25/07/2026

Un Charlatan


L’est républicain du 31 juillet 1894. 

Arnaville 

La gendarmerie de Pagny-sur-Moselle, a arrêté, à Arnaville, le sieur Auguste Funel, âgé de 28 ans, charlatan, en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par le juge d'instruction du tribunal d'Arbois (Jura) pour escroqueries, exercice illégal de la médecine et vente de produits pharmaceutiques. 

Funel est arrivé le 22 juillet à Vandières avec deux voitures de parade à deux chevaux, dont l'une portait trois musiciens ; il se donna comme bandagiste et disait qu'il était capable de guérir toutes les douleurs ; il remit au garde champêtre une somme de 22 fr. pour le bureau de bienfaisance et douze flacons de médicaments pour guérir les indigents. 

Ce charlatan ayant fait ses boniments sur la place publique, de nombreuses personnes de Vandières sont venues le consulter pour leurs enfants malades, moyennant une somme de 36 fr., il leur remit deux pots de pommade et des flacons contenant un liquide jaunâtre devant guérir toutes les maladies. 

La gendarmerie qui a ouvert une enquête a saisi dans les voitures du sieur Funel 630 flacons qui ont été envoyés au parquet de Toul à l'effet d'être analysés. 



Auguste Joseph Funel est né le 18 novembre 1865 à Chambéry (Savoie). Ses parents Chrisostome Funel et Catherine Cornu sont négociants rue du Verney. 

Ses parents ont eu une vie faite de déplacements. 

On les trouve d’abord en 1863 à Nîmes (Gard) lors de la naissance d’un premier enfant, Louis Henri Chrysostôme (1863-1904). Son père déclare être quincaillier et célibataire, avoir 21 ans et être né à Martigues (Bouches-du-Rhône). Il est bien né à Martigues le 16 septembre 1841, enfant naturel de Pauline Funel. 

Catherine Cornu est âgée de 24 ans et dit être veuve de Jules Theris, jongleur né à Toulouse (Haute-Garonne).

 

Après avoir "habité" Chambéry, on les retrouve à Callian (Var) pour la naissance de Joseph Jules Funel le 4 mai 1871 (1871-1847). Le père est marchand ambulant est dit être domicilié à Nîmes. La mère est aussi marchande ambulante et est citée comme épouse de Chrisostome. 


Grace à la publication de mariage Louise Terris en 1876 à Nîmes, on a le nom complet de sa mère,Catherine Bertrande Honorine Cornu. Son père, "ancien dentiste" est sans domicile connu. Catherine est aussi "dentiste". 

Dernière information disponible, Chrisostome Funel habite chez son fils Joseph en 1921 à Manduel. 

Catherine n’apparaît pas sur le recensement. Un acte de décès enregistré le 24 janvier 1916 à Manduel nous informe que Honorine Cornu née à lieu inconnu, de père et mère inconnue est décédée à son domicile. Aucun membre de sa famille n’est présent !!!  

Avec tous les prénoms, il a été facile de trouver son acte de mariage avec Auguste Terris le 10 août 1853 à Toulon. Le marié est né le 4 décembre 1830 à Lauris (Vaucluse). Il est jongleur. Catherine Cornu est née le 27 septembre 1837 à Toulouse (Haute-Garonne), mais habite à Toulon. Son père était joueur d’orgues. Toutes les informations les concernant sont vérifiées sur leurs actes de naissance.  


Revenons à Auguste Joseph Funel. 

Au moment de son recensement militaire en 1885, il réside à Manduel dans le Gard. Il exerce la profession de "dentiste". Il a un degré d’instruction de niveau 3 sur 5 et un niveau militaire exercé. 

Il est incorporé au 11ème régiment de Dragons à Tarascon-sur-Rhône (Bouches-du-Rhône) de 1886 à 1889. Il part avec son certificat de bonne conduite. À partir de cette date, les condamnations s’enchaînent :

1891 tribunal correctionnel d’Alais : 20 jours de prison et 8 amendes de 3 frs. pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. 

1891 tribunal correctionnel de Digne : 1 an et 1 jour de prison et 15 frs. d’amende pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. Condamné par défaut

1894 tribunal correctionnel de Digne : 40 jours de prison pour escroquerie. 

1894 tribunal correctionnel d’Arbois : 3 mois de prison pour exercice illégal de la médecine.

1897 tribunal correctionnel de Gray: 3 mois de prison pour escroquerie, tentative d’escroquerie et exercice illégal de la médecine.

1901 cours d’appel de Limoges : 15 mois de prison et 50 frs. pour escroqueries. 

1901 tribunal correctionnel de Bourganeuf : 1 mois de prison pour évasion avec violences et à 17 mois de prison avec confusion de la peine de 15 mois prononcée à Limoges. 

1901 tribunal correctionnel de Libourne : 6 mois de prison avec confusion de la peine de 17 mois de Bourganeuf pour tentative d’escroquerie sur opposition de jugement par défaut de1900. 

1901 cours d’appel de Lyon : 6 mois de prison avec confusion de la peine de 15 mois de Limoges. 

1903 cours d’appel d’Angers 15 mois de prison pour tentative d’escroquerie. 

1908 cours d’appel de Montpellier sur appel d’un jugement du tribunal de Lodève du 29 juillet 1908 à 5 ans d’emprisonnement, 50 frs. d’amende et à la relégation pour escroquerie et tentative d’escroquerie. 



Navire La Loire à Saint Nazaire


Même si il a tout fait pour échapper à la justice , il a fini par se faire prendre. Il est embarqué le 11 juillet 1913 sur le bâtiment La Loire, navire affrété par le ministère des colonies pour le transport des condamnés aux travaux forcés. Il arrive en Guyane le 1er août. Il est admis à la relégation en 1921 (exil à perpétuité pour les récidivistes), puis relevé de la relégation en 1924.  

Il a pu revenir en France mais je n’ai rien trouvé sur un éventuel retour. Il est possible qu’il soit mort le 13 janvier 1942 à Nîmes étant sans domicile fixe. 






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