30/08/2025

Un pâtre prussien

 


Quand on parcours les recensements de population de Vandières pour l’année 1872, on peut être étonné de trouver une famille dont le chef est né en Prusse, deux ans après la défaite de 1870 et la perte d’une partie du territoire français à quelques kilomètres sur l’autre rive de la Moselle. 

Il est berger et s’appelle Jean Dahmen, il s’est marié avec Marguerite Keiff le 4 octobre 1859 à Bistroff (Moselle), lieu de naissance de la mariée. Lui est né à Geislautern  en Sarre.

Le couple a 6 enfants, grâce auxquels on peut suivre le parcours de Jean Dahmen depuis son mariage. 
Les deux premiers sont nés à Bistroff, Pélagie en 1860 et Nicolas un an plus tard. 
Le troisième enfant prénommé Jean Pierre est né en 1863 à Charey (Meurthe). 
Puis deux filles naissent à Limey (Meurthe), Pélagie Victorine en 1865 et Annette en 1866. 
Le dernier enfant, Nicolas est né à Vandières le 18 juin 1871. 

La famille Dahmen habite rue Saint Pierre et Raugraff mais ont déménagé avant 1881 pour un lieu qui m’est inconnu. On les retrouve à Charey en 1886 puis à Xammes en 1891. 
Ils restent dans le même secteur puisqu’ils résident à Waville en 1898 lors du mariage de Jean Dominique. 
Après le mariage de leur dernier enfant il n’y a plus de trace du couple. 
Ils n’habitent pas chez Jean Dominique à Pont-à-Mousson, ni chez Jean Pierre à Ézanville (Val d’Oise). 

Pélagie Dahmen (01/01/1860 Bistroff - 22/04/1864 Charey) 4 ans

Nicolas Dahmen (06/11/1861 Bistroff - 26/11/1880 Limey)  19 ans

Jean Pierre Dahmen (06/10/1863 Charey - 13/01/1931 Montmorency) 67 ans 
       Marié avec Marie Scherer en 

Pélagie Victorine Dahmen (22/05/1865 Limey - 05/05/1889 Xammes) 24 ans

Annette Dahmen (21/08/1866 Limey - 19/07/1893 Xammes) 26 ans
       Mariée avec Étienne Gauthier en 1888 puis avec Charles Pierre en 1891

Jean Dominique Dahmen (18/06/1871 Vandières - 28/02/1927 Pagny-sur-Moselle) 55 ans
       Marié avec Marie Lallemand en 1898

Il nous manque des témoignages qui pourraient laisser entendre que les origines de Jean ont pu lui valoir des tourments de la part des habitants des villages habités par lui et sa famille. 

D’autres familles venant de l’étranger ( hors Moselle annexée) habitent à Vandières en 1872:
Pierre Poute, Joséphine Dupriez et leurs trois enfants originaires de la Belgique. 
Melchior Vincent Boutté, Madeleine Rinqueberck et leurs deux enfants originaires de la Belgique.

Nicolas Hamen, originaire du Luxembourg marié avec Elisabeth Pinot. 
Jean Nicolas Fischer, originaire du Luxembourg marié avec Marie Guichard et leur fils. 
Marguerite Bour, originaire du Luxembourg mariée avec Charles François Padroutte. 
Jean Nilles, originaire du Luxembourg marié avec Marie Thérèse Thirion. 
Pierre Mitch, Jean Pierre Nilles et Anne Paradeis originaire du Luxembourg domestiques de ferme. 
Anne Hamen, originaire du Luxembourg mariée avec Henry Compas. 
Toutes ces personnes sont de nationalité Hollandaise.
D’autres suivront, tel Jean Donnen qui se mariera avec Marie Pinot en 1899. 

22/08/2025

Un motocycliste entre en collision avec un cycliste


L’est républicain du 17 août 1931. 

Un motocycliste entre en collision avec un cycliste.
L’un est tué sur le coup l’autre succombe peu après.

Pagny sur Moselle, 16 août.
Samedi 15 courant, vers 22h30, sur la route nationale numéro 52 bis, à la sortie du village de Vandières, une motocyclette montée par Monsieur Raymond Étienne, 28 ans, employé de la compagnie des chemins de fer de l’Est, demeurant à Champey, et Monsieur Raymond Lortie, 31 ans, employé à la compagnie des chemins de fer d’Alsace et Lorraine, demeurant à Champey, est entré en collision avec une bicyclette conduit par Monsieur Jean Parietti, 52 ans, plâtrier, demeurant à Pagny sur Moselle.
Dans la violence du choc, monsieur Étienne, qui conduisait la motocyclette, a été tué sur le coup, le crâne défoncé et la colonne vertébrale brisée. Son camarade portier n’a été que légèrement blessé. Quant au malheureux cycliste, relevé dans un état lamentable, il fut transporté immédiatement en automobile à l’hôpital de Pont-à-Mousson par les soins de Monsieur Roger Quenette, maire de Vandières, mais il mourut peu après.
Les constatations d’usage et les premiers soins furent donnés par Monsieur le docteur Thiebaut de Pagny sur Moselle.
D’après les premières constatations faites par Monsieur Rolan, chef de la brigade de gendarmerie de Pagny sur Moselle, accompagné du gendarme Béjot, il résulterait que le cycliste, qui revenait de Vandières, se dirigeant vers Pagny, roulant sans lanterne et qu’il fut aperçu trop tard par les motocyclistes qui ne purent l’éviter et qu’ils l’accrochèrent et le traînèrent sur une longueur de près de 25 m.
L’enquête continue. Le cadavre de monsieur Étienne a été déposé à la morgue de Vandières.


Giovanni Parietti, né en 1888 en Italie, habitait rue des aulnois à Pagny sur Moselle. 
Il était plâtrier chez Cerrutti à Pagny. 

14/08/2025

La pomme de terre canada

 

Catalogue Vimorin Andrieux 1889
Page des pommes de terre

Essai de culture de pommes de terre.

Les expériences de Monsieur Paul Genay ont été faites en 1888 près de Lunéville, dans le département de Meurthe-et-Moselle. 
Ces essais ont porté sur 24 variétés. Les rendements ont varié entre 31 000 et 10 000 kg par hectare. Comme les richesses en féculent ne sont pas indiquées nous nous borderons à reproduire les réflexions de Monsieur Genay sur les deux variétés qui lui ont donné les meilleures résultats :
Early Regent vient en première ligne avec un produit total de 30 855 kg à l’hectare. Depuis quatre ans je cultive cette variété, qui a toujours été la plus productive parmi les précoces. C’est surtout avec Early Rose qu’il faut la comparer. Elle est de la même époque comme maturité, mais elle lui est bien supérieure par la qualité, la forme, la couleur, l’aspect de la chair et le rendement.
En seconde ligne nous trouvons Canada, qui a produit 29 700 kg. C’est en 1884 que j’ai reçu les premiers tubercules de cette excellente variété. Je l’ai étudié depuis non seulement chez moi, mais encore dans de nombreuses cultures voisines, et Monsieur de Vilmorin, après deux années d’essais fait sur ma recommandation, lui fait l’honneur de l’admettre en 1888 dans son catalogue. En 1889, la maison Forgeot l’a également annoncé.
Importée en 1876 ou 1877 en Lorraine par un prêtre du pays, missionnaire au Canada, avec une autre variété de couleur rouge, cette variété a été d’abord cultivée dans le jardin du presbytère de Vandières, près Pont-à-Mousson. Ses qualités ayant appelé l’attention de son propriétaire, celui-ci en donna, vers 1880, quelques tubercules à Monsieur l’économe du grand séminaire de Nancy. En avril 1884, le fermier de cet établissement m’en donna un boisseau. Telle est l’origine de cette variété qui, dans des essais comparatifs, annuellement publiés, se posa bientôt de telle sorte que je crois devoir la recommander. Les excellents renseignements que j’ai reçu des personnes qui l’essayèrent m’engagent aujourd’hui à lui consacrer une notice particulière:
Le tubercule est répandu dans la terre, il est gros, donnant peu de petits, arrondi, légèrement allongé, un peu carré du côté de l’attache, a peau lisse, jaune pâle. 
Les yeux sont légèrement entaillés, le germe et rose pas très hâtif. 
La chair blanc jaune pâle, légèrement tachée de rose, est de qualité moyenne assez riche en fécule.
La tige est vigoureuse, forte, haute, dressée, porte d’abondant bouquet de fleurs blanches lavées de rose, qui sont remarquablement fertiles. 
Les feuilles sont abondantes, vertes, larges, lisses. 
L’époque naturelle de la maturité est la seconde quinzaine de septembre. 
La résistance à la maladie est très grande. Le produit est de bonne garde, se conserve bien en gros tas comme en silos. 
Cette variété a bien réussi partout. Elle a donné des rendements maxima dans les terres lourdes est forte, même en 1888, comme dans les terres sableuse sèches.



Catalogue Vimorin Andrieux 1894
Pomme de terre canada nouveauté

Catalogue Forgeot 1894

Catalogue Forgeot 
Panier de livraison des pommes de terre germées




07/08/2025

Scène de banditisme à Vandières


La croix de l’aube du 14 septembre 1905. 
Autour d’une grève. Scène de banditisme à Vandières.

La paisible commune de Vandières vient d’être le théâtre de scène de banditisme qui se passe de commentaires et dénotes l’état d’esprit des temps troublés dans lesquels nous vivons. 
Vendredi dernier, une bande d’exaltés, que l’on ne croit pas être des métallurgistes, imbus des principes révolutionnaires que le gouvernement laisse répandre à profusion dans le peuple, venant de Pont-à-Mousson et Vociférant des chansons sanguinaires, ont cassé carreaux, bouteilles, verres, chez monsieur Barbonnait, aubergiste à Vandières, et brisé sur sa tête un litre qui lui a fait une longue et profond entaille au cuir chevelu. Poursuivant leurs tristes exploits, ils ont contusionné le cantonnier ainsi qu’un plâtrier, jeté à bas de sa voiture un conducteur, malmené d’inoffensifs piétons et, rencontrant l’adjoint à 1 km de cette commune, lui ont asséné dans la poitrine un violent coup de poing qui l’a envoyé rouler dans la berge, puis lui ont lancé à la tête, quand il se relevait, un coup de gourdin qu’il a pu heureusement parer. Il n’a dû son salut qu’à l’arrivée des braves habitants de Vandières qui s’étaient mis à la poursuite de ces lâches agresseurs. Le soir même le maire demanda du secours aux autorités de Pagny sur Moselle, et le lendemain il remettait, de concert avec l’adjoint, entre les mains de Monsieur le préfet, les soins de la police de la commune, espérant qu’aide et protection lui seraient accordées.
Les habitants exaltés à juste titre sont décidés à se défendre avec tous les instruments qui leur tomberont sous la main s’ils sont attaqués à nouveau, et à ne pas attendre qu’il soient assommés pour faire usage de leurs armes improvisées. Ce n’est plus une grève, mais une révolution, aussi nombreux sont les voyageurs qui ne s’aventurent plus sur les routes sans être munis d’un revolver, afin de vendre chèrement leur vie désormais en péril.

L’est républicain du 22 octobre 1905. 
Tribunal correctionnel de Nancy.
Audience du samedi 21 octobre.
Grévistes de Pont-à-Mousson.
Lucien Vaucher et Pierre Schmitt, tous deux 19 ans, ouvriers d’usine à Pont-à-Mousson, sont poursuivis pour coups et bris de clôture à Vandières pendant la période des grèves des usines de Pont-à-Mousson. Voici ce que reproche l’accusation au prévenu : un soir de la grève, vers six heures, cinq ouvriers grévistes parmi lesquels se trouvaient Vaucher et Schmitt, se dirigeaient vers Vandières où ils entrèrent au débit Barbonnait.
Après s’être fait servir à boire, les prévenus commencèrent à discuter, puis ils se fâchèrent et brisèrent les glaces de la devanture et quantité de verre dans le débit. Monsieur Barbonnait, étant intervenu, fut fortement malmené.
Les grévistes ayant quitté le débit, se dirigèrent vers Pont-à-Mousson, mais, en cours de route, ayant rencontré Monsieur Bertrand Gillet, conseiller d’arrondissement, qui passait à bicyclette. Il le rouèrent de coups, puis après ce fut le tour de monsieur Charette, qui rentrait chez lui.
À l’audience les prévenus se rejettent mutuellement les torts. Vaucher même affirme que Schmitt a frappé plus que lui, néanmoins les témoins déclarent que c’est Vaucher qui frappa le plus fort et le plus longtemps.
Vaucher, un mois, Schmitt six jours, tout deux avec sursis.

01/08/2025

La foudre touche une maison

 


Le progrès de l’est du 28 juin 1874. 

Le patriote raconte que mercredi, vers midi et demi, la foudre est tombée sur la maison de Monsieur Belin de Vandières.
Après s’être introduite par la cheminée elle a rencontré une poutre qui a été brûlée sur la longueur d’environ un mètre , la poutre en cet endroit a été brisée en morceaux menus comme des allumettes. Elle a ensuite rencontré un chêneau qu’elle a suivi et est arrivée contre une porte à laquelle était adossée deux domestiques de monsieur Belin. L’un a été assez fortement brûlé à la jambe et à la cuisse, mais ses blessures n’ont aucune gravité. L’autre a été légèrement brûlé dans le dos. Par un hasard non moins heureux, le feu a été arrêté à temps avant qu’il ait pu se communiquer au grenier voisin rempli de paille.

C’est la maison de Victor Belin (1826-1902) qui a été touchée le 24 juin.
Le couple Victor Belin, Marie Césarine Thouvenin (1837-1922) et leurs trois enfants vivent rue de Pont-à-Mousson. 

Deux domestiques vivent avec eux :
Pierre Krouchtem (1852-1916), 22 ans, né à Hettange (Moselle) à opté pour la nationalité française en 1872. 
Jean Nicolas Filstroff (1855-1918), 19 ans, né à Terville (Moselle) à opté pour la nationalité française en 1872.
Il s’est marié à Vandières le 10 septembre 1878 avec Madeleine Eugénie Forge.

29/07/2025

Un soldat français inconnu

Nécropole nationale de Montauville

Dans le journal de l’abbé Mamias, prêtre de Vandières en date du samedi 5 septembre 1914, on peut lire : "voici les victimes du combat du matin : un soldat du 367ème (régiment d’infanterie) tué raide et une dizaine de blessés qu’on conduit à Metz. 
J’enterre le pauvre soldat sans cérémonie, impossible de dire son nom. Sa médaille a été en enlevée et il n’y a pas de matricule à ses vêtements. 
Les autos se succèdent avec fracas, c’est la Croix Rouge de Metz qui va chercher les habitants de Pont-à-Mousson blessé par le lamentable bombardement.
Oh mon dieu ! Que des mots en cette seule journée et qu’on est heureux de la terminer en remerciant la providence d’avoir veillé sur nous. C’est évident évidemment une attention de la providence de nous avoir tous préserver jusqu’à présent. Pagny a été quatre fois bombardé, Prény a été bombardé une fois et Pont-à-Mousson après l’avoir été quatre fois les aujourd’hui pour la cinquième fois mais de fond en comble. Mousson même n’a pas été épargné, on voit briller l’incendie qui dévore des maisons". 

François Pinot, maire de Vandières, inscrit le décès de ce soldat dans le registre de l’état civil. 
Il écrit "soldat français inconnu du 365ème régiment de ligne qui a été tué dans un combat le même jour sur le territoire de la commune". 

Acte de décès du soldat inconnu


C’est l’abbé Mamias qui a relevé le bon numéro de régiment, le 365ème régiment d’infanterie étant engagé dans la région de Ville-sur-Cousances au sud ouest de Verdun (Meuse) à cette date. 

En ce début de guerre, le 367ème régiment d’infanterie participe à la défense des avant-postes sur les deux rives de la Moselle au nord de Pont-à-Mousson. 
Le 5 septembre, le régiment a ordre d’évacuer la ville et le lieutenant colonel Florentin fait sauter le pont. Une partie du régiment lutte toute la journée sur les pentes du Bois le Prêtre. Les autres défendent la crête de Sainte Geneviève. 
Passerelle en bois construite par l'armée francaise pour retablir le pont detruit


Deux soldats sont portés disparus lors des combats de Pont-à-Mousson, le 5 septembre 1914 :

Edmond Charles ALLIOT, né le 13 février 1887 à Paris. Déclaré mort pour la France par jugement du 26 mars 1920, tué à l’ennemi le 5 septembre 1914 lors des combats de Pont-à-Mousson. 

Jean Louis GOETZ, né le 5 février 1888 à Croismare. Déclaré mort pour la France par jugement du 11 février 1921, tué à l’ennemi  disparu le 5 septembre 1914 lors des combats de Pont-à-Mousson. 

Un de ces deux soldats est certainement le soldat inconnu de Vandières. Son corps a très certainement été retiré du cimetière du village pour être inhumé dans un des cimetière militaire de la région, peut être à la nécropole nationale du Pétant à Montauville. 

24/07/2025

Atterissage d'un avion

Breguet 14B2 Base aérienne Metz Frescaty 11ème regiment aérien de bombardement



 L'éclair de l'est du 2 octobre 1925

Vandières

Hier soir, un appareil de bombardement a du atterir sur le territoire de la commune par suite du fonctionnement défectueux du moteur.

Les deux aviateurs purent sortir de l'appareil sans aucun mal et rejoignirent leur centre d'aviation à Metz par chemin de fer, laissant la garde de l'avion à nos braves gendarmes.

Une équipe de mécaniciens a démonté l'appareil.