Chattancourt (Meuse) alors qu’il est mitrailleur à la 6ème compagnie de mitrailleuse commandée par le lieutenant Gaston Souchu.
Il a été fait prisonnier et envoyé en Allemagne d’où il sera rapatrié début décembre 1918. Il revient affecté de problèmes pulmonaires qui lui vaudront une pension. Il sera quand même rappelé en septembre 1939 mais sera vite renvoyé dans ses foyers.


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